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Allemagne: l’impopularité record de Friedrich Merz alimente les spéculations sur son remplacement

Rédigé par leral.net le Lundi 1 Juin 2026 à 11:21 | | 0 commentaire(s)|

À peine plus d’un an après son arrivée à la chancellerie, le dirigeant de la coalition « rouge-noir » Friedrich Merz fait face à une impopularité record. Enlisée dans les querelles entre conservateurs et sociaux-démocrates, sa coalition peine à faire avancer plusieurs réformes pourtant nécessaires. Au point que certains médias évoquent désormais un scénario impensable il y a encore quelques mois : un changement de chancelier en cours de mandat. Simple spéculation ou hypothèse crédible ? Explications.


L’impopularité de Friedrich Merz est abyssale : seuls 14% des Allemands se déclarent satisfaits de l’action du chancelier. Même son prédécesseur social-démocrate, Olaf Scholz, pourtant mal-aimé, n’avait jamais atteint de tels tréfonds.

Une défiance qui se reflète dans les intentions de vote. L'Union chrétienne-démocrate (CDU) est désormais devancée de sept points par le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) dans un sondage publié dimanche 31 mai 2026 : 29 % contre 22 %. Quant à la coalition CDU-CSU/SPD (coalition des conservateurs avec les sociaux-démocrates), elle ne recueille plus le soutien que d’un électeur sur trois.

Cette érosion s’explique notamment par les tensions permanentes entre conservateurs et sociaux-démocrates. Les partenaires de coalition s’écharpent sur plusieurs réformes importantes : retraites, assurance dépendance, système de santé ou encore fiscalité.


Le nom d'Hendrik Wüst circule

C’est le magazine Stern qui a le premier évoqué l’hypothèse d’un changement de chancelier en avançant le nom d’un successeur potentiel : Hendrik Wüst.

Président de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le plus grand Land allemand, il présente plusieurs atouts aux yeux de certains observateurs. Âgé de 50 ans, il est plus jeune que Friedrich Merz, plus populaire également. Centriste, moins conservateur que le chancelier actuel, il gouverne sa région avec les écologistes. Il doit lui-même affronter des élections régionales en avril 2027.

L’idée a ensuite trouvé un large écho dans la presse allemande.

Une option peu réaliste à ce stade

Pour autant, un remplacement de Friedrich Merz paraît aujourd’hui peu probable. Hendrik Wüst a d’ailleurs apporté ces derniers jours « son soutien total » au chancelier dans « son important travail pour l’Allemagne ». En politique, vouloir être calife à la place du calife peut se révéler risqué et ne s’improvise pas.

Même si cette hypothèse semble prématurée, sa simple médiatisation n’est pas sans conséquence. Commentaires et réactions contribuent à fragiliser davantage l’autorité du chef du gouvernement. Plusieurs épisodes récents ont alimenté ce sentiment de faiblesse. Une prime anti-inflation destinée aux Allemands, pourtant négociée avec les dirigeants régionaux, a ainsi été retoquée au Parlement. Un signe supplémentaire que la gestion des affaires par le gouvernement n’est pas optimale.

Les prochaines semaines seront donc déterminantes. L’adoption – ou non – d’un paquet de réformes avant la pause estivale permettra de mesurer si la coalition est capable de répondre aux défis économiques et sociaux du pays. En cas d’échec, sa légitimité pourrait être davantage entamée.

Dans un sondage ce matin, 53 % des Allemands ne croient pas qu’un changement de chancelier profiterait à la CDU. 41 % jugent une telle option positivement.


Au-delà de l’été, plusieurs échéances pourraient encore rebattre les cartes. Les élections régionales prévues en septembre dans deux Länder de l’Est seront décisives : l’AfD y est largement en tête dans les intentions de vote. Si certains chrétiens-démocrates, contrairement à leur chef hostile à tout rapprochement avec l’extrême droite, franchissaient le Rubicon, la CDU pourrait être ébranlée.

Parallèlement, face à un SPD accusé de bloquer plusieurs réformes sociales majeures, certains conservateurs pourraient également être tentés par un gouvernement minoritaire, une option jamais vue au plan fédéral.

Autre évolution notable : le rejet des Verts par la CDU, très marqué lors des dernières élections. Les écologistes reprennent du poil de la bête dans les sondages et apparaissent moins réticents que les sociaux-démocrates à soutenir des réformes impopulaires.

Enfin, demeure l’hypothèse d’élections anticipées. Un scénario peu fréquent en Allemagne, qui supposerait toutefois que les chrétiens-démocrates retrouvent d’abord des couleurs dans les enquêtes d’opinion.

RFI