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Absence de grâce présidentielle le 4 avril, Macky Sall met fin à la magouille

En renonçant cette année à la tradition d'accorder son pardon aux détenus, à l'occasion du 4 avril, le chef de l'Etat Macky Sall a mis fin à la magouille ayant longtemps prévalu dans la sélection des détenus bénéficiaires de la grâce présidentielle. Plusieurs raisons expliquent ce choix inédit du régime.


Rédigé par leral.net le Jeudi 27 Avril 2017 à 11:30 | | 0 commentaire(s)|

Le Président de la République a mis fin aux pratiques scandaleuses qui ont longtemps prévalu dans la distribution et la sélection des détenus devant bénéficier de la grâce présidentielle. Du moins temporairement. Pour la première fois, cette mesure de pardon du chef de l'Etat n'est pas accordée aux pensionnaires des établissements pénitentiaires du Sénégal à l'occasion de la fête nationale du 4 avril.

C'est aussi la première fois, durant le mandat de l'actuel régime, car l'année dernière à pareille occasion, 586 détenus avaient bénéficié du pardon présidentiel dont des condamnés à des peines diverses. En 2015, 482 personnes en conflit avec la loi l'avaient été contre 207 en 2014, à l'occasion de la fête nationale. Pour l'année 2012 qui a coïncidé avec l'arrivée au pouvoir du Président Macky Sall, mille détenus avaient été graciés.

Cette vague de grâces s'est poursuivie à l'occasion d'autres événements, notamment lors des fêtes de Tabaski et de Korité ainsi que lors du nouvel an. Cela découle du pouvoir discrétionnaire du chef de l'Etat que lui confère la Constitution. c'est ainsi que depuis son accession à la magistrature suprême, le Président Macky Sall a accordé son pardon à 7193 condamnés au total, selon le ministère de la Justice.

Toutefois, la décision prise cette année, constitue une belle occasion de mettre de l'ordre dans la distribution des grâces présidentielles qui ne profitaient pas seulement aux ayants-droit. Car des places sont illégalement vendues aux détenus pour des sommes comprises entre 150 mille et un million de francs. Une telle pratique réprouvée par la loi a perdu l'ex-directeur de la Maison d'arrêt et de correction de Thiès, qui avait été condamné à deux ans de prison ferme par le tribunal de Grande instance. Des détenus avaient porté plainte contre lui après qu'il a promis à quelques-uns d'entre eux, de les faire bénéficier de la grâce présidentielle. Et ce, en contrepartie de sommes allant jusqu'à un million de francs.

Au-delà de la vente des places, des détenus qui ne présentaient aucun gage d'amendement, en bénéficiaient de même que des récidivistes, des multirécidivistes et même des prisonniers dont la condamnation n'était pas encore définitive comme le prévoit la réglementation en vigueur.

C'est en ce sens que des juges de la Cour d'Appel de Dakar ont plusieurs fois déploré cette attitude consistant à libérer des détenus devant être rejugés sans l'autorisation du juge d'application des peines, dénonçant le fait que ces prévenus ne répondent pas présents à leur procès.

Au-delà de tous ces griefs, la tutelle avait fait de la grâce présidentielle, "une politique de désengorgement des prisons", marquées par un surpeuplement.

source: walfquotidien



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