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Abou Abel Thiam : "Les fruits commencent à tenir la promesse des fleurs"

Dans les médias et sur le terrain politique, il est au front de tous les combats de Macky Sall: Primature, Assemblée nationale, opposition, et aujourd'hui le pouvoir.Conseiller en communication, puis conseiller spécial porte-parole du Chef de l'Etat, le journaliste Abou Abel Thiam se consacre maintenant à ses nouvelles tâches de Président du Collège de l'Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP). Témoin privilégié du parcours de Macky Sall, il accepté de se prêter à nos questions, à l'occasion du deuxième anniversaire de l'accession au pouvoir du chef de file de l'Alliance Pour la République (APR).


Rédigé par leral.net le Mercredi 26 Mars 2014 à 10:48 | | 0 commentaire(s)|

Abou Abel Thiam : "Les fruits commencent à tenir la promesse des fleurs"
Vous êtes engagé aux côtés de Macky Sall depuis son passage à la primature, puis dans son combat politique contre Abdoulaye Wade. Commet le journaliste que vous êtes perçoit-il son bilan après deux ans de pouvoir?

Le citoyen, le journaliste et le militant se confondent dans ma modeste personne pour dire la fierté que j'éprouve à constater les réalisations du Président Macky Sall, au regard de ses engagements politiques qu'il a tenus , des réponses qu'il a apportées aux diverses demandes, depuis que nos compatriotes ont porté leur choix sur sa personne, en validant son programme politique, le Yoonu Yokute, par le vote massif en sa faveur le 25 mars 2012. Le bilan est largement positif, vu l'ampleur de la tâche, la faiblesse des moyens, la brièveté de la séquence et les réalisations faites.
Macky Sall à hérité d'un pays à faibles moyens, aux maigres ressources dilapidées par la précédent régime. La fourniture d'électricité était quasiment rationnée comme dans des pays sinistrés ou en guerre, les inondations faisaient des dégâts énormes, l'argent public était dépensé inconsidérément pour le prestige personnel du président d'alors, le Trésor public était objet de braquage institutionnalisé, nos relations avec les pays étrangers étaient devenues exécrables... Le meilleur bilan de ce régime avait été tiré par Abdoulaye Wade lui-même, en ces termes : "mon successeur ne pourra pas payer les salaires des fonctionnaires au bout de quelques mois"... Eh bien, non seulement le Président Sall paye les salaires, mais il a augmenté les salaires et les salariés.

Ce n'est pas peu comme bilan ?

Je ne suis qu'au début de mon énumération ! La réalisation qui m'a le plus marqué, c'est la reprise correcte et régulière de la fourniture d'électricité aux ménages et aux entreprises. Les délestages sont devenus un vieux souvenir, en 24 mois. S'Y ajoutent, en ce laps de temps: la baisse du prix des denrées alimentaires , les bourses sociales aux couches les plus démunies sans une seule critique liée à cette opération, la baisse du coût du loyer, les recrutements dans la Fonction publique...
Une autre réalisation, immatérielle celle-là, c'est le nouveau rapport à la gestion de l'argent publique instauré par le Président Sall, certainement le seul au monde à réduire son mandat présidentiel alors qu'ailleurs l'on multiplie les alchimies constitutionnelles pour le rallonger. Le chef de l' État a ainsi
ré-instauré et rétabli le principe de la responsabilité: qui gère rend compte ! L'impunité qui était de rigueur fait place à un rapport sain à la chose publique, au bien public. Et il en est ainsi des anciens responsables comme des nouveaux, d'où la réactivation de la Cour de répression de l'enrichissement illicite, que l'on pourrait appeler la cour de restauration des vertus républicaines, mais aussi l 'OFNAC.
Il reste beaucoup à faire, c'est même un euphémisme de le dire, mais l'on doit à la vérité d'admettre, quelque soit son bord politique, que le pays a été remis sur les rails, que la locomotive s'est ébranlée sur la bonne voie et que la marche du pays vers l émergence est engagée. Les fruits commencent à répondre a la promesse des fleurs. Les meilleurs témoins de cet etat de fait, ce sont les Sénégalais qui manifestent un grand attachement au président Sall, comme ils l'ont fait lors de son immersion en Casamance, mais aussi les partenaires étrangers qui ont réservé un si grand accueil au Plan Sénégal Émergent récemment à Paris...
-Si tout cela est vrai, l'on remarque, parallèlement, que le dossier de la traque des biens mal acquis semble être dans l'impasse...
-Non. Il ne s'agit point d'impasse mais de marche sereine d'une justice indépendante qui chemine hors de portée des pressions et du calendrier médiatique. Si tout avait été bâclé, ce serait au risque d'une violation des droits de la défense ou ceux de la société . À contrario, cette supposée lenteur est la preuve qu' il ne s agit pas d'un dossier dans lequel le pouvoir ferait condamner à tord et à travers des adversaires politiques.Laissons les choses se poursuivre tranquillement, dans la sérénité requise, dans le respect des droits des parties et dans la sauvegarde des intérêts des Sénégalais.
Retenons que le chantier de la reddition des comptes publics n'est pas une lubie du Président Macky Sall, et qu'il ne l'a pas commencé à son accession au pouvoir. Étant Président de l'Assemblée nationale, il avait annoncé la couleur en demandant à Karim Wade de venir s'expliquer sur les comptes de l'Anoci. Cet acte est d'ailleurs le marqueur fondamental de son action politique, celui qui l'a révélé aux Sénégalais qui ont découvert en lui un homme d'Etat soucieux de la préservation du bien public.

