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A CŒUR OUVERT AVEC… DR BACAR DIA, ANCIEN MINISTRE : «Wade est plus un homme de gauche que de droite»

Comme à son habitude, le Dr Bacar Dia est resté «offensif», tel le budoka qu’il est. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, quasiment le premier depuis sa sortie du gouvernement, l’ancien ministre de l’Information et ex-ministre des Sports revient sur son long silence, son séjour dans le gouvernement, la question de l’énergie, l’environnement, l’opposition et la prochaine présidentielle. Sans langue de bois, l’ex-ministre, leader du Front Populaire (Fp) et membre de l’Alliance Sopi pour Toujours (Ast), qui vient de passer un Master II en Droit international et comparé de l’environnement a répondu à toutes nos questions. Premier jet de l’entretien exclusif avec le Dr Bacar Dia…


Rédigé par leral.net le Vendredi 12 Novembre 2010 à 02:10 | | 6 commentaire(s)|

A CŒUR OUVERT AVEC… DR BACAR DIA, ANCIEN MINISTRE : «Wade est plus un homme de gauche que de droite»
Long silence de l’ancien porte-parole du gouvernement…

Silence ? Oui et non ! Pour l’ancien ministre de l’Information que je suis, le silence est une forme de communication. Vous voyez que je continue à communiquer à ma manière. Parfois, le silence est plus expressif que n’importe quel discours. Peut-être qu’on était habitué à voir le Dr Dia, le sportif, en action. Et cet esprit sportif m’accompagne partout, que ce soit dans l’action gouvernementale ou dans le travail que je fais aujourd’hui. Ça semble souvent donner trop d’énergie, trop d’engagement, mais lorsque la situation ne l’exige pas, je sais rester calme, rester serein, voir venir et anticiper sur certaines choses.

J’ai fait ce travail pendant 4 à 5 ans et j’ai poussé l’adversaire jusque dans ses derniers retranchements. Vous vous souvenez certainement que je m’amusais bien avec Ousmane Tanor Dieng –que j’aime bien en passant–, qui symbolisait la défaite du Parti socialiste, qui symbolisait dans la conscience populaire la faillite du Ps, la Sotrac à genoux, des infrastructures de mauvaise qualité etc. Il fallait identifier tout cela à une personne et Ousmane était la mieux placée pour cela. Il est vrai, je tirais régulièrement sur lui. C’était une bonne chose ou pas ? Je ne sais pas, mais je l’ai fait pendant quatre ans et demi. Nous avons cherché à rendre visible les réalisations du gouvernement à travers les caravanes de communication, à pousser les ministres à beaucoup communiquer à travers les grands débats de l’info. Et je suis fier de dire, aujourd’hui, que j’ai participé, très modestement, à la victoire de notre camp, en 2007. C’est cela que je retiens. Il est vrai que quand on porte la parole d’un gouvernement, on est applaudi par ce gouvernement et ses alliés, mais on est aussi attaqué par ses adversaires et on l’assume.

Longue absence du pays et de la scène politique…

C’est vrai que j’étais souvent absent du pays et de la scène politique, parce que je finalisais beaucoup de choses. Je suis docteur en médecine, je travaille dans mon cabinet, mais j’ai toujours été un passionné de l’environnement. C’est pour moi l’expression achevée de la dimension internationale de mon combat. Se battre pour l’environnement, c’est engager un combat mondial. Donc, très intéressé par ces questions, je finalisais un Master II en Droit international et comparé de l’environnement et j’ai travaillé sur les principes de précaution à l’épreuve du productivisme, pour un peu mettre en exergue l’ensemble de ces ravages, de ces dégâts, du point de vue de l’atteinte contre l’environnement lié au productivisme sauvage, au capitalisme qui ne réfléchit pas. Je vous donne l’exemple de la marrée noire du golfe du Mexique ou l’accident de Tchernobyl, qui touchera des générations et des générations. La conclusion que j’en tire, c’est que le monde et l’environnement ne nous appartiennent pas, ils appartiennent aux générations futures et que nous avons pour devoir de les préserver. C’est cela que j’étais allé approfondir.

Séjour dans le gouvernement…

Quand je parle de mon séjour dans le gouvernement, je ne fais jamais comme les autres. Moi, je rends grâce à Dieu et je remercie infiniment le président Abdoulaye Wade qui m’a permis de contribuer à améliorer un peu la vie des Sénégalais. Je remercie le président Wade qui a compris, peut-être plus que son parti, la nécessité de dépasser les clivages idéologiques droite/gauche. Moi, je suis un homme de gauche, un militant du Front Populaire et j’ai un passé politique qui est souvent différent de celui des libéraux classiques. Et sil y en a qui se disent libéraux classiques, amis ou compagnons des premières heures du président Wade, dont ils se réclamaient de la proximité et que les autres doivent s’éloigner, je suis formel pour dire que ce n’est pas l’avis du président.

