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Aide à la presse 2025: le CDEPS dénonce une répartition « inique » et saisit la justice

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal hausse le ton contre la gestion de l’aide publique à la presse pour l’année 2025, dénonçant une répartition « inique et illégale » du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP).


Rédigé par leral.net le Mercredi 8 Avril 2026 à 20:25 | | 0 commentaire(s)|

Aide à la presse 2025: le CDEPS dénonce une répartition « inique » et saisit la justice
Lors d’une conférence de presse à Dakar, l’organisation a pointé de « graves irrégularités », une « opacité persistante » et une « rupture manifeste d’égalité » dans l’attribution des ressources. Elle annonce saisir l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption ainsi que les juridictions compétentes pour des faits présumés de détournement de deniers publics.

Le CDEPS s’appuie notamment sur plusieurs décisions de la Cour suprême du Sénégal, qui ont annulé des actes du ministère de la Communication, dont ceux liés à la plateforme « Déclaration Médias Sénégal » (DMS) et à certaines mesures de régulation jugées illégales.

Sur le fond, l’organisation estime que la répartition du FADP viole le décret encadrant le fonds. Elle dénonce en particulier l’allocation d’environ 29,6 % du budget à des médias publics, dont l’Agence de Presse sénégalaise, la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise et le quotidien Le Soleil, au détriment des médias privés.

Selon ses calculs, un média public aurait perçu en moyenne plus de 187 millions FCFA, contre environ 18 millions FCFA pour une entreprise privée, illustrant une forte disparité.

Le CDEPS critique également les modalités de dépôt des dossiers, évoquant une fenêtre très courte pour les dépôts physiques et une différence notable de traitement avec les dossiers numériques via la plateforme DMS, pourtant contestée en justice.

Face à ces « violations manifestes », l’organisation annonce des recours judiciaires pour obtenir l’annulation des décisions et situer les responsabilités. Elle appelle à une réforme du système, fondée sur la transparence, l’équité et le respect du droit, estimant que la crédibilité du soutien public à la presse en dépend.