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Fait divers

Procès des TikTokeuses à Pikine : le parquet requiert des peines de prison contre Rox, Jessica, Narou et Ramz

Rédigé par leral.net le Mardi 15 Septembre 2026 à 00:28 |

Le procès de quatre figures de TikTok s’est tenu ce lundi devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Poursuivies pour plusieurs infractions, dont des injures publiques, menaces, diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs et association de malfaiteurs, Rox la Chancelière, Jessica, Narou Karma et Ramz Yago connaîtront leur sort vendredi 18 septembre.


L’audience aura duré près de six heures devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Au centre des débats : une série de conflits entre plusieurs protagonistes des réseaux sociaux, ayant donné lieu à des plaintes, des échanges d’injures et la diffusion de contenus litigieux.

Rokhaya Fall, alias Rox la Chancelière, Khadidiatou Kébé dite Jessica, Nafissatou Fall alias Narou Karma et Ramatoulaye Diaw dite Ramz Yago étaient poursuivies dans le cadre de trois procédures finalement jointes.

Les infractions visées comprennent notamment l’association de malfaiteurs, les injures publiques, la diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, les menaces de mort, l’injure envers un agent de l’autorité et l’atteinte à la vie privée.

Rox reconnaît une partie des faits

À la barre, Rox la Chancelière, née en 1986, a reconnu plusieurs faits qui lui sont reprochés, notamment des injures publiques et des menaces.

Elle a expliqué son parcours sur TikTok et reconnu utiliser un compte secondaire pour accéder aux contenus de personnes l’ayant bloquée. Selon ses déclarations, d’autres protagonistes auraient également recours à de faux comptes.

Très émue au cours de son interrogatoire, Rox est revenue sur plusieurs différends personnels, notamment avec Jessica et Ramz Yago. Elle a évoqué des propos qu’elle estime avoir subis après le décès de ses parents ainsi que des tensions liées à la diffusion de contenus privés.

Concernant Ramz Yago, elle a reconnu lui avoir envoyé une image en mode « vue unique », tout en affirmant ne pas l’avoir publiée sur la place publique.

Ramz reconnaît avoir insulté Rox

Ramatoulaye Diaw, alias Ramz Yago, poursuivie notamment pour des injures commises par le biais d’un système informatique et pour diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, a reconnu avoir insulté Rox.

Elle a expliqué avoir agi sous le coup de la colère après avoir été confrontée, selon elle, à la diffusion de ses images intimes.

Les relations entre les deux femmes se seraient progressivement détériorées après plusieurs différends, jusqu’à donner lieu à des plaintes croisées.

Narou Karma au cœur des échanges

Nafissatou Fall, alias Narou Karma, née en 1991, est notamment poursuivie pour injures publiques.

Elle a reconnu avoir insulté Rox et a également admis avoir tenu, dans un groupe WhatsApp, des propos particulièrement violents à son encontre.

Au cours de son interrogatoire, elle est revenue sur ses relations avec Jessica ainsi que sur certains épisodes liés à des publications sur les réseaux sociaux.

Jessica et la vidéo concernant Anita

Khadidiatou Kébé, dite Jessica, est poursuivie notamment pour association de malfaiteurs, injures publiques et diffusion d’une vidéo concernant Saly Manga, connue sous le nom d’Anita.

Elle a reconnu avoir transmis la vidéo, expliquant qu’elle cherchait à répondre à des accusations dont elle faisait l’objet sur les réseaux sociaux.

La partie civile, représentée par Diodio Sow, a soutenu que la diffusion de cette vidéo avait profondément affecté la victime et contribué à sa propagation sur Internet.

Des audios particulièrement tendus diffusés à l’audience

L’un des moments les plus marquants du procès a été la diffusion de plusieurs enregistrements audio versés au dossier.

Des propos injurieux et particulièrement virulents ont été entendus, illustrant l’ampleur des tensions entre les protagonistes.

Les échanges ont notamment porté sur des accusations visant les différentes parties, mais également sur les relations entre certaines des prévenues et des personnes citées dans le dossier.

Le tribunal a ainsi pu entendre plusieurs éléments sonores présentés par l’accusation et la défense.

Le parquet requiert des peines de prison

Dans son réquisitoire, le procureur Sow a estimé que plusieurs infractions étaient constituées.

Pour Rox, le parquet a requis deux ans de prison dont un an ferme.

À l’encontre de Jessica, le ministère public a demandé deux ans dont six mois ferme.

Pour Narou Karma et Ramz Yago, le procureur a également requis deux ans de prison, avec une partie ferme.

Concernant la diffusion d’images, le parquet a notamment sollicité la relaxe de Rox sur l’un des chefs poursuivis, tout en maintenant ses réquisitions sur d’autres infractions.

La défense plaide la relaxe

Les avocats des prévenues ont, pour leur part, contesté plusieurs aspects de la procédure et des qualifications retenues.

Pour Rox, les conseils ont notamment soulevé la prescription de certains faits, contesté certaines infractions et demandé, selon les cas, la relaxe ou l’application bienveillante de la loi.

Me Ciré Clédor Ly a, de son côté, insisté sur la question de la régularité de la procédure et plaidé la nullité de certains actes, estimant que les désistements intervenus entre certaines parties devaient être pris en compte.

Les conseils de Ramz Yago ont également contesté les qualifications retenues contre leur cliente et plaidé la relaxe.

Pour Jessica et Narou, la défense a notamment contesté l’existence d’une association de malfaiteurs et demandé la relaxe.

Me El Hadji Diouf, qui défendait Jessica, a lui aussi plaidé l’extinction de l’action publique, donnant lieu à plusieurs échanges tendus avec le président du tribunal, qui l’a rappelé à l’ordre afin qu’il reste dans le cadre du dossier.

Une décision attendue vendredi

Les parties civiles n’ont pas toutes comparu. Me Youssoupha Camara, représentant Adji Mass Guèye, a réclamé 20 millions de FCFA de dommages et intérêts pour sa cliente.

La représentante de Saly Manga, dite Anita, a indiqué que celle-ci maintenait sa constitution de partie civile, sans toutefois réclamer de dommages et intérêts.

À l’issue des débats, le président du tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu vendredi 18 septembre.

La demande de mise en liberté provisoire formulée par la défense a par ailleurs été rejetée après opposition du parquet.




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