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Près de 3 mois sans doyen des juges d'instruction au TGI de Dakar: Les raisons du "blocage"

Rédigé par leral.net le Jeudi 1 Juillet 2021 à 15:17 | | 0 commentaire(s)|

Près de 3 mois sans doyen des juges d'instruction du TGI de dakar: les raisons du

Plus d’une quarantaine de jours après le rappel à Dieu du juge Samba Sall, le poste de Doyen des juges d’instruction reste toujours vacant. Pourquoi ? Qu’est-ce qui bloque alors qu’au tout début, les autorités judiciaires étaient promptes à trouver un remplaçant, surtout que des centaines de dossiers sont en attente au cabinet du défunt magistrat ? S’agit-il d’une question de superstition ou de profil ? En tout cas, environ 500 dossiers attendent d’être traités au premier cabinet d’instruction de Dakar. Trois motifs sont évoqués dans les couloirs du palais de Justice, qui expliqueraient ce retard.
 
Dans un séminaire organisé par l’Union des magistrats sénégalais (Ums), feu Samba Sall avait laissé entendre qu’il en était à 400 dossiers. Aujourd’hui, le premier cabinet d’instruction de Dakar est à environ 500 dossiers. Des centaines de personnes détenues attendent donc d’être fixées sur leur sort. Plus de quarante jours après le décès du juge Samba Sall, le poste de Doyen des juges d’instruction reste toujours vacant. Certes, le cabinet continue de fonctionner, mais on ne fait qu’expédier certaines affaires à la suite de requêtes en urgence déposées par des avocats. Les juges des autres cabinets d’instruction sont sollicités pour traiter ces affaires. Et c’est tout ! Qu’est-ce qui retarde la désignation d’un autre magistrat pour remplacer feu Samba Sall ? Trois raisons sont évoquées.
 
 
Superstition et «patate chaude»
 
 
Il se susurre que beaucoup de magistrats ne veulent pas de ce poste, d’abord par superstition. Feu Samba Sall étant décédé à la suite de l’inculpation d’Ousmane Sonko, certains pensent, in foro interno, que c’est lié. Du coup, ils déclinent le poste. Mais à côté de cette superstition, il y a l’aspect «patate chaude». En effet, le premier cabinet d’instruction étant très sollicité, surtout pour les affaires politiques ou d’autres très médiatisées, la pression peut devenir très lourde pour le juge d’instruction qui hérite de ces affaires. Même si, dans le principe, le magistrat ne doit pas subir de pression venant de l’intérieur ou de l’extérieur, il reste qu’il demeure un humain qui, pour une raison ou une autre, peut être sensible à la pression. Une autre raison donc qui fait que des magistrats ne veulent pas de ce poste et souhaitent rester «dans leur coin» comme ils le disent, pour travailler dans l’anonymat.
 
 
Nécessité de s’entendre avec le procureur de la République
 
Le troisième aspect qui est très souvent cité dans le milieu judiciaire, c’est le profil. Il s’agit, non pas du grade, mais de la personnalité. Car, le futur remplaçant de feu Samba Sall devrait s’entendre avec le procureur Serigne Bassirou Guèye. Le cas du magistrat Mahawa Sémou Diouf est souvent cité en exemple. Car, ce dernier ne s’entendait pas avec l’actuel procureur de la République. Du coup, dans plusieurs dossiers, il avait un avis contraire aux réquisitions du chef du Parquet. C’est la raison principale qui explique le départ de Mahawa Sémou Diouf. Le futur Doyen des juges devrait-il alors avoir des atomes crochus avec le chef du Parquet ? En tout cas, ces trois raisons sont souvent évoquées dans le milieu judiciaire et expliqueraient le retard dans la tenue de Conseil supérieur de la magistrature. Quoi qu’il en soit, les autorités devraient se hâter à désigner le remplaçant de feu Samba Sall, pour permettre à ceux qui sont détenus, de voir leur dossier avancer.
Alassane DRAME  



Source : https://www.jotaay.net/Pres-de-3-mois-sans-doyen-d...


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