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Révision constitutionnelle : Alioune Tine prône un débat national pour refonder l'équilibre des pouvoirs

À la veille de l'examen de la réforme constitutionnelle par les députés, Alioune Tine appelle à une réflexion de fond sur les institutions sénégalaises. Le fondateur d'Afrikajom Center estime que le renforcement des pouvoirs du Parlement et du Premier ministre doit s'inscrire dans une réforme globale, fondée sur un consensus national.


Rédigé par leral.net le Dimanche 28 Juin 2026 à 20:43 | | 0 commentaire(s)|

Révision constitutionnelle : Alioune Tine prône un débat national pour refonder l'équilibre des pouvoirs
Révision constitutionnelle : Alioune Tine invite à une réforme institutionnelle plus ambitieuse

Alors que l'Assemblée nationale doit examiner, ce lundi 29 juin, la proposition de loi portant révision de la Constitution, Alioune Tine estime que plusieurs dispositions du texte vont dans le sens d'une modernisation des institutions. Toutefois, le défenseur des droits humains considère qu'une réforme d'une telle ampleur mérite un débat national afin d'assurer sa cohérence et sa stabilité.

Le fondateur d'Afrikajom Center partage notamment l'objectif de réduire l'hyperprésidentialisme qui, selon lui, caractérise le fonctionnement des institutions sénégalaises. Il soutient également un renforcement du rôle du Parlement, tout en soulignant que cette évolution doit s'accompagner d'une réforme de la représentation nationale.

Selon Alioune Tine, un Parlement plus fort passe par une réflexion sur le mode de scrutin, la qualité de la représentation des citoyens ainsi que le profil des députés. À ses yeux, ces éléments sont indispensables pour permettre aux élus d'exercer pleinement leurs missions de contrôle et de législation.

L'expert attire également l'attention sur le renforcement des prérogatives du Premier ministre. Il estime que le transfert de certaines compétences du président de la République vers le chef du gouvernement ne peut être efficace sans une clarification de la nature du régime politique sénégalais.

Deux options se dégagent, selon lui : maintenir un régime présidentiel clairement assumé ou engager une transition vers un véritable régime parlementaire, avec une répartition des pouvoirs définie à travers un large consensus entre les acteurs politiques, les institutions et la société civile.

S'agissant de la création d'une Cour constitutionnelle en remplacement du Conseil constitutionnel, Alioune Tine juge que l'essentiel réside moins dans le changement d'appellation que dans le renforcement de l'indépendance, des moyens et de l'impartialité de la juridiction.

En revanche, il soutient la mesure visant à rendre incompatibles les fonctions de Président de la République et de chef de parti politique. Selon lui, cette disposition contribuerait à renforcer la neutralité de l'État et à mieux distinguer les intérêts de la Nation des enjeux partisans.

Le juriste plaide enfin pour une administration davantage fondée sur le mérite, avec des responsables techniques recrutés pour leurs compétences afin de garantir la continuité de l'action publique, indépendamment des alternances politiques.

Pour Alioune Tine, cette révision constitutionnelle constitue une occasion de consolider durablement les institutions sénégalaises. Il insiste toutefois sur la nécessité d'un dialogue national inclusif afin que les futures réformes reposent sur un consensus solide et répondent aux attentes des citoyens.