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RTS : les syndicats dénoncent une dérive managériale et interpellent l’État

Rédigé par leral.net le Samedi 3 Janvier 2026 à 00:17 | | 0 commentaire(s)|

XALIMANEWS: Les syndicats des professionnels de l’information et de l’audiovisuel public, le SYNPICS et le SYNPAP, ont publié ce 2 janvier 2026 à Dakar une mise au point conjointe d’une rare fermeté. Ils y dressent un constat sévère de la gouvernance actuelle de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), à la suite d’une sortie médiatique de […]

XALIMANEWS: Les syndicats des professionnels de l’information et de l’audiovisuel public, le SYNPICS et le SYNPAP, ont publié ce 2 janvier 2026 à Dakar une mise au point conjointe d’une rare fermeté. Ils y dressent un constat sévère de la gouvernance actuelle de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), à la suite d’une sortie médiatique de son Directeur général, Pape Alé Niang.

Selon les deux organisations, l’intervention du Directeur général — diffusée sur les antennes mêmes de la RTS — s’est caractérisée par une posture défensive, des insinuations perçues comme menaçantes et plusieurs contre-vérités. Les syndicats affirment ne pas vouloir entrer dans une polémique, mais jugent nécessaire de rétablir les faits et d’alerter l’opinion sur ce qu’ils qualifient de dérive managériale inquiétante au sein de l’audiovisuel public.

Ils écartent d’abord ce qu’ils appellent le « faux débat » autour du véhicule de fonction du Directeur général. Selon eux, il n’a jamais été question de contester son usage personnel, mais plutôt de dénoncer la gestion globale du parc automobile. Une gestion jugée chaotique, avec des dizaines de véhicules achetés sur fonds publics aujourd’hui immobilisés, sans affectation claire, exposés à la dégradation. Une situation révélatrice, selon eux, d’un manque de vision stratégique et d’un mépris pour la gestion du patrimoine de l’État.

Les syndicats critiquent également une gouvernance qu’ils jugent solitaire, opaque et marquée par le clientélisme. Ils évoquent des attributions de marchés publics ne respectant pas, selon eux, les principes de transparence, ainsi que la transformation de l’ancienne maison historique de la RTS en bureau personnel, sans justification fonctionnelle. Le tout alors que de nombreux agents manquent d’espaces de travail adéquats et que les priorités devraient être orientées vers la production et la modernisation des équipements.

Le malaise serait également humain et professionnel. Des cadres expérimentés, des journalistes chevronnés et des techniciens reconnus auraient été écartés sans motif valable, au profit de profils jugés plus dociles que compétents. Un fonctionnement que les syndicats assimilent à une promotion de la médiocrité, au détriment de la qualité du service public et de la mission d’information impartiale de la RTS.

Sur le plan social, les deux syndicats dénoncent un mépris affiché pour les agents et une négation du dialogue social. Ils accusent le Directeur général de refuser systématiquement de recevoir les représentants syndicaux, d’ignorer les revendications légitimes des travailleurs et de piétiner les engagements issus de l’accord d’entreprise. Une attitude qui, selon eux, fragilise gravement la cohésion interne.

Les syndicats soulignent également une confusion entretenue entre le financement public de l’audiovisuel et les obligations contractuelles de la direction envers les travailleurs. Ils rappellent que l’accord d’entreprise est un contrat social qui s’impose à la direction indépendamment des arbitrages budgétaires de l’État. Toute tentative de s’y soustraire serait, selon eux, une violation des responsabilités juridiques et sociales de l’entreprise.

Autre point de crispation majeur : l’interdiction faite aux syndicats de tenir un point de presse dans les locaux de la RTS. Une décision qualifiée de violation flagrante des libertés syndicales, garanties par la Constitution, le Code du travail et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Pour les syndicats, cette mesure vise clairement à museler les voix discordantes et à transformer la RTS en outil de communication personnelle.

Face à ce qu’ils qualifient de menaces et d’intimidations, le SYNPICS et le SYNPAP réaffirment leur détermination à défendre les droits des travailleurs, l’éthique du journalisme public et l’avenir de la RTS. Ils assurent ne céder ni à la peur ni à la diversion et disent rester attachés à la dignité des agents, à la transparence dans la gestion et à la restauration de la confiance au sein de l’entreprise.

Enfin, les syndicats lancent un appel solennel aux autorités, notamment au Président de la République, au Premier ministre et au ministre de la Communication. Ils rappellent que la RTS est un bien commun et un patrimoine national, et qu’elle ne peut être transformée en propriété privée au gré des ambitions personnelles ou des logiques de clan.



Source : https://xalimasn.com/2026/01/02/rts-les-syndicats-...