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Abdoulaye Diagne, gérant de Walo Consulting : "Ce que je pense du PSE... Le développement passe par l'agriculture"

Walo Consulting est un cabinet créé en 2012 et basé au Sénégal. A l’origine, cette structure s’occupait de l’assistance comptable et de la surveillance financière des groupements agricoles qui sont dans la vallée du fleuve Sénégal. Elle les accompagnait pour les déclarations comptable et fiscale. Aujourd’hui, elle s’est développée pour mettre en place des projets assez innovants dans le delta au profit des jeunes diplômés sans emploi. Dans un entretien accordé à Leral.net, Abdoulaye Diagne, gérant de Walo Consulting, est revenu sur les ambitions de son entreprise, ses différents partenaires et insiste sur l’importance du développement de l’agriculture pour un Sénégal émergent.


Rédigé par leral.net le Mardi 8 Avril 2014 à 14:49 | | 2 commentaire(s)|

Abdoulaye Diagne de Walo Consulting avec le secrétaire général de l'IAM
Abdoulaye Diagne de Walo Consulting avec le secrétaire général de l'IAM
Pourquoi voulez-vous donner une nouvelle orientation à Walo Consulting ?

C’est juste un prolongement parce que nous pensons que la vallée du fleuve doit être le grenier du Sénégal. Nous avons beaucoup d’activités qui se mettent en place, des agrobusiness qui se développent et qui écrasent un peu les exploitations familiales. Nous, on s’est dit qu’il faudra développer des projets agricoles. Puisque le chômage des jeunes est une problématique assez criarde, nous avons eu l’idée de lancer un projet orienté dans la vallée tout en faisant participer les jeunes.

Vous avez signé un partenariat avec l’Institut africain de management. Pourquoi avez-vous décidé de travailler avec cette école ?

L’IAM a mis en place ce qu’on appelle un incubateur, IAM business lab, qui reprend les étudiants qui sont sortis de l’école ou même des étudiants en cours de formation pour les former au montage de projets. Le partenariat consiste à verser les étudiants dans la vallée pour une séance d’immersion. Pendant quatre mois, les étudiants vont être en contact permanent avec l’agrobusiness pour comprendre les techniques culturales. Nous avons signé ce partenariat pour aller chercher des fonds auprès d’autres partenariats.

Walo Consulting a un projet ambitieux. Comment comptez-vous le financer ?

On parle de start up agricoles. Nous allons mettre en place cinq start up agricoles au mois de juillet prochain. On part d’un financement innovant qu’on appelle crash funding qui n’est malheureusement pas très développé dans notre pays. Mais nous avons le réceptacle de ce type de financement dans nos habitudes de tous les jours. Nous avons pensé que ce type de financement va être adapté à notre projet.

Expliquez-nous ce qu'est le crash funding.

Le crash funding consiste à mettre en place un site internet sur lequel nous allons poster les projets. Nous espérons capter le financement international à travers des contributions et des dons. Il y a une présentation du projet des jeunes et du coût de ce projet sur support visuel. Ceux qui souhaitent financer le projet vont pouvoir faire des contributions. Ils peuvent donner dix mille, vingt mille… jusqu’à ce qu’on atteigne l’enveloppe. Si on n’obtient pas l’enveloppe, on reporte sur l’autre campagne. Nous avons adopté ce type de financement parce que nous savons que le financement classique n’est pas très accessible. Déjà au Sénégal, vous avez des jeunes porteurs de projets qui ont du mal à accéder au financement bancaire. Nous avons voulu mettre en place un financement beaucoup plus innovant, un financement participatif qui me semble assez adapté à nos réalités culturelles.

Vous avez signé avec l’IAM. Ciblez-vous d’autres structures avec lesquelles vous voulez nouer un partenariat ?

Nous avons contacté l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (ANIDA). Le directeur de cette structure va animer une conférence dans la semaine, à l’IAM, pour tâter le pouls, pour voir un peu l’ambition de notre projet. Et je suis convaincu qu’avec la demande de parrainage qu’on a adressée à cette agence de l’Etat, celle-ci va nous accompagner au niveau de l’aménagement des périmètres destinés aux jeunes dans la vallée. Nous avons aussi contacté la Banque nationale de développement économique (BNDE) qui est une structure qui a été mise en place par le nouveau gouvernement pour soutenir les porteurs de projets et qui ont des difficultés de produire des garanties. Quand je m'en suis ouvert au directeur du BNDE, il était très enthousiaste et il nous a demandé de revenir vers lui pour probablement signer un contrat assez intéressant. Il y a de l’engouement derrière parce qu’il y a des jeunes qui sont dans la vallée en immersion et, au mois de juillet prochain, nous allons mettre en place les cinq start up. Puis, nous allons chercher des financements pour l’été prochain.

Vous envisagez aussi de travailler avec Leral.net…

Oui ! Je connais bien le directeur général de Leral.net qui est un jeune dynamique. Quand je lui ai parlé du projet, il n’a pas hésité à nous donner un coup de main. Il nous a promis de mettre en ligne tous les projets de ces jeunes pour avoir un tracking assez intéressant. En termes d’audience, tout le monde sait que Leral.net est très suivi aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger. Le site va nous permettre de mobiliser la Diaspora et d’aider les jeunes à monter leurs premiers projets au niveau de la vallée.

Les autorités appellent au retour vers l’agriculture. Pensez-vous que le développement de ce secteur est indispensable pour un Sénégal émergent ?

On parle présentement d’émergence avec le Plan Sénégal émergent (PSE). Je souhaite beaucoup de succès au Président Macky Sall pour cette belle initiative. Le PSE vient à son heure puisqu’il permet de sensibiliser les jeunes sur l’intérêt de l’agriculture. On ne peut pas se développer sans développer notre agriculture. Si les jeunes diplômés sans emploi sont attirés dans le delta avec un projet de cette envergure, je suis convaincu que nous aurons fait la moitié du chemin. Il suffit tout simplement de standardiser tout ça pour développer des initiatives intéressantes dans la vallée et permettre aux jeunes de disposer de revenus assez conséquents.




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