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Proclamation imminente des résultats provisoires des législatives: Suite et pas fin de la bataille électorale

Rédigé par leral.net le Mercredi 2 Août 2017 à 11:30 | | 0 commentaire(s)|

Proclamation imminente des résultats provisoires des législatives: Suite et pas fin de la bataille électorale
Le manque de dialogue entre pouvoir et opposition et la suspicion entretenue depuis des années, ont abouti à un climat délétère constaté par le Chef de la mission d’observation de l’Union africaine Catherine Samba Panza. Les deux camps se livrent un combat à mort.

Aucun ne veut céder aucune parcelle à l’autre. Ainsi, malgré la victoire annoncée de Benno Bokk Yakaar, la coalition au pouvoir, celle-ci revendique la victoire à Dakar et annonce un recours pour l’annulation du scrutin de Touba qui lui a été très défavorable.

Du côté de l’opposition, on n’entend pas se laisser faire. Les proches de Khalifa Sall de la coalition Mankoo Taxawu Senegaal ruent sur les brancards et avaient improvisé une marche vite dispersée par la Police avec, à la clef, une trentaine d’arrestations. Cette coalition se dit prête à défendre sa « victoire » à Dakar.

Chacun se dit vainqueur à Dakar, même si du côté de l’opposition, des chiffres ne sont pas avancés et que l’on annonce déjà des fraudes surtout au niveau des Parcelles Assainies même si par ailleurs, entre les chiffres annoncés par Amadou Bâ et ceux d’Abdoulaye Diouf Sarr, il y a une sérieuse différence.

Déjà, une rude bataille de communication est enclenchée avec la publication surtout dans des sites d’informations de « résultats » pour influencer l’opinion. Tout le monde attend alors les résultats de la Commission électorale nationale autonome (Cena) qui va s’appuyer sur les Ceda, ses cellules départementales pour calculer et publier les vrais résultats.

Un travail minutieux de calcul à partir des procès-verbaux des bureaux de vote, lesquels ont été signés par les différents représentants des coalitions, la Cena et par les présidents. Ainsi, la clarté et la transparence de ces opérations ne devraient souffrir d’aucune entrave au regard du fait que la Cena a toujours travaillé sans anicroche ou contestations majeures.

C’est vrai que cette année, le regard de l’opposition sur cette institution est en train de changer, mais cela doit davantage inciter cette institution à abattre un travail irréprochable. En conséquence, l’appel de Madame Panza, lancé à tous les acteurs politiques d’accepter les résultats des urnes, a tout son sens.

D’autant plus que le Code électoral a aménagé des recours devant le Conseil constitutionnel qui est le seul habilité à publier des résultats définitifs. Tout indique malheureusement que la rupture de confiance entre pouvoir et opposition est telle qu’aucun recours ne pourra calmer ces ardeurs si jamais les résultats de Dakar ne lui étaient pas favorables.

Il se susurre que dans les rangs de Mankoo Taxawu Senegaal, on ne fait ni confiance à la Cena ni au Conseil constitutionnel. Alors, il y a un vrai risque de troubles graves et même d’instabilité. C’est pourquoi, au niveau des acteurs politiques, tout doit être tenté pour ne pas faire plonger ce pays dans des travers observés ailleurs.

Certes, ils sont nombreux ces acteurs politiques très amers et ces citoyens qui ne comprennent pas le fait que le vote leur a été si difficile, mais, la mise en place de cette Assemblée ne mérite pas que ce pays bascule dans la violence. Absence de dialogue Il pèse ainsi sur chacun de nous l’obligation de préserver la paix sociale au même titre que les forces de Défense et de sécurité.

Ce même sens de la responsabilité doit peser sur le régime actuel pour aller vers un dialogue large avec tous les acteurs afin de lever les équivoques. Il est important, à ce niveau, qu’un Ministère chargé des élections soit mis en place comme le préconise une partie de la société civile. Les dysfonctionnements graves observés dans le processus électoral ont fini de donner raison à ceux qui formulaient cette doléance depuis longtemps.

Il faut regarder vers la présidentielle de 2019 et éviter que ce qui s’est passé ne se reproduise. Et pour cela, seul le dialogue permettra de mettre le doigt sur les points de discorde afin de travailleur tous à lever les malentendus. L’Etat a échappé définitivement à la cohabitation et la future Assemblée ne lui sera d’aucune menace, c’est pourquoi, il doit initier et rester disposé à écouter son opposition sans laquelle aucune démocratie n’est crédible.

Ce qui entache la bonne marche de notre démocratie, c’est l’absence de dialogue avec, en toile de fond, des règlements de compte politique par Justice et Médias interposés. Or, si l’on y prend garde, les quelques mois qui nous séparent de la Présidentielle de 2019 seront entièrement consacrés à des batailles politiques dans une perspective de précampagne électorale aussi périlleuse que celle que nous avons connue.

Le nouveau Gouvernement qui ne manquera pas de voir le jour risque d’être de préparation à la future bataille politique dont l’enjeu est plus important. C’est cela le danger imminent qui nous guette. Dans un pays où l’on est en campagne électorale permanente, il n’est pas étonnant que l’émergence soit difficilement au rendez-vous.

Assane Samb (Rewmi)


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