Wade transcende les considérations idéologiques. Wade, du point de vue de sa démarche, est plus un homme de gauche qu’un homme de droite. On ne peut pas passer six ans et demi dans un gouvernement et se retourner pour attaquer ce même gouvernement. Je ne suis pas d’accord avec une telle démarche et je dis que ceux qui le font ne comprennent pas que les Sénégalais sont assez matures et ont un esprit de discernement. Moi, je veux être un homme cohérent, un homme juste. Si Abdoulaye Wade n’était pas un bon chef d’Etat, si Abdoulaye Wade n’avait pas un bon engagement pour le Sénégal, moi je suis un homme libre et je ne serais pas resté dans son gouvernement pendant six ans et demi. C’est injuste, ce n’est pas sérieux et ce n’est pas l’attitude d’un homme d’Etat que de se renier, parce qu’on n’est plus ministre. La fonction ministérielle est plutôt un sacerdoce, une contrainte.

Je ne suis plus ministre, mais je continue mon travail parce que j’ai une profession, tout en restant dans la coalition constitué autour du président. Je demeure convaincu que Me Wade a fait de très bonnes choses dans ce pays. Ceux qui ont travaillé avec lui pendant six ou sept ans, qui peut-être lui doivent toute leur ascension, qui n’ont connu que le Pds, qui ont été promus directeur général, ministre, ministre d’Etat, Premier ministre et président de l’Assemblée nationale et qui, aujourd’hui, l’attaquent de façon violente au point même de prôner la violence, moi, je ne les comprend pas. C’est pourquoi je crois qu’il y a un minimum de loyauté, un minimum de décence… Les Sénégalais ne sont pas fous. J’aurais tenu un langage différent de celui que je tiens maintenant, ils diraient que je suis un calculateur, un aigri, un frustré. Il n’ests pas bon, également, d’être aux côtés du président pour lui dire celui-ci n’est pas bon, celui-là est contre toi. Malheureusement, il y en a qui le font et ce n’est pas aider le président. Moi, je suis pour une démarche équilibrée.

C’est sous la direction du chef de l’Etat que j’ai d’abord été nommé ministre chargé des relations avec les Institutions et de l’Union africaine, et je crois que cela a été une bonne porte d’entrée, qui m’a permis de siéger dans les plénières, de beaucoup apprendre auprès des députés, avant d’être nommé ministre de l’Information, porte-parole du gouvernement. Et là, je dois préciser que c’est Wade et seulement Wade qui a permis la libéralisation de l’audiovisuel. On dit que ne n’est pas le fait du prince, c’est une mauvaise manière de réfléchir, car il faut voir la place de l’homme dans l’histoire, et Wade a une place centrale dans le processus de libéralisation de l’audiovisuel au Sénégal. A part la RTS, qui fait un bon travail, c’est avec lui qu’on a connu la 2STV, Canal Infos, RDV, Walf TV et la Tfm.
J’ai vu des hommes qui sont aujourd’hui dans l’opposition et qui étaient à mes côtés, ont formaté ce projet de l’audiovisuel. Il y en a même qui, à un certain moment, m’ont demandé de fermer certaine radios, parce que c’était des radios de Bathily, notamment celle qui se trouve chez lui à Bakel. J’ai refusé… Le président Wade ne m’a jamais donné de telles instructions. Si ceux-là veulent parler aujourd’hui de libertés démocratiques, je dis non ! Le passage à l’opposition ne donne pas droit à un certificat de virginité. Il faut que ces gens-là sachent raison garder, il faut qu’ils arrêtent… Le deuxième élément qui me semble le plus important, il faut qu’ils arrêtent les appels à la violence.

Autre chose qui m’a marqué, mon passage au Ministère des Sports. Pour développer les sports, il faut développer les infrastructures et la formation. Un des projets importants du président de la République, c’était le projet de reconstruction de 11 stades négocié par le chef de l’Etat avec la République de Chine. Le président Wade a signé ce projet, lui-même, et m’a instruit d’en surveiller la matérialisation. Qu’on ne s’y trompe pas : un ministre ne doit pas revendiquer la paternité d’un projet, car il ne fait qu’appliquer les directives du chef de l’Etat.

Il y a eu, également, le projet du président pour la boxe, avec l’implantation de rings dans les régions, mais surtout la journée des champions, au cours de laquelle le président recevait l’ensemble des médaillés sénégalais de l’année. Et c’est là qu’on s’est rendu compte que le Sénégal regorge de champions d’Afrique et du monde. Pour moi, un titre de champion a la même valeur, quelle que soit la discipline. Je suis pour l’équité et, hélas, cela m’a valu ce que cela a valu. Quand des hommes et des femmes ramènent une médaille, quand ils font retentir l’hymne national, quelle que soit la fédération, la discipline, ils ont droit aux mêmes honneurs. Et comme le chef de l’Etat ne peut pas les recevoir individuellement, cette journée des champions était le podium idéal. Que devient-elle, je ne sais pas…
Hélas, le problème des ministres des Sports, c’est l’étroitesse du budget de ce département. Au sport, lorsque les jeunes n’ont pas les moyens de participer à un tournoi, ils viennent vous assaillir dans votre bureau. Vous vous imaginez, quand vous avez 47 fédérations comme ça à gérer ? C’est ce qui fait qu’on change de ministre des Sports, presque tous les ans. Puisqu’il n’a pu satisfaire que sept fédérations, 40 autres se dressent contre lui et on finira par penser que le ministre est impopulaire ou n’est pas aimé du milieu. Et on le change…

