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Vaccin pour tous les enseignants à la rentrée : Des syndicalistes récalcitrants parlent de faux débat

Tous les enseignants sont appelés à prendre leurs doses de vaccin contre la Covid-19, à la rentrée scolaire 2021-2022, de même que les étudiants. L’annonce a été faite, hier, par le ministre de la Santé et de l’Action sociale. Les enseignants s’y opposent et parlent de ‘’faux débat''


Rédigé par leral.net le Dimanche 12 Septembre 2021 à 10:21 | | 0 commentaire(s)|

Vaccin pour tous les enseignants à la rentrée : Des syndicalistes récalcitrants parlent de faux débat
L e ministre de la Santé et de l’Action sociale Abdoulaye Diouf Sarr a annoncé avant hier, que tous les enseignants seront vaccinés, avant la rentrée des classes, de même que les étudiants. Abdoulaye Diouf Sarr a fait cette annonce, lors de la réception de nouvelles doses de vaccins. Ce lot, dit-il, va permettre d’avoir une stratégie de vaccination plus ciblée, sachant que l’ensemble des régions du Sénégal ont reçu leurs doses.

‘’Dans le contexte actuel, nous allons travailler dans un ciblage plus affiné, parce que, dans la perspective de l’ouverture des classes, nous allons faire en sorte que chaque enseignant, avant qu’il entre en classe, soit vacciné. Ça parait extrêmement important dans la stratégie’’.

Après cette annonce, les enseignants n’ont pas tardé à réagir. Joint par EnQuête, le secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (Saemss) indique que la prise des doses vaccin dépend des enseignants qui le souhaitent.

Selon Saourou Séne, ‘’le vaccin n’est pas une obligation pour le moment au Sénégal’’. ‘’Il n’y a pas un texte qui oblige les enseignants à prendre un vaccin. Maintenant, ce que l’on peut faire, toujours dans la communication, c’est d’inciter les uns et les autres à se vacciner’’, dit il au téléphone.

Le syndicaliste précise que s’il y a des enseignants qui considèrent qu’ils ne peuvent pas prendre le vaccin pour une raison ou une autre, personne ne peut les obliger à le faire. ‘’Je suis déjà vacciné. Je n’ai pas ce problème. Mais, comme on n’en fait pas obligation, c’est juste une recommandation. Ceux qui acceptent de se faire vacciner se feront vaccinés. Ils n’avaient pas besoin que le ministère de la Santé le leur dise’’, déclare le secrétaire général du Saemss.

Interrogé sur un éventuel changement du discours de l’Etat qui pourrait exiger un pass sanitaire pour les enseignants, car le ministre Abdoulaye Diouf Sarr a parlé de ciblage affiné, il répond :

‘’Si le gouvernement exige le vaccin à tous les Sénégalais ou les travailleurs qui sont dans différentes catégories socioprofessionnelles, si une obligation est faite aux travailleurs de se faire vacciner, nous verrons. Mais, on ne peut pas demander aux enseignants uniquement de se vacciner. Il y a des médecins dans le milieu de la santé et personne le leur fait une obligation de se vacciner’’.

Saourou Séne va plus loin, et signale ‘’qu’ils ne peuvent pas faire obligation aux enseignants de prendre le vaccin. Ni le gouvernement ni personne ne peut obliger les enseignants qui ne le veulent pas de prendre le vaccin. On ne peut pas en faire une obligation. Ce n’est pas possible’’.
Toutefois, il recommande vivement aux enseignants sénégalais à prendre le vaccin.

‘’La sortie du ministre est un faux débat ’’

Autre son de cloche chez le secrétaire général du Cadre unitaire des enseignants du moyen secondaire (Cusems). Abdoulaye Ndoye qualifie la déclaration du ministre de la Santé et de l’Action sociale de ‘’ faux débat ‘’ et prend son contrepied, en faisant référence à la note d’informations du ministre du Travail, du Dialogue social et des Relations avec les institutions, Samba Sy, qui dit qu’à l’état actuel de la législation, aucune disposition ne rend obligatoire la vaccination.

‘’ Nous sommes dans un pays de droit. C’est la parole du ministre face à la loi. Les textes qui régissent le fonctionnement de la République. L’enseignement, ce n’est pas la contrainte’’, dit-il.

Donc, parler de vaccination pour tous les enseignants est, pour lui, un non-sens. A la place, dit-il, le ministre du Travail privilégie la sensibilisation, l’information, le dialogue. Il qualifie même de grave la sortie :

‘’Le ministre ne peut contrarier la législation. Si dans un gouvernement, un ministre dit le contraire de la loi, c’est extrêmement grave. Ils ne peuvent pas forcer les enseignants à se faire vacciner’’, observe-t-il. Et prend à témoin l’opinion que les enseignants ont été en première ligne pour mener le combat contre la Covid-19.

A ses yeux, les priorités sont ailleurs et le véritable débat est de parler des conditions de reprise. Lors de la dernière année scolaire, Abdoulaye Ndoye constate qu’il n’y a pas eu de perturbation ; ainsi, l’Etat ferait mieux, ajoute-t-il, de régler les problèmes de l’école.

Ce qui constitue leur ultime attente. Parmi les priorités, il liste la matérialisation des accords avec des délais précis, les classes pléthoriques dont la Covid a révélé certaines failles du système éducatif, la résorption des abris provisoires, l’achat de table-bancs, la construction de blocs d’hygiène, d’adduction de l’eau, etc.
Enquête



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