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Aliou Cissé : «Je suis le meilleur !»

Un tir millimétré. A moins d’une semaine des CAF Awards, qui auront lieu le 2 janvier à Hurghada dans l’Est de l’Égypte, le sélectionneur a choisi le bon moment pour parler. Avec quelques médias triés sur le volet, hier après-midi à Ziguinchor, Aliou Cissé s’est exprimé sur l’actualité. Son bilan après quatre ans sur le banc de l’équipe nationale, les perspectives avec les «Lions», la CAN 2021 et la Coupe du monde 2022, il a fait le tour du terrain. Et après avoir échoué en finale de la CAN 2019, en juillet dernier face à l’Algérie, il espère être sacré Sélectionneur de l’année, face à Djamel Belmadi.


Rédigé par leral.net le Samedi 28 Décembre 2019 à 13:34 | | 0 commentaire(s)|

Aliou Cissé : «Je suis le meilleur !»
Coach, à quelques jours des CAF Awards du 2 janvier en Égypte, que pensez-vous du Ballon d’or africain, dont le trio est déjà connu avec Sadio Mané, Mohamed Salah et Riyad Mahrez ?

C’est une distinction individuelle et si on regarde cette année 2019 et au vu des performances de Sadio Mané, le gagnant est une évidence. Il y a des années comme ça où un joueur surnage. Je ne peux pas imaginer qu’un autre que Sadio Mané le gagne. Il a brillé toute la saison 2019 et continue de performer après la CAN. Personnellement, il est le Ballon d’or 2019, même si derrière, il y a du monde avec Momo (Mohamed) Salah et Mahrez. Au vu du Ballon d’or européen où il a terminé à la quatrième place, je pense que pour cette fois, il va remporter le Ballon d’or africain.

Selon vous, quels sont les arguments qui plaident en faveur de Sadio Mané ?


Plusieurs arguments plaident en sa faveur. Il y a le fait de gagner cette année, la Champion’s League, avec Liverpool. Il a contribué grandement à la victoire des Reds. J’ai assisté à la finale. Sadio a créé le pénalty et a été, durant toute la saison, la locomotive de Liverpool. C’est un joueur qui a toujours été décisif dans son club, où il a fini meilleur buteur en championnat, en ne marquant pas de pénalty (ndlr : 22 réalisations, à égalité avec Salah et Aubameyang). Ce qui est une chose rare. Il a atteint la finale de la CAN avant de gagner la Coupe du monde des clubs. Sadio a véritablement assez d’arguments pour être au-dessus de ses concurrents. Il peut aller très loin et ne cesse de faire des choses exceptionnelles depuis quelques années. Si on regarde le contenu de 2019, il est bien loin de Mahrez et Salah.

Après avoir vous-même perdu face à Hervé Renard, le titre du sélectionneur de l’année, ne craignez-vous pas que Sadio Mané subisse le même sort ?

Certes, les trophées individuels font plaisir, mais en réalité, c’est une sorte de reconnaissance. Je ne me fais pas une fixation sur ça. Quand on a regardé les statistiques de l’année dernière (2018), beaucoup de gens estimaient que je méritais largement de remporter ce trophée. Mais cette reconnaissance, je l’ai eue dans mon pays, sur le continent et à la Coupe du monde 2018. Je ne me fais pas vraiment une fixation sur ce trophée. Concernant Sadio Mané, c’est différent. C’est un footballeur en activité. Ses statistiques et ses performances sont étonnantes, et cette année a été bien remplie pour lui. Je ne sais pas comment les votes vont s’établir, mais si on parle du meilleur joueur sur le continent, c’est incontestablement Sadio Mané.

Face à Djamel Belmadi qui a remporté la CAN 2019, pensez-vous pouvoir gagner ?

Bien sûr ! Je suis le meilleur et j’ose espérer qu’on me donnera le trophée.

Depuis votre nomination en mars 2015, quel bilan tirez-vous après quatre ans à la tête de l’équipe nationale ?


-Je dirais que le bilan est satisfaisant, tout comme sur le fond de jeu que les résultats. Pour cette année, nous avons gagné plus de matchs que nous en avons discutés. Depuis 4 à 5 ans, si on regarde l’évolution de l’équipe nationale, nous étions absents sur la scène continentale. Mais aujourd’hui, le Sénégal est présent dans toutes les compétitions africaines et mondiales. Il est certes difficile de m’auto-évaluer. Il appartient à la Fédération sénégalaise de football de le faire et ses membres l’ont fait.
Il y a des perspectives qui nous attendent comme l’année 2020 qui sera très importante pour nous. Au départ, c’était compliqué et il était important que je mette en place ma philosophie du jeu, de faire comprendre aux garçons ce que j’attends d’eux. Avoir de la qualité cela ne suffit pas. Il faut que nous arrivions à être dans un cadre que tout le monde doit respecter. Les garçons savent aujourd’hui ce que c’est une équipe nationale de football. C’est cela que nous attendons d’un footballeur professionnel et c’est très important.

Après la finale à la CAN 2019, quels sont vos objectifs en direction de la CAN 2021 et les perspectives avec les éliminatoires du Mondial 2022 ?

C’est de qualifier l’équipe nationale à la prochaine CAN 2021 et au Mondial 2022. Ce sont deux objectifs très importants. Nous avons à cœur de conquérir l’Afrique en 2021 et le monde en 2022. À notre arrivée, il y a quatre ans, l’objectif était de constituer une équipe capable de gagner dans le futur. Nous y sommes.

C’est vrai que nous n’avons pas gagné la Coupe d’Afrique des Nations en 2019, mais je reste persuadé que nous pouvons gagner celle de 2021. Nous n’oublierons pas également notre objectif pour la prochaine Coupe du monde, parce qu’elle est très importante. Nous y travaillons et je peux vous dire que 2020 sera une année difficile, car il y aura beaucoup de matches importants. Nous sommes confiants, car nous avons une bonne équipe où les mentalités ont changé avec des joueurs motivés.

A l’approche du mercato, quels conseils donnez-vous aux «Lions» ?

Je leur demande d’être stables. C’est dans la stabilité qu’ils pourront jouer et faire de grosses performances. La stabilité est très importante pour un joueur professionnel. Maintenant, il est vrai que dans ce mercato, il y a les sirènes des clubs qui veulent vous décrocher et celles qui ne veulent plus de vous. Quand on joue dans un club, il est préférable de rester jusqu’en janvier et attendre juin pour partir. Cela permet de faire ce que nous voulons, c’est-à-dire une bonne préparation avec l’ensemble du groupe. Mais si vous arrivez en janvier, l’adaptation est beaucoup plus difficile.

Depuis quelques temps, des rumeurs font état de l’intérêt du Real Madrid pour Sadio Mané. Selon vous, doit-il y aller ?

Sadio est un garçon équilibré. Les grands joueurs se concentrent sur leur métier. Il y a tout un environnement constitué d’agents de joueurs, de représentants qui vont y travailler. Maintenant, le Real Madrid reste le Real Madrid.





L’Observateur



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