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Wade insiste sur le déménagement des populations des bas-fonds

(Aps) – Le président Abdoulaye Wade a invité, mercredi, les autorités de l’administration territoriale à prendre les mesures d’interdiction de s’installer dans les bas-fonds, afin de promouvoir ‘’une culture de prévention’’ des risques d’inondations des habitations.


Rédigé par leral.net le Jeudi 18 Septembre 2008 à 06:59 | | 0 commentaire(s)|

Wade insiste sur le déménagement des populations des bas-fonds
Me Wade présidait un conseil présidentiel sur les inondations au cours duquel il a adressé cette instruction adressée aux gouverneurs et préfets. Il avait réuni le Premier ministre, une dizaine de ministres, l’administration publique, des maires et des délégués d’associations de jeunes.

Le chef de l’Etat a demandé au ministre de l’Urbanisme (Oumar Sarr) de lui présenter, au millimètre près, ‘’un plan précis de localisation de tous les endroits de niveaux très bas, quartier par quartier, pour qu’après l’hivernage, les populations sortent d’une manière ou d’une autre. On amène les bulldozers, on rase tout’’.

‘’Nous devons prendre des mesures et (instaurer) une culture de la prévention pour que les gens des bas-fonds sortent de ces endroits. Il faut de la suite dans les idées et un sens de responsabilité’’, a-t-il déclaré.

Trois-quarts des quartiers des départements de Pikine et Guédiawaye (région de Dakar) sont affectés par les inondations soit 297 quartiers, ainsi que 26.612 concessions inondées et 266.460 habitants sinistrés, a indiqué le le ministre de l’Intérieur, Cheikh Tidiane Sy.

Faisant le point de l’exécution du plan national d’organisation des secours (Orsec), M. Sy a souligné ‘’l’opération majeure’’ qui consiste à pomper les eaux et à veiller au traitement des eaux stagnantes.

Le ministre de l’Intérieur a évoqué une contrainte financière, avec le projet de budget de 3,2 milliards de FCFA. M. Sy a soulevé les contraintes techniques auxquelles les équipes de secouristes sont confrontées. Ces difficultés sont liées à la l’absence d’exutoires et l’inachèvement des travaux sur la route nationale (RN1) qui ralentissent le travail de pompage et d’évacuation des eaux.

Pour l’avenir, il a jugé nécessaire la réactivation du fonds d’intervention de la protection civile (aujourd’hui supprimé).

‘’Nous avons besoin que le budget soit en place. Nous en sommes à 70% des opérations avec 67 motopompes de différents cylindres’’, a ajouté le colonel Ouanza Ouattara, commandant le groupement national des sapeurs pompiers (GNSP).

Les besoins des sapeurs pompiers, ce sont aussi 35.000 mètres de tuyaux pour tirer les eaux des maisons, écoles et mosquées et les évacuer. Dans le prochain budget, il demande des crédits au GNSP pour procéder avant la saison des pluies à la réparation du matériel et à sa mise au point.

En plus de l’appui aux structures sanitaires de la banlieue et de la mise à disposition de ‘’postes avancés’’, la ministre de la Santé, Dr Safiatou Thiam, a fait le point des interventions de son département. 1.200 maisons désinfectées, ainsi que des maisons, des marchés et dépotoirs des zones sinistrées.

Il y a aussi l’épandage par le service d’hygiène et la distribution de moustiquaires pour prévenir les maladies liées à l’eau. Ce bilan a été jugé mitigé, bien que Dr Thiam ait invoqué la raison de la contrainte budgétaire.

De son côté, le ministre des Infrastructures, Habib Sy souhaite que tout se fasse vite concernant les mesures à prendre à cause de l’imminence des pluies en ces prochains jours favorables (pour les agriculteurs, mais défavorables aux sinistrés et aux secouristes). La météo n’attend point. A la date de 2006, Dakar était à 66 millimètres, aujourd’hui, elle peine à avaler 461 mm. A cela, s’ajoute une prévision supplémentaire de 50 mm.

Il a en outre proposé, contre l’immobilité occasionnée par les eaux pluviales non évacuées, l’achèvement des travaux routiers et de drainage des eaux. A cet effet, il sollicite 350 millions pour les besoins du plan Orsec.

Le Premier ministre (Cheikh Hadjibou Soumaré) et le ministre du Budget (Mamadou Abdoulaye Sow) ont promis pour jeudi, une proposition de libération d’urgence des fonds demandés, ainsi sur l’allégement de la rigidité des procédures de décaissement. Cependant, le président Wade a amendé quelques lignes de budget qui lui paraissent superflues.

En prévision du budget 2009 (en cours de préparation), M. Soumaré a annoncé une ligne spécifique pour la gestion de tels évènements, compte tenu des difficultés des ministères concernés.

‘’De manière générale, les ministres ont compris leur mission et ils ont insisté sur les mesures structurelles pour ne plus (être contraint) à résister (aux phénomènes mais à les prévenir)’’, a précisé le chef de l’Etat, avant de s’étonner qu’‘’en plein évènement, on parle de budget’’. ‘’Un budget doit être conçu pour faire face... agir en toute circonstance, sinon c’est du bricolage’’, a-t-il estimé. Le président Wade a, ainsi, demandé au Premier ministre de revoir ‘’cette conception du coup par coup’’. ‘’Ce n’est pas bon.’’



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