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Sarcelles. Ibrahima, 22 ans, est décédé dimanche soir au guidon de sa moto à Villiers-le-Bel.

Au lendemain du décès de ce Sarcellois, dans des conditions qui restent à déterminer, l’émotion est vive chez ses proches. Une marche a été organisée ce lundi.


Rédigé par leral.net le Mercredi 9 Octobre 2019 à 04:09 | | 0 commentaire(s)|

Sarcelles. Ibrahima, 22 ans, est décédé dimanche soir au guidon de sa moto à Villiers-le-Bel.
« On veut connaître la vérité, lance Diané, le grand frère d'Ibrahima, le jeune homme mort dimanche au guidon de sa moto de cross, en marge d'un contrôle de police à Villiers-le-Be l. Nous sommes contre la violence, il faut rester calme. Mais on pense qu'on nous cache ce qu'il s'est passé. »

Et la famille de déplorer que depuis le décès, « aucune autorité n'est venue nous voir, ni la police ni la préfecture ». Les proches d'Ibrahima ont appelé à un rassemblement ce lundi sur le lieu du décès, dans le quartier de la Cerisaie à Villiers-le-Bel, auquel un millier de personnes a participé. Une ville encore marquée par la mort de deux adolescents dans la collision de leur moto avec une voiture de police en 2007. S'ensuivaient deux nuits d'émeutes.

« Il était adoré de tous »
« Souriant », « généreux », « respectueux », « jovial »… Les qualificatifs utilisés par ses proches, ce lundi matin à Sarcelles, ne manquent pas pour décrire « Ibo », habitant le quartier Valéry-Watteau, à Sarcelles, et qui devait fêter ses 23 ans le 29 octobre prochain.

« Ibo » était chauffeur-livreur depuis environ un an et demi dans la société fondée par un de ses grands frères. « Il était adoré de tous. N'hésitait à pas à acheter à manger aux jeunes quand ils avaient besoin, jouait souvent avec tout le monde au foot dans le quartier, rapporte Amadou, 23 ans, ancien camarade de classe. Il ne méritait pas ça. »

Le flou sur le déroulé des faits
Les circonstances du drame restaient à déterminer ce lundi. Une enquête a été confiée à la Sûreté départementale du Val-d'Oise.

Depuis ce dimanche soir, deux versions s'opposent sur le déroulé exact des faits. La raison de la chute mortelle d'Ibrahima est au cœur des interrogations. Ce cadet d'une fratrie de cinq a violemment percuté un poteau métallique, après avoir perdu le contrôle de sa moto, non homologuée.

Trois véhicules sérigraphiés se trouvaient déjà sur les lieux, boulevard Salvador-Allende, au moment de son passage pour interpeller un autre homme auteur d'une infraction au Code de la route.

Selon des témoins, Ibrahima arrivait depuis la rue Faidherbe et aurait chuté après avoir tenté d'éviter un camion de la police. « Quand ils ont entendu le bruit de la moto qui s'engageait dans la rue, un camion des forces de l'ordre a démarré et lui a bloqué la route », rapportaient dimanche deux habitants.

Ce point, la préfecture ne l'abordait pas dans un communiqué diffusé dimanche soir. Et indiquait : « une moto est arrivée à vitesse élevée […] L'un des policiers présents sur la chaussée a alors esquissé le geste de ralentir, en enjoignant verbalement au pilote de freiner pour éviter qu'il vienne percuter les policiers. En réaction, le pilote de la moto est monté sur le trottoir, réaccélérant avant de freiner brutalement et de perdre le contrôle de sa machine. »

Selon nos informations, un véhicule de la police a bien engagé une manœuvre au moment de l'arrivée d'Ibrahima. « Ce n'était pas pour lui barrer la route, assure une source proche de l'enquête. Le camion repartait simplement après avoir sécurisé les lieux de l'interpellation, une fois celle-ci terminée. »

La famille veut voir les vidéos
Des images de vidéosurveillance sont en cours d'exploitation. Et particulièrement attendues. « On veut les voir. Nous sommes à l'heure de la technologie, on ne comprendrait pas qu'elles ne soient pas exploitables, somme Diané, qui s'est rendu sur place immédiatement après l'accident. Mon frère était un grand passionné de moto et respectait le Code de la route. Il n'était pas du genre à faire des rodéos ! »

La famille, qui a déjà perdu un de ses fils d'une crise cardiaque il y a cinq mois, annonce qu'elle va se porter partie civile auprès du procureur pour avoir accès au dossier, et donc aux images.

Une famille connue à Sarcelles
« Il y a eu ce drame, il faut connaître la vérité. Je me suis engagé auprès de la famille, que je connais depuis trente ans, à les aider pour cela », souligne François Pupponi, député (DVG) de la 8e circonscription et ancien maire de Sarcelles.

Le père d'Ibrahima est en effet une figure de la ville en tant que vice-présent de l'association des musulmans d'inspiration sunnite en France (Amis). « C'est une famille très connue et respectée dans tout Sarcelles », insiste un proche. Ses amis décrivent le fils comme un « jeune sérieux et travailleur ».





Le Parisien



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