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Politique

30ème session du Comité national de coordination des activités de microfinance: Discours du Docteur Alioune DIONE

Rédigé par leral.net le Jeudi 1 Octobre 2026 à 21:24 |

- Monsieur le Président de l'APIM Sénégal, Vice-Président du CNC,
- Monsieur le Représentant du Ministre de l'Économie, des Finances et du Plan,
- Madame la Conseillère du Directeur national de la BCEAO,
- Madame la Cheffe adjointe de la section de coopération de l'Ambassade d'Allemagne,
- Mesdames et Messieurs les représentants de la GIZ et de la KfW,
- Mesdames et Messieurs les Directeurs généraux et dirigeants des institutions de microfinance,
- Mesdames et Messieurs les représentants des partenaires techniques et financiers,
- Mesdames et Messieurs les représentants de la société civile et du secteur privé,
- Distingués invités, en vos rangs, grades et qualités,
Je voudrais d'abord vous souhaiter la bienvenue à cette 30ème session du Comité national de coordination des activités de microfinance, et vous remercier de votre présence, qui témoigne de l'intérêt que chacun d'entre vous porte à ce secteur.
Je remercie tout particulièrement l'APIM-Sénégal et la GIZ, co-organisateurs de cette session avec mon département. Je salue aussi l'appui technique de la coopération allemande, à travers la GIZ, qui illustre la qualité du partenariat entre le Sénégal et l'Allemagne.
Mesdames et Messieurs,
La microfinance est aujourd'hui un pilier de l'inclusion financière et du financement de notre économie. Les chiffres sont éloquents. Les institutions de microfinance desservent plus de 4,7 millions de membres et clients. À fin 2025, l'encours des crédits distribués atteint 849,9 milliards de FCFA.
Et l'encours d'épargne s'établit à 634,7 milliards de FCFA, avec des fonds propres atteignant 230,6 milliards de FCFA.
Ces performances placent le Sénégal au premier rang de la microfinance dans l'espace UEMOA, avec 15,5 % des comptes de microfinance de l'Union. C'est le fruit du travail des dirigeants, des élus, des agents et des membres des institutions de microfinance. Je les en félicite.
Ces succès ne doivent pas nous cacher les difficultés que rencontre le secteur. En effet, les créances en souffrance représentent encore 6,0 % de l'encours de crédit, toujours supérieur à la norme prudentielle de 3 %. La présentation de la BCEAO y reviendra.
Par ailleurs, avec la loi n° 2025-04 du 19 février 2025 portant réglementation de la microfinance, qui vise un secteur plus solide, plus transparent et plus sûr, l'État attend encore des institutions de microfinance un effort réel de mise en conformité. C'est pourquoi, en collaboration avec l'APIM-Sénégal et les organes de supervision, mon département a engagé plusieurs chantiers pour accompagner les IMF dans l'appropriation de ce nouveau cadre juridique.
Mesdames et Messieurs,
Vous n’ignorez pas que dans le même temps, l'environnement mondial du financement a changé. Les subventions et les lignes de crédit bonifiées se raréfient, l’accès aux ressources longues se heurte toujours à de lourdes contraintes juridiques et économiques, et la viabilité financière devient une condition de survie.
Les institutions de microfinance sont pourtant de plus en plus sollicitées pour accompagner la transition climatique et environnementale de leurs membres : agriculture résiliente, énergies renouvelables décentralisées, gestion durable des ressources naturelles.
Fort heureusement, de nouveaux instruments sont en train d’émerger : finance verte et climatique, obligations sociales et durables, garanties partielles de portefeuille, refinancement local. Ils restent encore trop peu mobilisés par nos institutions, faute de taxonomie clairement établie, de capacités techniques suffisantes et de dispositifs de refinancement adaptés à leur taille.
C'est tout le sens du thème de cette session : « La microfinance face aux défis de la mobilisation du financement durable ».
Il s'agit de sécuriser des ressources stables, diversifiées et adaptées, et de concilier la mission sociale d'inclusion financière avec la viabilité économique à long terme tout en restant dans le respect de la protection de l’environnement.
Mesdames et Messieurs,
Face à ces défis, le Gouvernement n'est pas resté les bras croisés. Sous l'impulsion de son SEM Bassirou Diomaye Diakhar FAYE et avec la Coordination du Premier Ministre Ahmadou Alaminou LO, mon département a engagé une action structurée dont je voudrais rappeler les principaux axes.
Notre feuille de route repose sur la Stratégie de Finance Ciblée, adoptée en Conseil des ministres le 18 décembre 2024. Sa déclinaison opérationnelle est le Pacte pour l'Inclusion Financière Universelle, le PACTIFU, signé avec l'APIM-Sénégal et lancé en partenariat avec les IMF qui ont accepté de signer avec les instruments du Ministère (FONAMIF, PLASEPRI, PROGRESS, FAESS) des conventions spécifiques.
