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Reportage 1er Mai chez les travailleuses domestiques: une fête dans le travail

C’est aujourd’hui que les travailleurs du monde du monde entier célèbrent leur fête. Mais au Sénégal, certaines personnes ne se sentent pas concernées, et ne sont pas non plus impliquées du fait de leurs conditions sociales. C’est le cas des travailleuses domestiques que Pressafrik a rencontrées.


Rédigé par leral.net le Lundi 1 Mai 2017 à 18:50 | | 0 commentaire(s)|

Reportage-1e Mai chez les travailleuses domestiques : une fête dans le travail
 
 
Il était 7h30 lorsque Ndèye (nom d’emprunt), vêtu d’une marinière et d’un pagne en wax s’est pointée devant l’arrêt des véhicules de transports en commun communément appelés, cars rapides. En ce début de matinée où la brise caresse agréablement les visages des passants, et plonge plus profondément dans les bras de Morphée ceux et celles qui n’ont pas encore quitté leur lit, cette brave dame fait savoir qu’elle se rend, comme elle l’avait fait hier, avant-hier, et tous les jours depuis qu’elle a quitté son village au fin fond du Sine, au travail. Car, selon elle, cette journée est comme les autres. 

«Je ne savais pas qu’aujourd’hui c’est la fête du travail. On ne m’a rien dit et on ne m’a pas non plus demandé de ne pas venir aujourd’hui. Donc je me rends comme d’habitude à mon lieu de travail, à Ouest-foire». 

Apercevant un véhicule qui arrivait, Ndèye s’excuse de ne pas pouvoir prolonger cette conversation au risque de se faire rabrouer si elle arrivait en retard. 

C’est le moment que choisit Astou pour pointer sa belle tronche. De teint claire, svelte avec une démarche gracieuse, on a du mal à croire que derrière ce masque, se cachait une désabusée, qui s’occupait, à elle seule, de rendre vivable une maison avec 4 chambres sise à Nord-Foire. Et pourtant, révèle-t-il, avec 40 000 francs Cfa par mois, c’est elle la fille à tout faire. 

«C’est aujourd’hui la fête du travail ?, demande-t-elle. En tout cas hier, en quittant mon lieu de travail, les enfants m’ont dit qu’ils n’iront pas aujourd’hui à l’école et que leurs parents non plus n’iront pas travailler. Ce qui veut dire pour moi, qu'à l’image des samedis et des dimanches, je vais travailler un peu plus ». 

Et, explique-t-elle, la surcharge de travail est due au fait que les enfants restant à la maison, vont salir encore plus, et vu l’exigence de sa patronne, elle fera plus de ménages.
 
 
Reportage-1e Mai chez les travailleuses domestiques : une fête dans le travail
Poursuivant notre chemin, nous arrivons à la Place de l’Omvs, devant l’Artp. Et là, nous avons fait la rencontre d’un groupe de jeunes filles, qui devisent joyeusement, tout en marchant. Les interpellant, elles révèlent être sur le chemin du travail. 

Parmi elles, se trouve une jeune fille qui se démarque avec son jean, et tee-shirt bleu, greffage, qui tranche avec la floraison des tenues traditionnelles dont ses amies se sont vêtues. Répondant au nom d’Odette, elle dit avoir quitté son quartier de Grand Dakar, pour se rendre au boulot. 

«Je sais qu’aujourd’hui c’est la fête du travail. Car j’étais élève et j’ai dû arrêter les études l’année dernière, en classe de 4e », informe-t-elle. Et de poursuivre : «Tout le monde sait ce que nous, travailleuses domestiques vivons, car beaucoup de Sénégalais en emploient au moins une chez elle. Les difficultés que nous rencontrons, ce sont ceux qui font la fête aujourd’hui, qui nous les font subir. Alors je ne vois pas la pertinence de célébrer quoi que ce soit», a-t-elle conclu. 

A l’image de Ndèye, Astou et Odette, des milliers de Sénégalaises se rendent en ce jour férié, à leur lieu de travail. Car, considérant qu’il y a une certaine catégorie de personnes à qui le 1e mai, fête du travail, est dédié.

Pressafrik



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