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Après l'ultimatum de Trump à l'Iran, le Moyen-Orient suspendu aux lèvres des États-Unis

Rédigé par leral.net le Lundi 23 Février 2026 à 11:47 | | 0 commentaire(s)|

Alors que le président américain Donald Trump menace toujours d'attaquer l'Iran, les autorités iraniennes ont affirmé qu'elles allaient présenter de nouvelles propositions pour parvenir à un accord sur le dossier nucléaire, lors d'un troisième round de négociations qui se tiendra le jeudi 26 février 2026, à Genève. Mais, tandis qu'Israël s'agace, différents signaux font craindre l'escalade et l'embrasement de la région.


Après l'ultimatum de Trump à l'Iran, le Moyen-Orient suspendu aux lèvres des États-Unis
Le ministre iranien des Affaires étrangères l’a bien confirmé : Téhéran travaille d’arrache-pied sur une nouvelle proposition qui sera présentée jeudi 26 février 2026, à l’envoyé spécial des États-Unis, Steve Witkoff.

Suspendus aux lèvres des Américains, qui doivent apprécier la pertinence de ces propositions, différents acteurs de la région craignent un embrasement du Moyen-Orient, tandis qu’Israël bouillonne à la veille de ce troisième round de négociations qui se tiendra à Genève.

Si le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghachi, a déclaré que certaines dispositions voulues par les États-Unis seront bien satisfaites, il sera difficile de démêler certains points de blocage. Téhéran se dit aujourd’hui prêt à limiter le niveau d’enrichissement de son uranium en guise de garantie sur le caractère pacifique de son programme. Un programme qui, à l’heure actuelle, est légitime selon les autorités iraniennes.

Or, Steve Witkoff a précisément affirmé que le président Trump demandait à l’Iran de tout bonnement renoncer à son programme d’enrichissement d’uranium. Le stock du métal lourd enrichi, soit 10 tonnes de matériels qui comprennent les 400 kg enrichis à 60%, devront être envoyés à l’étranger.

Reste à savoir si, jeudi, Américains et Iraniens trouveront un point de convergence… au détriment des Israéliens. Ces derniers déplorent en effet que Washington n’ait pas exigé de garanties sur le programme balistique de Téhéran, nous informe notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Déçu par la stratégie américaine, Tel-Aviv pense que Téhéran joue la montre et chaque jour passé à Genève, est un jour offert à l’Iran pour bétonner ses sites nucléaires.

Tensions palpables dans les capitales

Du reste, la tension est montée d'un cran dans la capitale iranienne. De plus en plus d’Iraniens sont désormais certains qu’une attaque américaine est inévitable. Mais il n’y a pas de panique ou de ruée dans les magasins pour acheter des produits en cas de conflit, a observé notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.

Selon plusieurs sources, Donald Trump pencherait désormais pour une frappe « limitée » dans les prochains jours, afin de forcer Téhéran à capituler, menaçant même de renverser le régime en cas d'échec. Une option espérée par certains Iraniens - au lendemain des massacres qu’a connus le pays -, qui pourrait faire sombrer le pays dans un chaos aux conséquences économiques très dures.

D’ailleurs, le chef de l’armée de terre a déclaré que les forces armées sont en état d’alerte maximale. De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé que l’Iran répondra à toute attaque militaire, en visant les bases américaines mais aussi les forces navales envoyées dans la région.

Un état d’alerte partagé par le Liban, qui craint d’être entraîné dans une éventuelle guerre irano-américaine, relève notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalife. Naïm Qassem, chef du Hezbollah, allié de Téhéran, a prévenu. Son parti ne restera pas neutre en cas de conflit.

État d'alerte maximal chez les Américains présents au Liban

Depuis quelques jours, les troupes américaines présentes dans le pays dans le cadre d’accords de coopération avec l’armée libanaises, sont en état d’alerte maximale. Des sources de sécurité libanaises indiquent que ces unités déployées dans une base aérienne à 50 km au nord de Beyrouth, et dans l’immense complexe de l’ambassade des États-Unis, à 15 km de la capitale, ont activé un protocole de sécurité spécial.

Les mesures adoptées par les militaires américains ne cadrent plus avec les arrangements conclus avec les autorités libanaises. Résultat, militaires américains et libanais se sont accrochés lundi 16 février, à l’extérieur de la base aérienne d’Hamate.

L’intensification des frappes israéliennes est également perçue comme un signe annonciateur de l’imminence d’un conflit irano-américain. Une dizaine de membres du Hezbollah, dont un haut commandant, ont été tués la semaine dernière dans des attaques israéliennes dans le sud et dans la plaine de la Békaa.

Israël voit là une opportunité de briser l’axe iranien. Certes, le Premier ministre, Benyamin Netanyahu prépare ses ministres à tous les scénarios, mais le pays redoute d’être entraîné seul dans une confrontation directe, si l’ultimatum américain, qui doit expirer début mars, venait à être prolongé une nouvelle fois. Selon Michel Paul, plusieurs éditorialistes de l’État hébreu ont souligné que le temps n’était plus aux mots, Israël attend désormais des actes.

Rfi