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Projet de Loi de Finances 2019 : Amadou Bâ autorisé à contracter plus de 1 317 milliards Cfa de dette

Alors que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international s"émeuvent de la dette publique, l'Etat du Sénégal, lui, semble mépriser ces alertes. Pour l'exercice du budget 2019, le ministre des Finances est autorité à lever des Fonds pour un montant global de 1 317 030 000 000 FCfa.


Rédigé par leral.net le Mercredi 17 Octobre 2018 à 10:11 | | 0 commentaire(s)|

« La dette du Sénégal est soutenable, mais il y a des nuances. Elle ne met pas en danger la stabilité du cadre macro-économique, mais coûte cher. » L’alerte sonnée il y a juste un mois, par Julio Ricardo Loayza, en marge du lancement de la dernière édition d’Africa’s Pulse, rapport trimestriel de la Banque mondiale qui analyse l’état des économies africaines, ne semble aucunement ébranler le Sénégal.

Macky Sall et son ministre de l’Economie, des Finances et du Plan  semblent même faire un pied de nez à l’économiste principal du bureau de la Banque mondiale à Dakar. L’Etat du Sénégal ne s’émeut guère du caractère élevé de la dette publique. La preuve : « pour l’année 2019, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan (Amadou Bâ) est autorisé à contracter des emprunts, recevoir des dons au nom de l’Etat sénégalais et lever des fonds pour un montant global de 1 317 030 000 000 FCfa.

" Ces emprunts pourront être contractés soit sur le marché national, soit sur le marché extérieur auprès de pays ou organismes étrangers et auprès d’organismes internationaux, à des conditions fixées par décret ou par convention ", lit-on dans le projet de Loi de Finances 2019. Mais pourquoi une telle levée de fonds, est-ce pour aménager un butin de guerre pour la Présidentielle de 2019 ?

Comme réponse, les services du ministère des Finances semblent servir du réchauffé. Une vieille ritournelle, partie enjouée d’un sempiternel raccommodage. Une explication au long cours, sorte de cours de rattrapage sur un vieux débat politique entre dette et fiscalité.

« Face à l’immensité des besoins qui, de surcroît, ne cessent d’augmenter, l’Etat dispose de ressources limitées, amorce le document. Toute politique publique achoppe sur cette contrainte, qu’il faut donc résoudre sans démagogie. La principale ressource du budget est la fiscalité et les chiffres montrent qu’elle est très performante ; le Sénégal est reconnu comme possédant le meilleur système fiscal de l’Uemoa. La révision des comptes nationaux a certes eu pour effet de faire baisser notre taux de pression fiscale, mais il ne s’agit que d’une correction statistique : si l’on analyse les valeurs absolues ainsi que le rythme d’augmentation des recettes, l’on se rend compte que l’appareil de mobilisation des taxes fonctionne très bien.

Par contre, si pour augmenter de manière exponentielle, le rendement de la fiscalité, il faudrait porter les taux d’imposition à un niveau confiscatoire, alors autant le dire clairement: ce n’est pas l’option du Gouvernement.

Au contraire, la politique fiscale menée depuis 2012 vise à renforcer le pouvoir d’achat et à libérer les forces économiques productives. Asséner aux consommateurs et entreprises de nouveaux impôts, ou augmenter les taux de ceux qui existent, serait contre productif…
»

La seule solution resterait donc l’endettement ? Oui, répondent de manière catégorique, Amadou Bâ et ses services. « Ces mesures ayant l’inconvénient de produire leurs effets à moyen et long terme, la seule solution de court terme permettant de compléter le financement du développement économique et social de la Nation, reste l’endettement. Encore que la dette n’est pas une sorte de pis-aller auquel a recours l’Etat, lorsqu’il ne dispose pas de suffisamment de ressources. Non, la dette est un choix rationnel, responsable et pleinement assumé du Gouvernement. » Mais peut-être désapprouvé par le peuple.






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