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Après Tambacounda : Le Président Bassirou Diomaye Faye sur les mines de Kédougou

A la veille de la visite présidentielle à Kédougou, les promoteurs nationaux de l’exploitation minière semi-mécanisée sortent du silence. Entre faillites annoncées, blocages administratifs et «incompétence notoire», ils interpellent Bassirou Diomaye Faye : «Nous ne demandons pas de l’argent, mais le droit de travailler.»


Rédigé par leral.net le Samedi 7 Février 2026 à 16:44 | | 0 commentaire(s)|

Un secteur à l’arrêt qui annonce un péril national ? Après Tamba ces dernières 48h, l’arrivée du Président Bassirou Diomaye Faye dans la région minière de Kédougou, prévue ces 7 et 8 février 2026, ne manquera pas de revendications. Le Collectif des promoteurs sénégalais de l’exploitation minière semi-mécanisée et des carrières (Cpemscs) dresse un bilan apocalyptique : plus d’une centaine d’entreprises détenues à 100% par des nationaux sont aujourd’hui au bord du gouffre.

Le coup de grâce ? Le décret du 31 juillet 2024 suspendant les activités sur la rive gauche de la Falémé, couplé à une multiplication d’audits qui, selon le collectif, a paralysé le cadastre minier. «Nos biens personnels sont hypothéqués, nos entreprises sont à l’arrêt total, sans aucune base légale claire», fustige Mame Saliou Ndiaye, membre du collectif.

L’administration minière sur le banc des accusés

D'après le quotidien, le réquisitoire des promoteurs contre le ministère de tutelle est sans appel. Ils dénoncent un blocage systématique, notamment des dossiers en attente depuis deux ans sans réponse formelle, une désorganisation manifeste avec des notifications de courriers arrivant six mois après signature pour réclamer des documents déjà fournis, et une rupture de confiance. Une «incompétence notoire» qui mettrait en péril la sécurité juridique des investissements. «Il est incompréhensible que des nationaux soient volontairement paralysés par leur propre administration, au moment où les zones à fort potentiel restent contrôlées par des compagnies étrangères», s’alarme le collectif.

Derrière les chiffres, des tragédies humaines

L’enjeu n’est pas seulement financier, il est social. Le blocage actuel a des conséquences directes : des milliers de jeunes et de pères de famille se retrouvent au chômage, des faillites entrepreneuriales avec des jeunes entrepreneurs ruinés après avoir investi leurs économies, et un manque à gagner pour l’Etat avec plusieurs milliards de F Cfa en recettes fiscales et parafiscales qui s’évaporent.

L’appel au Président Faye

Le collectif ne réclame ni subvention ni traitement de faveur. Il exige simplement que l’administration minière redevienne un partenaire stratégique plutôt qu’un adversaire. Ses membres demandent au chef de l’Etat et au Premier ministre d’arbitrer ce qu’ils considèrent comme un abus de pouvoir administratif. Pour ces acteurs du privé national, la souveraineté économique du Sénégal, prônée par l’agenda «Sénégal 2050», commence par la protection des investisseurs locaux contre les lenteurs et blocages bureaucratiques.

Ousseynou Wade