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UNIVERSITÉ SÉNÉGALAISE SOUS TENSION : Daouda Ngom défend la mobilité des enseignants et appelle à l’apaisement à l’Ucad

Rédigé par leral.net le Samedi 10 Janvier 2026 à 17:24 | | 0 commentaire(s)|

UNIVERSITÉ SÉNÉGALAISE SOUS TENSION : Daouda Ngom défend la mobilité des enseignants et appelle à l’apaisement à l’Ucad

 
Entre polémique sur le départ d’enseignants vers la Guinée et colère estudiantine liée aux retards d’allocations, le ministre de l’Enseignement supérieur tente de désamorcer les crispations et réaffirme la ligne de l’État. En visite à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le professeur Daouda Ngom a tenu à apporter des précisions sur les dossiers brûlants de son département.
 
 
Alors que les universités sénégalaises restent sous pression, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Daouda Ngom, s’est voulu ferme mais rassurant. En visite jeudi à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), le ministre a abordé de front deux dossiers sensibles, le recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais par la Guinée et les tensions estudiantines liées aux œuvres sociales.
 
Mobilité académique, “ce n’est pas un problème en soi”
 
Interpellé par la presse sur le recrutement d’universitaires sénégalais par la République de Guinée, Daouda Ngom a tenu à clarifier ce qu’il considère comme une confusion largement entretenue. « Ils ne sont pas tous institutionnellement liés à l’université sénégalaise », a-t-il expliqué, précisant que la majorité des concernés sont des vacataires en quête d’emploi ou des enseignants retraités, donc libres de tout engagement avec l’État du Sénégal. Pour ces profils, le ministre est catégorique, "aucun obstacle réglementaire ne se pose. S’ils sont recrutés en Guinée, c’est tout à fait normal ", a-t-il insisté.
La difficulté, reconnaît-il toutefois, concerne les enseignants toujours liés contractuellement à l’université sénégalaise, et qui signent parallèlement des contrats publics à l’étranger. « Du point de vue réglementaire, il y a des problèmes », admet-il, tout en appelant à une gestion concertée de ces situations.
 
Une convention sénégalo-guinéenne comme cadre de sortie
 
Pour dépasser ces crispations, le ministre mise sur la convention de coopération entre le Sénégal et la Guinée, qui autorise la mobilité des enseignants-chercheurs. « Ce n’est pas la mobilité qui pose un problème, mais son encadrement », a-t-il martelé, plaidant pour un pilotage institutionnel impliquant les universités et son ministère. Dans une posture panafricaine assumée, Daouda Ngom a rappelé que le Sénégal a historiquement accompagné plusieurs pays frères dans la mise en place de formations universitaires. « Et nous continuerons à le faire, mais dans un cadre bien encadré », a-t-il assuré.
 
Stabilité universitaire et Vision Sénégal 2050
 
Plaçant le débat dans une perspective plus large, Pr Ngom a souligné que le pays se trouve à « une étape décisive de son développement », portée par l’Agenda Sénégal Vision 2050. « Cette ambition ne peut s’accommoder d’une instabilité chronique dans nos universités », a-t-il averti, liant directement performance académique, stabilité sociale et souveraineté nationale. Il a révélé que près de 45% du budget de son département est consacré aux œuvres sociales, justifiant sa visite au Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), où il a rencontré syndicats, travailleurs et visité plusieurs chantiers, notamment à la cité Claudel.
 
Trois milliards annoncés, mais des contraintes persistantes
 
Sur la question financière, le ministre a reconnu les difficultés. Bien que la Loi de finances rectificative ait été votée, les crédits tardent à être mobilisés. Un montant de trois milliards de francs Cfa est néanmoins prévu pour le Coud, avec l’engagement de l’État d’apurer progressivement une partie de la dette à partir de 2026. « Nous sommes dans un contexte difficile, mais l’État fera tout ce qui est possible pour préserver les services sociaux », a-t-il promis.
 
Qualité avant quantité, le message à l’Anaq-Sup
 
Dernière étape de la tournée, l’autorité nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur (Anaq-Sup). Le ministre a salué une institution devenue référence continentale, notamment pour son accompagnement de plusieurs pays africains. Il a appelé à renforcer ses actions en matière de recherche et d’innovation, mettant en exergue une récente étude sur l’efficacité interne des universités, présentée en Conseil des ministres. « La qualité doit être plus importante que la quantité », a conclu Daouda Ngom, réaffirmant sa volonté de faire de l’excellence académique le socle du système universitaire sénégalais.
Baye Modou SARR
 
 



Source : https://www.jotaay.net/UNIVERSITE-SENEGALAISE-SOUS...