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Tamkharite : le « Tong- tong », une alternative à la dèche

A quelques heures de la Tamkharite, fête musulmane célébrant le dixième jour du nouvel an musulman, la vente de bœufs marche à merveille. C’est le constat fait au niveau du foirail des gros ruminants de Diamaguène Sicap Mbao.


Rédigé par leral.net le Jeudi 20 Septembre 2018 à 15:52 | | 0 commentaire(s)|

Il est 12 heures 30 lorsque nous débarquons au niveau de cet équipement marchand très couru en ce moment. Comme des mouches attirées par du miel, des jeunes éleveurs avec leurs cordes nous encerclent pour nous inviter à nous rapprocher de leur espace de vente. Non loin de là, des téfankés (intermédiaires) font descendre des bœufs. Ablaye Bâ, un jeune éleveur nous oriente vers l’un de leurs responsables.

Vendeur de bœufs installé au foirail depuis des années, Amadou Bâ ne fait pas la fine bouche sur sa bonne affaire de cette année. «Les clients viennent. Pour un début, ça va très bien, contrairement à l’année dernière», dit-il. «Nous rendons grâce à Dieu. Nos bœufs sont en train d’être vendus et on prie pour que ça dure. Si je compare à l’année dernière, je peux dire que ça va beaucoup mieux», ajoute Mamadou Sow, téfanké de son état.

Sur le prix des bœufs, El Hadji Sow explique que «ça varie entre 200 mille et 1 million de francs. Tout dépend de la bourse de la personne et de la taille de la bête désirée. Les bons bœufs ne peuvent quand même pas être vendus à un vil prix. Vous avez vu que nous avons de bons bœufs», justifie-t-il.

Si les vendeurs se frottent les mains, les clients, quant à eux, se plaignent de la cherté des bœufs. «Chaque année, c’est ici que je viens acheter des bœufs pour notre quartier. Mais, les prix proposés sont chers. On me dit 500 ou 700 mille francs», déplore un client du nom de Ndiaga Ndao, venu de Dalifort. Et un autre client, habitant Mbao, du nom d’Issa Diop d’ajouter : «Les bœufs sont trop chers alors qu’il n’y a pas d’argent dans ce pays. Les vendeurs doivent revoir leurs prix». Un constat que réfutent les téfankés. «Les bœufs ne sont pas chers. Ce sont les gens qui n’ont pas d’argent ou qui veulent acheter des bœufs qui ne sont pas à leur portée. Le kilo de poivre coûte presque 6 000 francs mais les gens n’en parlent pas. Alors que le kilo de bœuf ne dépasse pas 3 000 francs, et on crie tout le temps. Le sac de foin s’échange à 12 mille francs maintenant et il y a d’autres taxes que l’on paye. Si c’est cher, ce n’est pas de notre volonté», se défend Amadou Bâ. Soutenu dans sa ligne de défense par Mamadou Sow.

«Arrêtons de dire que les bœufs sont chers. L’élevage est une chaine. L’aliment de bétail et le transport des bœufs ont augmenté. Donc, il faut qu’on vende cher pour pouvoir rentrer dans nos fonds. Les gens doivent arrêter de nous diaboliser. Nous sommes des travailleurs qui faisons des investissements risqués. C’est l’Etat qui devrait penser à nous aider en subventionnant l’aliment de bétail au lieu de laisser les populations s’en prendre à nous sans raisons valables», dit-il.

Autre ombre au tableau, l’insécurité qui règne en ce lieu. Tous ont, en effet, déploré l’insécurité qui sévit au niveau de leur espace de travail. «Il n’y a pas de sécurité ici. Et ça, il faut qu’on le dise aux autorités étatiques. Pour un événement de cette ampleur, il devait y avoir des policiers et des gendarmes en nombre suffisant», déclare un habitué des lieux.

Théodore SEMEDO