Déficit énergétique…

On a d’abord un héritage très lourd, mais ça ne justifie rien. Ça permet, cependant, de comprendre. Depuis la période coloniale, dans plusieurs pays africains, il n’y a pas eu de renouvellement du parc des centrales et le matériel est vétuste. Même des pays producteurs de pétrole, comme la Guinée-équatoriale et le Nigeria connaissent des problèmes de délestage. Le Sénégal est un pays où les populations sont mûres et où la pression est très forte. Donc, il ne faut pas leur dire que c’est l’héritage du colonialisme. Il faut des solutions et je pense que l’actuel ministre de l’Energie a pris la pleine mesure de ses responsabilités. Il est dans un département très sensible, très conflictuel.

Contrairement à ceux qui pensent qu’il est gâté, qu’on lui donne tout. Quelles que soient les solutions que j’ai, je donnerai difficilement à mon fils, vues les conditions actuelles, le ministère de l’Energie où les gens descendent dans la rue pour brûler des pneus. Je crois que cela est une volonté du président de dire : «c’est vrai, c’est mon fils, mais je le traite comme tout le monde, il n’a qu’à se mettre à l’épreuve». Ce ministère-là, beaucoup qui sont dans l’actuel gouvernement refuseraient à le prendre. Il doit donc régler le problème car, s’il ne le règle pas, cela pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour notre combat pour 2012.

Passionné des questions d’énergie, je voudrais profiter de cette tribune pour faire une proposition. Du point de vue institutionnel, il faut regrouper toutes les sources d’énergie possibles au sein d’un même ministère. Il faut également développer les énergies propres, notamment éoliennes, solaires et les biocarburants, qui préservent l’environnement. Prenons l’exemple de l’énergie solaire, qui intègre le développement durable. En Allemagne, où il n’y a pas beaucoup de soleil, ils ont l’ambition de faire en sorte que dans 10 à 15 ans, que 20% de la consommation provienne du solaire. Si en Allemagne ont peut le faire, cela est encore plus viable en Afrique, où nous avons du soleil durant toute l’année.

La Présidentielle de 2012

Le débat sur la constitutionnalité de la candidature de Me Wade, les gens disent que c’est de bonne guerre, mais moi j’affirme que c’est de mauvaise guerre, puisqu’il y a une institution habilitée à gérer cette question. Je constate que l’opposition refuse de nous tirer sur le bilan de notre candidat, qui est extrêmement positif. L’opposition cherche toujours à agiter des questions qui ternissent l’image de notre candidat et de notre mouvance. Mon intime conviction est qu’en politique, il faut réaliser des choses et en réaliser énormément, ensuite les rendre visibles. Il faut se battre pour que les populations aient une perception positive de votre action. Et les réalisations de Me Wade plaident beaucoup en sa faveur pour sa réélection au premier tour.

A suivre

ENTRETIEN REALISE PAR SERIGNE MOUR DIOP rewmi.com

(Plus d'informations demain sur leral .net)


1.Posté par boy hlm le 12/11/2010 08:19 | Alerter
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grang bay sa wéwou tang , tu peut pas collecter 10 voix dans ton propre quartier à hlm leona saint-louis.Et puis ton leader est à la fin de son regne,te connaissant je jure que tu vas changer de casquette.RV : apres 2012

2.Posté par aziz le 12/11/2010 11:52 | Alerter
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bacar dia amo beeennn foula ak fayda

3.Posté par mamy le 12/11/2010 12:17 | Alerter
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Boy HLM il faut pas être Jaloux.Mr DIA s'est battu pour avoir des diplomes et une fonction il ne sera jamais au chaumage.Boul nek gooru Ndar!!!!

4.Posté par leréveil le 12/11/2010 12:28 | Alerter
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Je me rappelle toujors le jour où Bacar Dia a porté son kimono à la télé pour montrer qu'il pouvait fracasser Idrissa SECK. C'était un peu comme Pape Diouf ministre de l'agriculture et Fada de parents bien sûr paysans portaient leur chapeau je ne sais pour faire allusion à quoi?

5.Posté par lato le 12/11/2010 13:14 | Alerter
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Pour info,aujourdhui bacar dia peut remercier wade de l'avoir promu linistre mais au fait s'il était franc et courageux il allait remercier d'abord celui par qui il est passé ,celui qu'il est allé voir chez des jours durant qui li avait promis de faire quelque chose pour lui et qui finalement l'a mis ds l'oeil du president;je veux dire idrissa seck

6.Posté par niit le 12/11/2010 13:55 | Alerter
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Il a été docteur a l'université gaston berger! Pouff moi en tout cas je ne l'ai jamais vu, il était toujours en campagne! Et dire qu'il était payé pour sa fonction!!! Sénégal mo nekh et d'ailleurs il a raison d'avoir son cabinet car il ne faudrait pas qu'il ajoute des victimes et pense qu'il respectera au moins son cabinet.

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