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Sénégal : la rupture Khalifa Sall Barthélemy Dias, symptôme d’une opposition dakaroise en crise

Rédigé par leral.net le Vendredi 29 Août 2025 à 15:06 | | 0 commentaire(s)|

 L’élection du nouveau maire de Dakar, Abass Fall, le 25 août dernier, n’a pas seulement consacré la mainmise du parti présidentiel PASTEF sur la capitale. Elle a aussi provoqué un séisme au sein de l’opposition, révélant au grand jour la fracture amère entre deux figures majeures : Khalifa Sall, ancien maire et leader de Taxawu […]

 L’élection du nouveau maire de Dakar, Abass Fall, le 25 août dernier, n’a pas seulement consacré la mainmise du parti présidentiel PASTEF sur la capitale. Elle a aussi provoqué un séisme au sein de l’opposition, révélant au grand jour la fracture amère entre deux figures majeures : Khalifa Sall, ancien maire et leader de Taxawu Senegal, et Barthélemy Dias, maire sortant de Dakar et acteur central des négociations.

Les reproches, d’abord tus, ont éclaté en public jeudi 28 août, lorsque les proches de Khalifa Sall ont ouvertement accusé Barthélemy Dias d’avoir « offert la mairie » à Abass Fall en opérant, à la dernière minute, un revirement qualifié de « trahison ». Selon eux, Dias avait initialement convenu de soutenir la maire intérimaire Ngoné Mbengue première femme à avoir publiquement soutenu sa candidature en 2022 , avant de lui préférer son adjoint, Pathé Bâ, au moment crucial du vote.

« Que s’est il passé pour qu’à la veille de l’élection, Dias change radicalement d’option ? », s’interrogeait un communiqué de Taxawu Senegal, dénonçant une manœuvre ayant favorisé le camp présidentiel. Les partisans de Khalifa Sall assurent qu’aucun de leurs 18 conseillers municipaux n’a voté pour Abass Fall, rejetant ainsi toute responsabilité dans cette défaite.

De son côté, Barthélemy Dias, qui n’est pas encore monté au créneau pour répondre point par point, est soupçonné par ses ex alliés d’avoir cédé à des calculs politiciens au détriment de la cohérence et de la loyauté. Les accusations sont lourdes : « Certains, dans l’opposition, au nom d’intérêts immédiats, se détournent de leur engagement pour se rallier au camp du pouvoir », peut on lire dans la presse locale, qui relaie abondamment la polémique.

Au delà des règlements de comptes personnels, cette crise met en lumière les divisions structurelles qui affaiblissent l’opposition sénégalaise, quelques mois seulement après une période préélectoral tendue et marquée par des violences. La déroute de Dakar symbolise l’échec temporaire d’une coalition qui peine à incarner une alternative crédible face à un pouvoir accusé de « confisquer les institutions ».

L’affaire ASER, les suspicions autour du rapport Forvis Mazars sur la dette, ou encore les récentes accusations de « hold up » à la mairie de Dakar viennent en outre alimenter un climat de défiance généralisée. Dans ce contexte, la rupture entre Sall et Dias risque de laisser des traces durables et pourrait remodeler durablement les équilibres politiques à Dakar et au delà.

La société civile, alertée par ces dissensions, a d’ores et déjà reçu plusieurs acteurs politiques en quête de réconciliation. Mais le temps presse : l’exécutif, fort de sa victoire municipale, semble déterminé à accélérer sa mainmise sur les leviers administratifs et territoriaux, laissant une opposition divisée face à ses propres contradictions.



Source : https://xalimasn.com/2025/08/29/senegal-la-rupture...