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​« L'Afrique ne doit plus subir : Faire du chaos mondial, le moteur de notre libération »

Rédigé par leral.net le Lundi 19 Janvier 2026 à 20:43 | | 0 commentaire(s)|

Alors que l'ombre d'un troisième conflit mondial plane sur la géopolitique, l'Afrique ne peut plus se considérer comme une victime collatérale. Pour l'élite du continent, cette période de flottement des grandes puissances constitue une fenêtre historique : briser les chaînes du néocolonialisme, pour devenir actrice de son propre destin.
L'histoire démontre que les ordres mondiaux ne se renégocient qu'à la faveur des grandes ruptures. Si les blocs du Nord et de l'Est venaient à s'affronter (...)

- LIBRE PROPOS /

Alors que l'ombre d'un troisième conflit mondial plane sur la géopolitique, l'Afrique ne peut plus se considérer comme une victime collatérale. Pour l'élite du continent, cette période de flottement des grandes puissances constitue une fenêtre historique : briser les chaînes du néocolonialisme pour devenir actrice de son propre destin.

L'histoire démontre que les ordres mondiaux ne se renégocient qu'à la faveur des grandes ruptures. Si les blocs du Nord et de l'Est venaient à s'affronter directement, le système de domination actuel, qu'il soit financier, militaire ou diplomatique, se retrouverait paralysé.

Pour l'Afrique, ce chaos ne doit pas être subi comme une fatalité, mais saisi comme un accélérateur d'indépendance.

Le mécanisme néocolonial est simple : exporter ce que le continent ne consomme pas et importer ce qu'il mange. Un conflit mondial briserait inévitablement ces routes commerciales. L'urgence impose donc une « économie de guerre » préventive :

* Sécurité alimentaire : Conversion des terres vers des cultures de substitution.
* Transformation locale : Interdiction de toute exportation brute sans valeur ajoutée sur place.

* Changement de paradigme : Si le monde exige du cobalt, du cuivre ou du gaz, il doit désormais installer ses usines en Afrique. C'est le passage vital d'une économie de rente à une économie de production nationale.

La présence de bases militaires étrangères sur le sol africain est un facteur de fragilité. En cas de guerre totale, ces bases deviendraient des cibles ou des foyers de recrutement pour des conflits par procuration. La réponse doit être endogène :

* Mutualisation : Création d'un commandement intégré pour protéger les infrastructures critiques.

* Autonomie : Standardisation des équipements produits localement pour rendre l'ingérence trop coûteuse pour n'importe quel bloc.

Déconnexion financière et unité politique

Le contrôle financier reste l'arme invisible du néocolonialisme. La déstabilisation des marchés offre une occasion unique de rompre avec la dépendance au Dollar, à l'Euro et au système SWIFT. L'objectif est clair : mettre en place un mécanisme de compensation adossé à des richesses tangibles (or, énergie) et développer des plateformes numériques souveraines pour les échanges intra-africains.

Cette indépendance financière ne peut réussir sans unité politique. Divisée, l'Afrique est une proie ; unie, elle devient l'arbitre du nouveau monde. L'Alliance des États du Sahel (AES) esquisse déjà cette dynamique. Ce modèle, s'il est reproduit au moment où l'instabilité des géants atteindra son apogée, pourrait devenir la matrice d'un continent souverain.

La guerre est un incendie qui, s'il détruit, ouvre aussi la terre à de nouvelles pousses. En activant dès maintenant ces leviers, l'Afrique ne sera plus le champ de bataille des autres, mais le sanctuaire de stabilité d'un monde enfin multipolaire. Le joug ne se brise pas par la plainte, il s'effondre devant la puissance organisée. Nous avons les cartes en main.

« Le joug ne se brise pas par la plainte. Il s'effondre devant la puissance organisée. » À travers ce manifeste, j'appelle l'élite africaine à une prise de conscience historique : transformer l'instabilité mondiale en un levier de puissance pour bâtir une Afrique souveraine et maîtresse de ses ressources. »

Par Blaise EDIMO
Enseignant et penseur stratégique



Source : https://www.gabonews.com/fr/actus/libre-propos/art...