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48h sans eau dans des quartiers de Biscuiterie: Le calvaire des habitants de Cité Bissap, Montagne et Usine Bène Tally

Depuis avant-hier, lundi 20 décembre 2021, certains quartiers de Dakar comme Cité Bissap, Usine Bène Tally, Montagne sont frappés par une pénurie d’eau. Une difficulté que rencontrent ces quartiers dont les habitants sont obligés d’aller vers les HLM pour avoir de l’eau. Des nuits perturbées, des récipients vides et une inquiétude sans nom, c’est le calvaire que vivent ces populations depuis 48 heures.


Rédigé par leral.net le Mercredi 22 Décembre 2021 à 16:42 | | 1 commentaire(s)|

48h sans eau dans des quartiers de Biscuiterie: Le calvaire des habitants de Cité Bissap, Montagne et Usine Bène Tally
Une pénurie d’eau secoue encore plusieurs quartiers de la commune de Biscuiterie, notamment Bène Tally, Cité Bissap et Montagne. Cela fait deux jours que les populations des localités de Dakar subissent les caprices de l’eau qui ne coule plus des robinets. Cette situation affecte plusieurs habitants qui sont obligés de rallier les HLM à la recherche du liquide précieux.

Les principaux concernés se désolent de la situation qui commence à semer l’inquiétude dans les maisons. Dans ces zones, des robinets à sec, des bassines vides par-ci, par-là et des bouteilles vides, campent le décor dans les maisons. La situation perturbe le sommeil de ces habitants qui se réveillent au beau milieu de la nuit, espérant le retour de l’eau.

Fatou Fall dit avoir veillé pour ne pas manquer l’arrivée de l’eau. «Depuis deux jours, je ne dors plus normalement. Et hier, j’ai veillé jusqu’à tard, en espérant avoir une bassine d’eau, mais rien. Ce n’est pas la première fois que nous vivons cette situation car, il fut un temps ou cela a duré des mois et nous étions obligés de nous crêper le chignon pour avoir de l’eau avec les citernes qui faisaient deux passages dans la journée pour distribuer de l’eau», explique-t-elle.

Selon Ndèye Khady Paye, la situation devient pesante car, dit-elle, «cela devient vraiment inquiétant. Deux jours sans eau ! Et comme vous pouvez le constater, elle n’est pas encore de retour. Je me suis réveillée deux fois vers 3h du matin pour vérifier, mais il n’y avait aucune goutte», lâche-t-elle. Elle espère que ce calvaire ne va pas durer comme la dernière fois, car la situation deviendra alors catastrophique.

Chez Bigué Diop, toutes les bouteilles de réserves sont vides, ainsi que les fûts. Bassines et seaux à côté, elle est prête à aller à l’école Ouagou Niayes Lion pour puiser de l’eau et préparer le repas. «Je n’ai pas le choix, je suis obligée d’aller chercher de l’eau sinon je n’aurai même pas de quoi boire ni de quoi utiliser pour préparer le repas. Là, j’ai épuisé mes réserves. Je n’ai pas fermé l’œil la nuit et c’est fatiguant d’aller de maison en maison ou à l’école Lion pour puiser de l’eau».

Dans les rues des quartiers concernés, femmes, hommes et enfants, tenant des bouteilles de 20 ou 10 litres ou des bassines, convergent vers les HLM ou d’autres secteurs, pour «quémander» de l’eau. Une bouteille de 10 litres à la main, Abdourahmane Bâ, la cinquantaine, n’a pas pu trouver mieux que d’acheter cette eau minérale pour avoir quoi boire. «Ma femme avait des réserves ; mais cette eau, on ne peut l’utiliser que pour les toilettes ou autres. Donc j’ai acheté cette bouteille d’eau de 10 litres pour nous désaltérer. On peut tout supporter, mais personne ne peut résister à la pénurie d’eau. On fait tout avec de l’eau; c’est pour cela qu’elle est indispensable», fait-il savoir.

Avant d’ajouter: «je suis âgé et je ne peux pas aller chercher de l’eau dans les quartiers voisins, comme le font certains, d’autant que parfois, des gens vous humilient ou vous éconduisent, en vous disant qu’ils n’ont pas de l’eau à offrir car les factures sont chères et qu’ils n’y aura personne pour payer à leur place».

Trempée jusqu’au coup, à cause de la bassine d’eau sur la tête qui valse dans tous les sens, Katy Mbaye partage les propos de Abdourahmane. «Il ne doit pas y avoir une pénurie d’eau ici, à Dakar. Car, à chaque fois qu’il y a ce genre de situations, tu es obligé de faire des porte-à-porte pour espérer trouver le minimum pour les besoins essentiels. Mais des propriétaires des maisons qui ne sont pas affectées par le manque d’eau, te parlent mal ou ils te claquent la porte aux nez. C’est vraiment humiliant car, tout à l’heure, la fille avec qui j’étais, a subi le même sort», confie Katy, avant de bien renouer son pagne pour un autre périple à la recherche du liquide précieux.



Sud Quotidien

Ndèye Fatou Kébé

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