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Santé: Le Sames menace d'aller en grève

Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) est dans tous ses états et menace de se faire entendre. Aussi, le Sames prend-il à témoin la population, pour toute grève qui surviendrait dans le secteur de la santé et qui serait de la responsabilité exclusive de l’Etat.


Rédigé par leral.net le Samedi 3 Octobre 2020 à 12:27 | | 0 commentaire(s)|

«Depuis plusieurs mois, les médecins, les pharmaciens et les chirurgiens-dentistes subissent des agressions via les réseaux sociaux et par voie de presse, dont la dernière illustration est constituée par les menaces proférées par des jeunes de Ranérou-Ferlo à l’encontre du médecin-Chef de district, ignorant les sacrifices du seul et unique médecin du département, qui est plus vaste que certaines régions du Sénégal.

Et même si à l’instar de beaucoup d’autres districts, le district de Ranérou manque de ressources humaines et d’équipements, ces insuffisances relèvent de la responsabilité de l’Etat et des collectivités territoriales mais pas de celle du médecin-chef de district
», assène le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames), qui «apporte son soutien total à ce vaillant collègue et réagira vigoureusement si un traitement approprié n’est pas réservé à ce dossier. Et le Sames demande à l’Etat d’assurer la sécurité totale de ce médecin et l’arrêt immédiat de ces harcèlements ».

Le syndicat dénonce également, « les mutations arbitraires des médecins-chefs de district de Saint-Louis et de Richard-Toll ainsi que les autres mutations qui n’ont pas respecté les règles minimales de compétition préétablies de longue date et sans aucune consultation des concernés. Cela constitue incontestablement un recul du ministère de la Santé et de l’Action Sociale en matière de gestion démocratique des ressources humaines et qui commence à perdurer.

Cette mauvaise gestion des ressources humaines par le ministère de la Santé et de l’Action sociale, montre la méconnaissance totale des principes et règles de concertation et de motivation du personnel. Actuellement, les médecins-chefs de district, tête de proue de la lutte contre la covid-19 dont les résultats constituent la fierté du Sénégal, malmenés par les hommes politiques et déstabilisé par les décisions sur leur carrière prises par le ministère de la Santé et de l’Action Sociale, sont totalement démoralisés
».

« Les médecins-chefs de district sont totalement démoralisés »

Selon le Sames, « cette atmosphère d’injustice va torpiller avant l’heure, toutes les tentatives de réforme du secteur qui ne verra que le déficit en ressources humaines s’accroître du fait des multiples démissions des agents à cause des sentiments d’iniquité et d’insécurité généralement partagés ». C’est pourquoi le Sames « exige la publication des postes vacants au ministère de la Santé et de l’Action Sociale, la libre compétition des agents selon des critères clairement établis et une gestion concertée des ressources humaines ».

En outre les syndicalistes regrettent « les retards récurrents du paiement des motivations des agents et des salaires des contractuels des centres de traitement de la Covid-19, qui montrent un manque manifeste de reconnaissance de l’Etat pour ce grand service rendu à la Nation ». C’est pourquoi le Sames « demande le règlement sans délai des émoluments dus » et s’offusque également, de « la mutation du chirurgien-dentiste et plus récemment celle du médecin-chef du Centre de Ouakam par le maire de la localité et rappelle que l’Acte III de la décentralisation ne délègue pas la gestion des ressources humaines, relevant de la Fonction publique et appelle au respect de la séparation des tâches de gestion technique et administrative relevant du chef de la structure, de celles du maire qui fait ses orientations à travers le Conseil de direction du Comité de développement sanitaire. Un maire n’a pas vocation à s’occuper de la nomination de chefs d’unité et de pose de caméras de surveillance dans un centre de santé, aspects relevant du fonctionnement du service et de la responsabilité du chef de structure ».

Enfin, le Sames rappelle « que sa plateforme revendicative déposée depuis 9 mois, dans laquelle figurent entre autres, les accords non matérialisés de l’année 2014, n’a fait l’objet d’aucune étude sérieuse et la décision sur la retraite à 65 ans prise par le Chef de l’Etat, n’est toujours pas effective ». Ainsi, il « prend à témoin la population, pour toute grève qui surviendrait dans le secteur de la santé et qui serait de la responsabilité exclusive de l’Etat ».




Avec Libération online



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