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Affaire Khalifa Sall: Révélations explosives d'un vendeur de "Café Touba"


Rédigé par leral.net le Samedi 9 Décembre 2017 à 09:41 | | 0 commentaire(s)|

Sur les factures et PV de réception, son Gie Keur Tabbar a empoché 1,8 milliard FCfa de la mairie de Dakar pour leur avoir vendu des tonnes de mil et de riz. Mais dans la réalité, Ibrahima Traoré est un vendeur de café Touba qui compte sur les 130 gobelets qu’il vend par jour pour assurer les charges et envoyer par semaine 3000 francs à son épouse. Si son nom a été mêlé à l’affaire de la caisse d’avance, c’est par la faute de sa sœur Fatou Traoré qui a utilisé l’entête du Gie familial, dont il est le président, pour faire du faux. Devant le doyen des juges, Ibrahima a fait une déposition pathétique. Deuxième volet de nos révélations exclusives après la clôture de l’instruction du dossier de Khalifa Sall et Cie.

C’est un homme dépité qui a témoigné devant le doyen des juges le 16 mars 2017, à 9 heures 08 minutes. Malgré lui, Ibrahima Traoré, ce vendeur de café de Touba, a été mêlé dans l’affaire dite de la caisse d’avance par sa sœur. Fatou Traoré, mise en examen en même temps que Khalifa Sall, avait utilisé l’entête du Gie familial dénommé Keur Tabba,r pour régulariser les décaissements effectués à partir de la caisse d’avance.

Face au magistrat-instructeur, Ibrahima révèle : « Je suis membre du Gie dénommé ‘’Keur Tab- bar’’ constitué en 1995. Le siège social se trouve aux Hlm villa numéro 1130 qui est par ailleurs notre maison familiale. Je suis le président dudit Gie qui avait tous les documents relatifs à son existence juridique. La dame Fatou Traoré était en même temps secrétaire et trésorière. Mes autres frères Abdoulaye et Adama étaient des membres simples.


Pour les formalités de constitution, c’est Fatou Traoré qui s’en occupait au niveau des différents services mais lorsqu’il s’est agi de leur retrait, je me suis rendu personnellement au tribunal pour le registre du commerce et au service des Impôts et domaines pour l’enregistrement. Comme activités, le Gie faisait principalement des prestations de service (maçonnerie, plomberie, peinture, électricité, carrelage) et de façon accessoire, du commerce. Comme client, le Gie n’a eu que la mairie de Dakar. Comme marchés, nous n’en avons eu que trois. Le premier, c’était en 1995 pour la fourniture de quatre machines dactylographiques.

Le deuxième, j’ai oublié l’année mais Pape Diop était le maire et il est relatif à la fourniture de quinze chaises visiteurs. Le troisième, c’était encore Pape Diop et il portait sur la fourniture de détergents. Avec le maire Khalifa Sall, je n’ai jamais été au courant d’un contrat entre la ville de Dakar et le Gie.
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Or, sur les fausses factures, ce Groupement d’intérêt économique a « encaissé » 1,8 milliard FCfa pour avoir vendu mensuellement et pendant plusieurs années du mil et du riz à la ville de Dakar. « Je n’ai jamais été au courant de la fourniture mensuelle de 15 tonnes de riz et de 15 tonnes de mil du Gie Tabbar à la mairie de Dakar. J’ignore la personne qui aurait signé ces factures. D’après les statuts, c’est moi qui dois signer les factures. Si quelqu’un signe à ma place, je ne peux l’appeler que du faux. Depuis 2010, je m’active dans la vente de café Touba. Le prix d’un gobelet est de 50FCFA et quand les affaires marchent, je peux en vendre 130, ce qui me permet de supporter les charges (gaz, charbon, sucre, café, gobelets).

C’est pour vous dire que les bénéfices sont maigres. Ma sœur Fatou Traoré ne m’a jamais informé des contrats signés entre la ville de Dakar et le Gie. Elle ne m’a jamais remis de sommes d’argent pouvant laisser penser au fonctionnement du Gie et je n’ai jamais eu à l’interpeller sur la survie, la dissolution ou la redynamisation du Gie.

J’habite toujours aux HLM 4 à la maison familiale, siège du Gie, avec mes parents. Mon épouse et mes enfants se trouvent à Niakhar au domicile de mon épouse pour des raisons économiques puisque je n’arrive plus à les entretenir ici à Dakar mais chaque semaine, j’envoie à mon épouse 3000 FCFA.
»




Cheikh Mbacké Guissé (Libération)










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