Le PACTIFU vise à renforcer la protection des membres et des clients, améliorer la gouvernance des institutions et la culture financière, promouvoir la transparence et les pratiques responsables, et faciliter l'accès au financement pour les activités productives.
Ce financement passe par les institutions de microfinance, avec une priorité aux projets à fort impact social dans l'agriculture, la pêche, l'élevage et la transformation des produits locaux. Il est donc un levier de création d'emplois et de réduction de la pauvreté dans nos territoires, et il place les IMF au centre du dispositif.
Le PACTIFU se traduit déjà par des réalisations concrètes, avec près de 12 milliards de francs CFA mobilisés en quelques mois. C’est le lieu de saluer le FONGIP et la CDMP SA, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, qui ont bien voulu adhérer au PACTIFU à travers la mise à disposition de lignes de garantie et de refinancement de plus de 3 milliards de FCFA au profit des IMF. Ceci montre qu'une coordination réelle entre structures publiques produit des résultats.
Mesdames et Messieurs, chers partenaires techniques et financiers,
Permettez-moi maintenant de m'adresser plus particulièrement à vous. Le Gouvernement du Sénégal mesure et salue l'engagement des partenaires techniques et financiers aux côtés de la microfinance. Vos appuis ont contribué à bâtir un secteur dynamique, et nous comptons sur vous pour continuer.
Je voudrais toutefois attirer votre attention sur un point essentiel : la nécessité, pour toute intervention dans le secteur, de se référer au préalable aux structures publiques de l'État, et en premier lieu au Ministère de la Microfinance et de l'Économie sociale et solidaire, ainsi qu'aux autres structures publiques compétentes.
Cette démarche n'est pas une contrainte administrative. Elle garantit l'alignement de vos interventions sur les politiques publiques et sur les priorités nationales. Elle permet aussi d'éviter les duplications, de corriger les déséquilibres et d'assurer la cohérence de l'action de tous les acteurs, dans le respect du principe d'appropriation nationale de nos politiques de développement.
À l'heure où les ressources se raréfient, la coordination est un impératif d'efficacité, car chaque franc mobilisé doit produire un impact réel au bénéfice de nos populations, en particulier des femmes, des jeunes et des acteurs des zones rurales. Je vous invite donc à inscrire systématiquement vos initiatives dans le dialogue avec l'État, dès la conception des projets et des programmes, et à privilégier, chaque fois que cela est pertinent, les instruments nationaux pour acheminer vos ressources vers les IMF. Vous trouverez auprès de mon département une écoute attentive et une disponibilité totale.
Mesdames et Messieurs,
À vous, dirigeants des institutions de microfinance, je dis que l'avenir du secteur dépendra de votre capacité à diversifier vos sources de financement, à intégrer les critères de durabilité environnementale et sociale dans vos stratégies, à renforcer votre gouvernance et à assainir vos portefeuilles. Le Gouvernement, pour sa part, poursuivra la consolidation d'un environnement propice, réglementaire comme institutionnel, pour accompagner cette transformation.
Le programme de cette journée est à la mesure de cette ambition. Après la présentation du bilan sectoriel par la Direction nationale de la BCEAO, nous aborderons la mobilisation du financement durable et la taxonomie. Deux panels suivront, l'un sur la structuration et la gestion du crédit vert, l'autre sur l'accès aux fonds de garantie et aux lignes de refinancement climatique. J'invite chacun d'entre vous à y participer activement.
Ce que j'attends de cette session, c'est une feuille de route claire et des recommandations opérationnelles, assorties d'un chronogramme de mise en œuvre.
Je ne saurais terminer sans remercier une fois encore l'ensemble des organisateurs, ainsi que les panélistes et modérateurs qui ont accepté de partager leur expertise avec nous aujourd'hui.
Je vous souhaite des travaux fructueux et déclare ouverte la 30ème session du Comité national de coordination des activités de microfinance.
Je vous remercie de votre aimable attention.

Discours du Docteur Alioune DIONE
Ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire financière
30ème session du Comité national de coordination des activités de microfinance (CNC)
Thème : « La microfinance face aux défis de la mobilisation du financement durable »
Dakar, Noom Hôtel, jeudi 1er octobre 2026


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