Votre parti prône la rupture, et pourtant il se manifeste par des actes de violences que les Sénégalais condamnent.

L'Alliance Pour la République se caractérise surtout par sa précocité. C'est un parti politique qui a porté son leader au pouvoir en moins de quatre années d'existence. C'est-là une prouesse digne des records Guiness, mais qui ne va sans revers, sans contrecoups. Le basculement qui consiste en un passage de l'opposition au pouvoir, le coefficient personnel de son leader et les résultats auxquels il parvient depuis deux ans font que son attractivité est devenue très grande. Ce qui se traduit par un flux important de nouveaux adhérents qui viennent rejoindre les rangs des pionniers. Des légitimités se télescopent et la situation est rendue plus compliquée par le défaut de structuration de l'Apr. L'on assiste ainsi à des heurts d'ambitions, surtout en cette période pré- électorale. Ceci explique, mais ne légitime pas la violence qui est à bannir. Tout parti politique a le devoir impérieux de donner le bon exemple, et ce principe s'applique avec plus de rigueur au parti au pouvoir. Cela dit, le Président Sall a pris la bonne mesure, et je ne doute pas que son appel lancé lors de notre dernière réunion de directoire à été entendu.

L'emploi, surtout celui des jeunes, reste le talon d'Achille du pouvoir...

Certes. D'ailleurs je ne connais pas de pays, hormis quelques rares monarchies pétrolières, qui ne connaisse pas de problèmes d'emploi des jeunes. N'omettons pas que nous sommes un pays pauvre, et qu'au surplus, l'Etat a moins vocation à créer des emplois qu'à instaurer les conditions de création d'emplois. Le pouvoir du Président Sall fait les deux. Des milliers d'emplois ont été créés dans la Fonction publique ou dans le domaine de la sécurité. Des programmes sont en cours, comme le FONGIP et FONSIS, qui vont démultiplier les niches ça créations d'emplois.

En deux ans, Macky Sall a nommé deux Premiers ministres. Ses rapports avec Aminata Touré se sont-ils apaisés ?

Il n'y a de rapports entre le Président de la République et le Premier ministre que ceux d'un patron avec son premier collaborateur, l'un n'étant là que par la volonté de l'autre. Tant qu'un Premier ministre est en poste, c'est qu'il bénéficie de la confiance du Président. À la minute où cela cesse, il suffit d'un trait de plume pour qu'on n'en parle plus. Le Premier ministre Aminata Toure bénéficie de la confiance du Chef de l'Etat, à charge pour elle de continuer à mériter cette confiance, par ses gages de loyauté, d'engagement et de travail au bénéfice des populations.

Propos recueillis par Cheikh Mbacke GUISSE



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