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Sortie d’Abdoulaye Bathily : Ibrahima Sène du PIT répond à Cheikh Doudou


Rédigé par leral.net le Lundi 2 Avril 2018 à 14:45 | | 0 commentaire(s)|


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Cheikh Doudou, tu sais que j'avais décidé de ne plus répondre à tes quolibets et autres incivilités, mais avec ton interrogation sur la sortie de Bathily, je me fais l’obligation  de réagir pour ne pas donner l’impression que je fuis ce débat-ci !
 
1)            Sur le procès de Khalifa
 
Sur le procès de khalifa, il n’a rien dit de nouveau. Il a tout juste confirmé une opinion qu’il avait déjà émise tout au début de l’interpellation de ce dernier. Je n’étais pas d’accord avec son appréciation, et l’avais dit publiquement et dans les réseaux sociaux.
 
A cette occasion, je  conseillais à Khalifa  d’éviter d’emprunter le même chemin de politisation de son interpellation que Karim Wade, qui, malgré la puissance financière et politique de son père et sa capacité de nuisance politique, n’a pas pu faire éviter à son fils, un procès, une condamnation et un emprisonnement.
 
Il est accusé de délit de droit commun portant sur les deniers publics, et  je lui rappelais qu’il avait la possibilité d’être libéré et d’éviter un procès qui risque de lui être politiquement coûteux, s’il acceptait de transiger, comme la loi l’y autorise.
 
Mais, influencé par des gens comme Bathily, il a considéré que transiger serait reconnaître sa culpabilité, et avait donc refusé de le faire.
 
Mais de guerre lasse, lorsqu’il s’était résolu de le faire pour éviter la tenue imminente de son procès, son offre fut rejetée par le Procureur pour non- respect des dispositions qui régissent le droit de transiger.
 
Comme avec Karim, la mobilisation pour le libérer de prison n’a  pas été en mesure de lui éviter un procès et une condamnation.
 
Donc Khalifa est victime de tous ceux qui ont voulu politiser  son interpellation pour s’en servir à des fins professionnelles (ses avocats) ou à la recherche de visibilité politique (ses partisans et soutiens).
 
Le sort de Khalifa a toujours été le cadet de leurs soucis, pourvu qu’ils disposent des médias pour faire le buzz pour  leurs profits personnels.
 
Wade et son fils ont une amère expérience de ces vautours. Et khalifa, a voulu « répéter l’Histoire », qui ne « se reproduit qu’une seule fois de façon dramatique ».
 
Tout le monde ressent le « drame » que constitue sa condamnation à cinq ans d’emprisonnement ferme,  qui fait qu’il est inhumain de ne pas compatir avec sa détresse et celle de sa famille.
 
C’est à la lumière de cette situation, que l’on peut mesurer la tentative de Barthélémy Dias, de «  répéter l’Histoire » pour une «  troisième fois » qui ne pourrait être que «  comédie » !
 
Il cherche ainsi désespérément à transposer vers sa personne, la sympathie des populations  que la situation dramatique  dans laquelle se trouve Khalifa, a suscitée à son endroit.
 
Khalifa devrait lui servir d’escalier à sa prompte promotion !
 
Que personne ne lui permette d’accomplir cette forfaiture !
 
 
                                     2) Sur le parrainage
 
Mais c’est la position de Bathily sur le parrainage qui est renversante !
 
En effet, voilà quelqu’un avec qui nous avons longtemps lutté contre le poids de l’argent dans les élections au Sénégal depuis l’ouverture démocratique intégrale de 1981, et contre la discrimination dont les candidats indépendants sont l’objet dans la conquête du suffrage du peuple.
 
Nous avons aussi, jusqu’à récemment, au référendum de 2016, été ensemble contre la prolifération des candidatures sous l’effet du poids de l’argent sur les élections.
 
Et aujourd’hui, il rejoint le camp de ceux qui ont toujours refusé l’accès des candidats indépendants aux élections locales, et ont toujours maintenu l’exigence de leur parrainage citoyen aux élections présidentielle et législative, jusqu’au référendum de 2016,  où ils se sont mobilisés pour rejeter une réforme  de la Constitution qui mettait fin à cette discrimination.
 
En outre, il reconnait dans son  intervention même,  le rôle malfaisant de l’argent et de la drogue, dans la vie politique et économique qu’il dénonce avec véhémence !
 
Dans cette situation de perversion de notre vie politique par le poids de l’argent, comment ne pas mentionner la « traite des récépissés » à laquelle s’adonnent des leaders de partis politiques qui les donnent en « location », à de potentiels candidats indépendants aux élections, pour leur permettre  de briguer le suffrage du peuple, sans recourir au parrainage citoyen .
 
Ainsi s’est développée une mentalité de «  location de récépissé » à la place du parrainage citoyen, à côté du rôle traditionnel des puissances d’argent qui financent des candidats de parti   ou de la société civile, qui leur sont favorables.
 
C’est pour tout cela que je suis surpris d’entendre Bathily,  s’ériger contre la réduction du pouvoir d’argent sur les élections, et  la fin de la discrimination contre les candidats indépendants, qui sont contenues dans les proposions de réforme de la loi électorale, portant sur une réduction significative de la caution qui est  de 65 millions pour la Présidentielle, et l’extension du parrainage à tous les candidats, qu’ils viennent de Partis politiques ou de la Société civile.
 
Avec Bathily,  malgré nos divergences historiques, nous avons  souvent convergé dans le  chemin  de la lutte pour contribuer à faire avancer notre peuple à plus de progrès économique, social et politique, en consolidant les bases républicaines de notre Etat, et les acquis démocratiques de notre peuple.
 
C’est pourquoi je suis sans voix devant un tel revirement.
 
Mais, chacun a le droit de changer, mais personne ne peut prétendre remettre en cause  des évolutions progressistes de notre système électoral, sans susciter une levée de bouclier des forces républicaines et démocratiques de ce pays.


 
Ibrahima SENE PIT/SENEGAL
 
                                                Dakar le 2 Avril 2016