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Ahmadou Ali Mbaye, économiste sur le coût élevé de la vie au Sénégal: " Le système de rente en est l'une des causes majeures"


Rédigé par leral.net le Dimanche 12 Janvier 2020 à 17:40 | | 0 commentaire(s)|

L’Economiste et Consultant à la Banque mondiale, Ahmadou Aly Mbaye a analysé les causes de la cherté de la vie au Sénégal, sur le plateau de l'émission "Objection" de la Sud Fm. Selon lui, le modèle sociopolitique du pays de la Téranga, avec le système de rente, en est l’une des causes majeures.

« Il y a deux catégories d’explications à ce phénomène. Il y a les causes profondes et les causes plus immédiates liées à la conjoncture des variations des prix, notamment le coût du pétrole et le coût du dollar, par rapport à l’euro auquel notre monnaie est rattachée », soutient d'’emblée, l’économiste,

S'agissant des causes profondes, explique l'invité de l'émission "Objection" de Sud Fm de ce dimanche 12 janvier 2020 : « Notre société est une société de rente. On parle beaucoup du modèle social en France, mais aussi le modèle sociopolitique au Sénégal. C’est un modèle de rente, il y a un certain nombre de groupes qui ont énormément de pouvoir et beaucoup de capacité de nuisances et qui ont des privilèges qu’ils protègent ».

Donnant l’exemple du diagnostic institutionnel du Bénin, le doyen honoraire à la Faseg (Faculté des Sciences Économique et de Gestion) d’expliquer que le Bénin devait servir de cas pour comprendre ce qui se fait dans les autres pays notamment au Sénégal. « On s’est rendu compte avec le cas du Bénin, par un spécialiste politique béninois et qui a fait une excellente étude intitulé le "financement des campagnes au Bénin et la capture de l’Etat", qu’il y a un groupe donné, les entrepreneurs privés qui, avant, se contenter d’avoir des connexions au niveau politique, d’avoir l’oreille du Président pour faire avancer leur agenda », avance-t-il.

« Mais, souligne-t-il, maintenant, ils vont plus loin. Ils mobilisent des moyens pour financer des activistes. Et d’autres forces constituées pour forcer le gouvernement à faire ce qu’ils veulent. Et ce qui est vrai pour les hommes d’affaires du Bénin, l’est aussi pour d’autres forces, les fonctionnaires, les résidents des zones urbaines ».

À côté de ces chercheurs de rentes, « il y a des groupes défavorisés », rappelle l’économiste. Il s’agit des « gens qui résident dans les zones rurales, les femmes, les jeunes. C’est comme ça, un peu, que nos sociétés sont structurées. C’est des logiques de captures et de recherches de rente où les gens se battent pour avoir la part du gâteau que pour augmenter la taille du gâteau», déplore-t-il.

Et de conclure, «Il y a des groupes qui se constituent et qui se battent pour avoir le contrôle des ressources. Et, les ressources qui devraient être orientées vers l'élargissement de la base productive deviennent maintenant orienter vers le contrôle des ressources. Et, ce qui est extraordinaire pour l'Afrique francophone et pour le Sénégal en particulier, c'est que ce phénomène arrive à un niveau prématuré de notre développement économique».



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