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Recrutement et équipement des forces de sécurité: Pour une protection ou une répression ?

Après les violentes émeutes qui ont secoué le Sénégal, le Président Sall a décidé de recruter 3000 policiers et 3000 volontaires gendarmes. Comme si cela ne suffisait pas, l’État a passé une commande, en toute urgence, d'un lot de plusieurs dizaines de véhicules blindés légers, pour renforcer les forces de police. Pourtant, combien de fois les populations ont réclamé plus de sécurité face à la recrudescence des agressions, sans suite ?


Rédigé par leral.net le Mercredi 28 Avril 2021 à 09:28 | | 2 commentaire(s)|

Recrutement et équipement des forces de sécurité: Pour une protection ou une répression ?
Mais il a fallu que le pouvoir soit ébranlé par les manifestations populaires de début mars, pour que la machine à réprimer soit mise en branle et dotée.

Le Sénégal qui était l'exemple démocratique de l'Afrique est en train de perdre de sa superbe. Le constat aujourd'hui est, comme le soulignait Maurice Soudieck Dione, que «la démocratie est menacée par les pratiques autoritaires du Président Macky Sall».

Et c'est à se demander s'il a vraiment décrypté le message contenu dans les violentes manifestations du mois de mars. Parce qu'au lieu d'essayer les motivations qui ont conduit à cette explosion de colère, le pouvoir fait dans la menace.

Pourtant, ces émeutes ne sont pas arrivées par hasard, mais elles étaient dues au fait que le pays était arrivé à un tel niveau d'injustice et d'impunité que le vase a fini par déborder. Et, ce que semble oublier Macky Sall, c'est que le Sénégalais, de nature, n'aime pas l'injustice ; c'est pourquoi, d'ailleurs, lui, il est devenu président. Mais cette révolte populaire semble être restée en travers de la gorge du Président Sall, qui compte laver ce qu'il considère comme un affront.

D'ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'il recrute, aujourd'hui, par milliers, des forces de sécurité. Et lors du dernier Conseil présidentiel, il n'avait pas manqué de distiller des menaces à l'endroit de ceux qui seraient encore tentés de descendre dans les rues.

Seulement, aujourd'hui, il est inutile que le Président Sall fasse dans les menaces, car la paix et la stabilité du pays dépendent entièrement de lui.

Et nul doute, s'il n'essaie pas encore d'éliminer des opposants - son jeu favori -s'il organise les élections locales à date due comme le lui demandent l'opposition et la société civile, s'il en fait de même pour les législatives et la présidentielle, sans essayer d'y participer, il n’y a aucune raison pour que les populations se braquent.

Avec le recrutement et l’équipement des forces de sécurité, il est fort à craindre que le Président Macky Sall se prépare à affronter le peuple

Maintenant, s'il s'obstine à vouloir personnaliser le pouvoir, en passant outre tout cela, c'est aller droit dans le mur. Parce que Wade avait tenté de se représenter en déclarant qu'il n'avait pas d'alter ego ; et la suite, tout le monde la connaît. Bien que validée par le Conseil constitutionnel, sa candidature avait été invalidée par le peuple souverain ; et le candidat Macky Sall était parmi les plus farouches opposants à cette candidature controversée.

N'est-ce pas lui qui, d'ailleurs, disait qu'il irait déloger Wade du Palais s'il s'obstinait à opérer un forcing ? En plus, quand Obasanjo plaidait la cause de Wade, pour que l'opposition lui accorde 3 ans supplémentaires, pour terminer ses chantiers, c'est l'Apr de Macky Sall qui s'est montrée la plus farouchement opposée, en allant le houspiller jusque dans son hôtel et lui remonter les bretelles.

Aujourd'hui, avec le recrutement et l’équipement des forces de sécurité, il est fort à craindre que le Président Macky Sall se prépare à affronter le peuple ; ou plus précisément, une bonne frange de ses populations mécontentes et qui ne voudraient pas qu'il se représente en 2024 pour un troisième mandat.

Et le grand piège pour la stabilité serait de permettre à ce que l'avis du Conseil constitutionnel soit sollicité pour dire ce qu'ils appellent, le "droit", même si lui-même, le Président, et ses partisans, ont dit et répété que la Constitution avait été "verrouillée" et que "nul ne peut faire plus de deux mandats consécutifs".

Mais aujourd'hui, avec leur jeu en clair-obscur, il ne serait pas surprenant d'entendre ou de voir le président sortant, pour une raison ou une autre, tenter de briguer - ou à défaut -, de prolonger son mandat au-delà de 2024.

Pour une pérennisation de la paix, il faut simplement respecter les droits des citoyens ; respecter la Constitution du pays ; crédibiliser la justice en ne tentant pas de la manipuler ; arrêter le favoritisme dans le choix des hommes et femmes dans les postes de responsabilité ; ne plus ériger la corruption comme mode de gestion ; proposer des pistes de sortie de crise dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l'emploi, de la sécurité des biens et des personnes ; et se préparer à quitter le pouvoir en 2024, en organisant des élections régulières et transparentes.

C’est là, la seule issue qui existe pour une sortie honorable dans un climat apaisé. Toute tentative aventurière et belliqueuse comme l'intimidation et la persécution, ou toute autre épreuve de force, sera nulle, vaine et non avenue, car grosse de dangers...






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