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Téhéran sous les bombes: «Même si on doit mourir, pas de problème, mais il faut que cela change»

Rédigé par leral.net le Vendredi 6 Mars 2026 à 12:28 | | 1 commentaire(s)|

Joint par RFl, cet Iranien raconte la capitale sous les bombes. Téhéran est une ville fantôme mais où la population ne souffre pas de pénuries pour le moment.
« Khamenei était un assassin », nous dit ce témoin qui aspire à la chute du régime.


Depuis l'attaque lancée par les États-Unis et Israël sur l'Iran la semaine dernière, les autorités de la République ont de nouveau coupé internet, un procédé auquel elles avaient déjà eu recours lors des vagues de contestations et de répression de ces dernières années. Selon l’ONG Netblocks, internet fonctionne à environ 1% de sa capacité seulement.

Dans ce contexte, difficile de recueillir des témoignages sur place. Depuis samedi 28 février et les premières bombes, les journalistes de RFI envoient des messages à des interlocuteurs iraniens sur place... sans réponse, jusqu'à ce jeudi et à cette courte conversation avec un habitant de Téhéran, qui préfère garder son anonymat.

« D'abord, on entend les avions qui passent et puis soudain on entend les bombardements. C'est vraiment très très effrayant », raconte cet Iranien de Téhéran, qui a pourtant choisi de rester dans une ville que nombre de ses habitants ont fui. « Oui, Téhéran est totalement vide. La plupart des gens ont quitté la ville, ils sont partis vers le nord, vers la mer Caspienne, ou dans les petits villages en dehors de la ville ».

Habitant d'une ville fantôme

Une ville fantôme qui, au septième jour de la guerre, ne semble pas connaître de problèmes de ravitaillement, selon ce témoin. « Pour le moment, on trouve ce qu'il faut dans les magasins. Ils sont ouverts et les gens viennent faire leurs courses, Dieu merci. Et il y a aussi de l'eau courante et de l'électricité ».

Comme tous ses compatriotes, cet Iranien a appris que la première attaque israélienne sur l'Iran samedi matin avait tué le Guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, qui était au pouvoir depuis 37 ans. « C'était vraiment un assassin, lâche notre interlocuteur qui ne cache pas son aversion pour la République islamique, il a tué beaucoup de gens. Nous en avions assez de lui, C'était vraiment un dictateur. Nous sommes très très contents ! ». Tout le monde ne partage pas cet avis, cet homme le constate : « Les gens qui soutiennent ce régime, eux, ils sont tristes bien sûr. »

« Une guerre longue, ça ne me fait pas peur », ajoute cet habitant de Téhéran dont la famille a également choisi de rester dans la capitale iranienne. « Cela fait presque un demi-siècle que nous vivons dans ce système, maintenant il faut que cela change. Même si on doit mourir, pas de problème mais il faut que cela change », martèle-t-il.

Quelques heures après ce bref échange, nous recevons un nouveau message de cet habitant de Téhéran. Cette fois, une vidéo tournée de nuit, on y voit le ciel de la capitale iranienne s'embraser et rougeoyer au loin alors que l’on perçoit le grondement sourd d'un bombardement.

Rfi