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Serigne Sam Mbaye, un érudit dont l’héritage spirituel éclaire encore le Sénégal

Grand savant islamique et figure majeure de la pensée religieuse au Sénégal, Serigne Sam Mbaye demeure une référence intellectuelle et spirituelle. Frère aîné de El Hadj Djily Mbaye, il repose aujourd’hui dans le mausolée du palais familial de Louga, lieu de mémoire et de recueillement.


Rédigé par leral.net le Mercredi 14 Janvier 2026 à 15:30 | | 0 commentaire(s)|

Figure emblématique de l’érudition islamique au Sénégal, Serigne Sam Mbaye continue d’inspirer par la profondeur de ses enseignements et l’actualité de ses prêches. Exprimés principalement en wolof, ses sermons abordaient avec rigueur et pédagogie, les fondements de la relation entre le musulman et le Tout-Puissant, de la naissance jusqu’à la mort.

Né en 1922, soit quatre ans avant son frère cadet El Hadj Djily Mbaye, Serigne Sam Mbaye est issu de la même lignée paternelle. Sa mère, Sokhna Fatou Thiam, l’a élevé dans un environnement profondément marqué par le savoir religieux. Il fut rappelé à Dieu en 1998, laissant derrière lui une œuvre spirituelle et intellectuelle reconnue.

Il partage aujourd’hui le mausolée du palais Djily Mbaye, à Louga, avec son frère El Hadj Djily Mbaye, disparu en 1991. Ce lieu, situé sur le perron droit du palais, abrite également la sépulture de leur mère, Sokhna Khary Samba Touré, ainsi que celles de trois épouses de El Hadj Djily Mbaye : Sokhna Ndèye Diop, Sokhna Aminata Sourang et Sokhna Ndèye Sokhna Camara. Le mausolée est devenu un espace de recueillement pour les visiteurs et les fidèles.

La formation religieuse de Serigne Sam Mbaye débute très tôt au sein de la maison familiale, sous la direction de Serigne Mbaye Touré. Leur père, Mame Cheikh Mbaye, érudit reconnu, fonde en 1939 le célèbre Daara de Koki, qu’il confie à son ami Ahmadou Sakhir Mbaye. Pour marquer l’importance qu’il accordait à cette école coranique à vocation nationale, il y inscrit ses propres fils, Serigne Sam Mbaye et El Hadj Djily Mbaye, membres de la première promotion.

Selon des témoignages familiaux et académiques, Serigne Sam Mbaye fut le premier de cette promotion à maîtriser intégralement le Coran. Il poursuivit ensuite ses études religieuses en Algérie puis en Tunisie, avant d’entamer un cursus universitaire en français à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il y obtint une maîtrise en langue arabe, enrichie de solides connaissances en littérature française, puis un doctorat en arabe.

Son parcours académique l’amena à jouer un rôle central dans l’enseignement franco-arabe au Sénégal. Affecté d’abord à Dakar comme directeur de l’école franco-arabe aujourd’hui connue sous le nom de Groupe Serigne Fallou Mbacké, il fut ensuite rappelé à Louga à la demande de son frère El Hadj Djily Mbaye, pour devenir le premier proviseur du lycée Malick Sall.

L’héritage de Serigne Sam Mbaye s’inscrit dans celui de son père, Mame Cheikh Mbaye, cadi à Yang-Yang et érudit discret, attaché à un islam au-dessus des appartenances confrériques. Ce dernier insistait pour que le Daara de Koki accueille les enfants de toutes les confréries, incarnant une vision inclusive et profondément spirituelle de l’islam.

Aujourd’hui encore, Serigne Sam Mbaye est considéré comme un « digne héritier » de cette tradition savante et effacée. Par son enseignement, son humilité et son engagement intellectuel, il demeure une référence incontournable de l’histoire religieuse et culturelle du Sénégal.