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Assemblée nationale : Ousmane Sonko lance l’alerte et promet la bataille électorale

Dans un entretien consacré notamment à ses relations avec Bassirou Diomaye Faye, aux tensions au sein de Pastef et aux prochaines échéances électorales, Ousmane Sonko a affiché sa détermination à préserver la majorité parlementaire de son parti. Le président de l’Assemblée nationale estime que sa perte pourrait avoir de lourdes conséquences pour le pays.


Rédigé par leral.net le Lundi 17 Août 2026 à 11:34 | | 0 commentaire(s)|

Ousmane Sonko hausse le ton à l’approche des prochaines échéances électorales. Le leader de Pastef affiche sa volonté de maintenir son parti au cœur du jeu politique sénégalais et assure que sa formation est prête à participer à toutes les élections qui seront organisées.

« Nous sommes prêts à gagner toute forme d’élections organisée au Sénégal », affirme-t-il, tout en refusant de dévoiler la stratégie que Pastef compte mettre en œuvre, notamment pour les élections locales.

Pas encore de décision contre Diomaye

Interrogé sur les tensions internes à Pastef et les changements opérés dans certaines structures du parti, Ousmane Sonko dément qu’une décision formelle d’exclusion ait été prise contre le président Bassirou Diomaye Faye.

Selon lui, les procédures prévues par les textes du parti doivent être respectées avant toute décision définitive.

« Il n’y a pas encore une décision du parti au sommet qui exclut quelqu’un », explique-t-il, précisant que les bases doivent notamment saisir le Conseil national.

Le président de Pastef relativise également le retrait de certains membres de groupes WhatsApp du parti, qu’il présente comme des « mesures conservatoires ».

Il rappelle par ailleurs une disposition interne selon laquelle il n’est pas possible d’être membre de Pastef tout en appartenant à une autre formation politique.

Sonko laisse la porte ouverte à Diomaye

Sur une éventuelle réconciliation avec Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko ne ferme pas la porte.

À la question de savoir si des retrouvailles sont envisageables, il répond : « Cela dépend du président. »

Malgré la rupture politique, il affirme rester disponible pour échanger avec le chef de l’État.

Le leader de Pastef assure également ne nourrir aucune volonté de nuire au président de la République. Il affirme être prêt à lui donner son avis si celui-ci le sollicite.

« Le dialogue des institutions existe »

Ousmane Sonko distingue la crise politique de la continuité des relations institutionnelles.

En tant que président de l’Assemblée nationale, il affirme continuer à échanger avec le chef de l’État sur les questions administratives, les urgences et les dossiers liés au fonctionnement de l’État.

« Le dialogue des institutions existe », soutient-il.

Une manière, selon lui, de maintenir le fonctionnement normal des institutions malgré les divergences politiques entre les deux hommes.

Sonko critique la place accordée aux institutions

Le président de l’Assemblée nationale s’est également attaqué à une conception du pouvoir qu’il attribue à Bassirou Diomaye Faye, notamment autour de la primauté des institutions sur la mobilisation populaire.

Il estime que le peuple ne saurait être opposé aux institutions et accuse certains acteurs de pousser le chef de l’État vers une posture qu’il juge excessive.

Ousmane Sonko assure toutefois que son objectif demeure la défense des intérêts du Sénégal et de sa population.

L’Assemblée nationale, « le dernier verrou »

C’est cependant la question de la majorité parlementaire qui constitue le point le plus fort de sa déclaration.

Pour Ousmane Sonko, Pastef doit absolument conserver le contrôle de l’Assemblée nationale afin de poursuivre son projet politique.

« Il ne reste qu’un verrou, c’est l’Assemblée. Si Pastef perd l’Assemblée, ce pays va vers le gouffre », avertit-il.

Cette déclaration donne une dimension particulièrement stratégique aux prochaines échéances électorales.

Le leader de Pastef entend ainsi mobiliser ses troupes autour de la conservation de la majorité parlementaire, tout en maintenant le suspense sur la stratégie électorale que son parti compte adopter.

Une chose semble néanmoins claire : pour Ousmane Sonko, la bataille de l’Assemblée nationale sera déterminante pour la suite de l’aventure politique de Pastef.