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RECRUTEMENT D’ENSEIGNANTS-CHERCHEURS EN GUINÉE ET MALAISE DANS LES UNIVERSITÉS SÉNÉGALAISES : Le Saes dénonce 12 des 59 enseignants concernés et met l’État face à ses responsabilités

Rédigé par leral.net le Lundi 12 Janvier 2026 à 14:07 | | 0 commentaire(s)|

RECRUTEMENT D’ENSEIGNANTS-CHERCHEURS EN GUINÉE ET MALAISE DANS LES UNIVERSITÉS SÉNÉGALAISES : Le Saes dénonce 12 des 59 enseignants concernés et met l’État face à ses responsabilités

 
 
Réuni ce samedi 10 janvier 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Secrétariat national du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) est sorti de sa rencontre avec un message clair, ferme et sans ambiguïté. Face au recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais en Guinée et à la persistance d’injustices liées aux pensions et à la retraite, le syndicat hausse le ton et annonce une mobilisation imminente.
 
Sur la question très sensible du recrutement de 300 enseignants-chercheurs et chercheurs par la Guinée, le Saes dit avoir examiné en détail la liste des 59 Sénégalais proposés. Le syndicat précise que 41 sont des docteurs sans emploi et 6 des enseignants-chercheurs retraités, soit 80% de l’effectif concerné, «libres de tout engagement institutionnel». Mais le syndicat pointe du doigt les 12 enseignants-chercheurs déjà en activité dans les universités publiques sénégalaises, représentant 20% de la liste. «Ces collègues ne peuvent en aucun cas occuper simultanément un emploi permanent dans une autre structure publique ou privée, nationale ou internationale», martèle le Saes.
Pour relativiser l’ampleur du phénomène, le syndicat rappelle que ces 12 enseignants ne représentent que 0,4% de l’effectif total des enseignants-chercheurs et chercheurs permanents du Sénégal. «L’écrasante majorité continue d’assurer quotidiennement ses missions d’enseignement, de recherche et de gestion administrative dans des conditions souvent difficiles», souligne le Saes.
 
 
 
«La mobilité est possible, mais elle est strictement encadrée»
 
 
Le syndicat insiste : «la mobilité académique n’est pas interdite, mais elle est rigoureusement encadrée par la loi n°81-59 du 9 novembre 1981, portant statut du personnel enseignant des universités. Toute prise de disponibilité ou toute mobilité doit respecter la réglementation en vigueur», avertit le Saes, qui appelle les enseignants concernés à «se conformer strictement aux textes». Dans le même temps, le syndicat rappelle l’existence du protocole d’accord de coopération universitaire et scientifique signé le 23 mai 2025 entre les gouvernements du Sénégal et de la Guinée. «Ce protocole prévoit clairement la mobilité des enseignants-chercheurs, du personnel d’appui et des étudiants. Encore faut-il définir des mécanismes de mise en œuvre conformes aux lois des deux pays», insiste le Saes.
Au-delà de la polémique, le Saes interpelle directement le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri). «Nous exigeons le recrutement massif de docteurs sans emploi, conformément à l’accord Gouvernement–Saes du 6 janvier 2023», déclare le syndicat qui annonce l’objectif affiché qui est d’atteindre un taux de 70% d’enseignants permanents et améliorer un taux d’encadrement que le Saes juge largement en deçà des normes internationales.
 
Pension de réversion, «une injustice qui n’a que trop duré»
 
Autre dossier explosif : la pension de réversion des familles d’enseignants-chercheurs décédés. Le Saes se dit indigné par la situation persistante malgré la signature du décret 2025-398 du 7 mars 2025 par le président de la République. «Des veuves, des veufs et de nombreux orphelins attendent toujours de bénéficier de cette pension, en dépit de nos multiples rappels au Mesri et au Fonds national de retraite», dénonce le syndicat.
Pour le Saes, le retard est «incompréhensible et moralement inacceptable». Le syndicat dénonce également le blocage, depuis plus d’un an, des pensions de retraite des enseignants-chercheurs de nationalité étrangère. «Ces collègues ont cotisé exactement au même régime que les enseignants sénégalais. L’État a prélevé leurs cotisations et les a versées au Fnr tout au long de leur carrière», rappelle le Saes. Pourtant, le Fonds national de retraite refuse toujours de liquider et de payer leurs pensions. «C’est une injustice manifeste et une discrimination que nous ne pouvons accepter», tranche le syndicat.
 
«La mobilisation est désormais inévitable»
 
Face à ce qu’il qualifie d’«inertie persistante», le Saes annonce un durcissement du ton. Après avoir alerté le Mesri, le Fnr, le ministère des Finances et du Budget et le Haut Conseil du Dialogue social, le Secrétariat national appelle à l’action. «Nous appelons tous les militants à une mobilisation totale dans les jours à venir pour une résolution définitive de ces questions», prévient le Saes, laissant clairement entendre que le calme observé jusque-là pourrait céder la place à une nouvelle phase de lutte dans les universités publiques sénégalaises.
 
Baye Modou SARR
 



Source : https://www.jotaay.net/RECRUTEMENT-D-ENSEIGNANTS-C...