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Assemblée Nationale du Gabon, Chambre d'enregistrement ou chambre d'expression démocratique ?

Rédigé par leral.net le Dimanche 22 Février 2026 à 17:35 | | 0 commentaire(s)|

À l'approche de la rentrée parlementaire prevue pour le 02 Mars 2026, certains citoyens s'interrogent sur la coloration politique ainsi que le fonctionnement de la chambre basse de la Republique Gabonaise.
Une exigence s'impose avec clarté : le fonctionnement normal ainsi que l'expression démocratique à l'Assemblée Nationale ne peuvent être garantis que si la représentativité de toutes les forces politiques est effective, visible et respectée dans l'ensemble de ses instances. La (...)

- POLITIQUE /

À l'approche de la rentrée parlementaire prevue pour le 02 Mars 2026, certains citoyens s'interrogent sur la coloration politique ainsi que le fonctionnement de la chambre basse de la Republique Gabonaise.

Une exigence s'impose avec clarté : le fonctionnement normal ainsi que l'expression démocratique à l'Assemblée Nationale ne peuvent être garantis que si la représentativité de toutes les forces politiques est effective, visible et respectée dans l'ensemble de ses instances. La démocratie parlementaire ne se proclame pas, elle s'organise.

*Une majorité forte, une pluralité légitime.*

La configuration actuelle de l'hémicycle est connue. Le groupe parlementaire UDB, fort d'environ deux tiers des députés, constitue la principale force numérique. Viennent ensuite le groupe du PDG, le groupe du FP et le groupe UFRI, chacun porteur d'une légitimité issue du suffrage universel.

Cette réalité impose un double principe :

Le respect du poids numérique de la majorité ;
La garantie des droits politiques des groupes minoritaires.

Une majorité stable est un facteur de gouvernabilité. Mais une minorité respectée est un gage de crédibilité démocratique.

*La représentativité dans les organes internes*

La Conférence des présidents, les commissions permanentes, les bureaux des commissions, les missions d'information, les commissions spéciales et l'ensemble des organes internes doivent refléter fidèlement la configuration politique de l'Assemblée.

La représentativité doit être factuelle. Elle doit se traduire concrètement par :
une répartition proportionnelle des sièges ;
un accès réel aux responsabilités ;
une participation effective aux décisions structurantes ;
la transparence dans les désignations.
Exclure ou marginaliser un groupe affaiblit l'institution dans son ensemble.

*La représentativité dans les organes externes*

L'Assemblée Nationale ne s'exprime pas uniquement en son sein. Elle est représentée dans de nombreuses instances externes : institutions constitutionnelles, autorités administratives, organismes publics, missions internationales, cadres de coopération interparlementaire.
Ces représentations extérieures engagent l'image et la crédibilité de l'institution. Elles ne sauraient être monopolisées par une seule sensibilité politique. Elles doivent, elles aussi, refléter la pluralité issue des urnes.
Une Assemblée qui parle à l'extérieur doit parler au nom de tous.

*La place des députés non inscrits*

À côté des groupes parlementaires, les députés non inscrits occupent une place qu'il convient de reconnaître pleinement. Élus au même titre que les autres députés, ils tiennent leur mandat directement du peuple.

Leur absence d'affiliation ne saurait justifier leur effacement dans les organes internes ou leur exclusion des représentations externes. Le respect du suffrage implique leur intégration dans les mécanismes institutionnels.

*Une exigence de maturité institutionnelle*

La prochaine rentrée parlementaire doit marquer ainsi son engagement clair à faire vivre une Assemblée équilibrée, responsable et pleinement représentative.

Le fonctionnement normal de l'institution repose sur trois piliers :
Le respect du Règlement ;
L'équilibre dans la distribution des responsabilités ;
La reconnaissance effective de toutes les forces politiques.

Ce n'est pas une revendication partisane. C'est une exigence républicaine.
La crédibilité de l'Assemblée nationale dépend de sa capacité à incarner l'unité dans la diversité.

Au regard de la composition actuelle du Bureau de l'Assemblee Nationale, la prise en compte de la plurarité politique n'est pas effective ; et si les choses demeurent dans cet élancée en ce qui est de la suite des precessus, l'Assemblée Nationale constituerait une chambre monocolore et de facto une chambre d'enregistrement



Source : https://www.gabonews.com/fr/actus/politique/articl...