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Santé / Gabon – Après la grève de l'éducation, le secteur de la santé entre à son tour en crise

Rédigé par leral.net le Samedi 17 Janvier 2026 à 14:08 | | 0 commentaire(s)|

Libreville, le 16 janvier 2026. À peine le pays commence-t-il à se remettre de la grève du secteur éducatif que le Gabon est confronté à une nouvelle secousse sociale majeure. Cette fois, c'est le secteur de la santé qui tire la sonnette d'alarme. Le collectif Urgence Santé a lancé un ultimatum aux autorités gabonaises, dénonçant une crise profonde et persistante qui menace directement l'accès aux soins des populations.
La succession de ces mouvements sociaux, touchant successivement (...)

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Libreville, le 16 janvier 2026. À peine le pays commence-t-il à se remettre de la grève du secteur éducatif que le Gabon est confronté à une nouvelle secousse sociale majeure. Cette fois, c'est le secteur de la santé qui tire la sonnette d'alarme. Le collectif Urgence Santé a lancé un ultimatum aux autorités gabonaises, dénonçant une crise profonde et persistante qui menace directement l'accès aux soins des populations.

La succession de ces mouvements sociaux, touchant successivement l'école puis l'hôpital, met en lumière les limites du dialogue social et l'incapacité des pouvoirs publics à apporter des réponses durables aux revendications des agents des secteurs essentiels.

Des revendications connues, mais toujours ignorées

Le collectif Urgence Santé dresse un constat sévère de l'état du système sanitaire gabonais et formule des revendications claires :

L'amélioration des conditions de travail, jugées précaires et incompatibles avec la mission de service public ;

Le renforcement des ressources humaines et matérielles, face à un déficit criant de personnel et d'équipements ;

Une réforme en profondeur du système de santé, afin de le rendre plus efficace et plus équitable ;

L'absence de rappels de salaires pour de nombreux agents, malgré des avancements administratifs parfois accordés sans effet financier ;

Le gel prolongé des reclassements, titularisations et intégrations à la Fonction publique, une situation qui, selon le collectif, dure depuis 2015 sans affectation.

Une crise qui fait écho à celle de l'éducation

Pour de nombreux observateurs, la crise actuelle dans la santé s'inscrit dans la continuité directe de celle qui a paralysé le secteur éducatif. Dans les deux cas, les mêmes causes produisent les mêmes effets : lenteurs administratives, absence d'anticipation, promesses non tenues et épuisement des agents.

Si la grève des enseignants a déjà lourdement affecté les élèves et les familles, celle qui se profile dans la santé fait craindre des conséquences bien plus graves, tant l'hôpital demeure un service vital. Cette répétition des crises interroge la capacité de l'État à gérer simultanément les urgences sociales sans mettre en péril les droits fondamentaux des citoyens.

‹‹ Le personnel de santé est vieillissant, la relève est nécessaire, mais tout est bloqué. Nous encaissons des injures de partout alors que nous faisons face à des problèmes structurels graves », a déclaré la porte-parole du collectif, Marie-Blanche Ntolo Esso.

Un ultimatum qui met les autorités au pied du mur.

Face à ce qu'il considère comme une indifférence prolongée, le collectif Urgence Santé a fixé un ultimatum clair aux autorités gabonaises. À défaut de réponses concrètes et immédiates, des actions plus radicales pourraient être engagées.

Après l'école, l'hôpital. Cette chronologie des crises sociales sonne comme un avertissement. Sans réponses structurelles et sans véritable dialogue social, les secteurs clés continueront de s'enfoncer, au détriment des populations déjà fragilisées. La gestion de l'après-grève de l'éducation devait être un signal fort ; elle risque désormais de devenir le prélude à une crise sociale plus large.

Où allons-nous ?

Après la grève du secteur éducatif, c'est désormais la santé qui vacille. Deux secteurs vitaux, deux piliers de la République, successivement fragilisés par les mêmes maux : lenteurs administratives, absence de vision, promesses non tenues et mépris ressenti par les agents de l'État. Cette répétition n'est plus une coïncidence, elle est le symptôme d'un dysfonctionnement profond.

Où allons-nous lorsque l'école n'enseigne plus et que l'hôpital ne soigne plus dans des conditions dignes ? Où allons-nous quand ceux qui forment et ceux qui soignent sont contraints de recourir à la grève pour être simplement entendus ? À force de gérer les crises dans l'urgence, sans traitement de fond, l'État prend le risque de banaliser l'exception et d'installer la paralysie comme mode de gouvernance.

Il ne s'agit plus seulement de revendications syndicales, mais d'un choix de société. L'après-grève de l'éducation aurait dû servir de leçon et amorcer un changement de méthode. Si la crise actuelle de la santé n'aboutit qu'à des promesses supplémentaires, alors la question demeure entière : quel avenir pour les services publics gabonais et quelle protection réelle pour les citoyens ?

L'heure n'est plus aux discours, mais aux décisions courageuses. Car à ce rythme, ce ne sont plus seulement les secteurs sociaux qui seront en crise, mais la confiance même entre l'État et la Nation.

Wesley A



Source : https://www.gabonews.com/fr/actus/societe/article/...