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Mary Teuw Niane durcit le ton sur les institutions : « La République ne se possède pas »

Dans une nouvelle tribune intitulée « L’élégance républicaine », Mary Teuw Niane défend la posture du président Bassirou Diomaye Faye face aux tensions institutionnelles. Le ministre directeur de cabinet insiste sur la primauté de la Constitution, le rôle du Conseil constitutionnel et les limites qui s’imposent à toute majorité politique.


Rédigé par leral.net le Dimanche 16 Août 2026 à 13:16 | | 0 commentaire(s)|

Après sa précédente sortie qui avait suscité de nombreuses réactions, Mary Teuw Niane revient sur le devant de la scène avec une nouvelle tribune consacrée aux tensions institutionnelles. Intitulé « L’élégance républicaine », le texte met cette fois l’accent sur la responsabilité du président de la République dans la préservation de l’équilibre des institutions.

Pour le ministre directeur de cabinet du chef de l’État, le président de la République occupe une place particulière dans l’architecture institutionnelle sénégalaise. Il rappelle que la Constitution lui confie notamment la mission de garantir le fonctionnement régulier des institutions et de veiller à l’unité nationale.

Le recours au droit plutôt qu’au rapport de force

Mary Teuw Niane estime que cette responsabilité impose au chef de l’État d’agir lorsque les équilibres institutionnels sont, selon lui, menacés. Il présente ainsi la saisine du Conseil constitutionnel comme une démarche relevant de la défense de l’État de droit.

Dans son analyse, le président Bassirou Diomaye Faye aurait privilégié le recours aux institutions compétentes plutôt qu’une confrontation politique directe avec le Parlement.

Pour Mary Teuw Niane, le choix du droit constitue précisément la bonne réponse aux tensions institutionnelles : « Le droit. Le juge. La Constitution », résume-t-il.

« Une majorité n’est pas la Constitution »

L’un des axes centraux de la tribune concerne les limites du pouvoir d’une majorité parlementaire.

Mary Teuw Niane insiste sur le fait qu’une majorité politique, même importante, ne peut s’affranchir des règles constitutionnelles. Il rappelle qu’une victoire électorale donne un mandat politique, mais ne confère pas pour autant un droit de propriété sur l’État.

Son message est résumé par une formule forte : « Aucune majorité politique ne vaut permis de tout faire. »

Selon lui, le rôle du Conseil constitutionnel prend tout son sens précisément lorsque les rapports de force politiques se heurtent aux limites fixées par la Constitution.

Le Conseil constitutionnel au cœur du dispositif

Dans sa tribune, Mary Teuw Niane défend également l’indépendance et la fonction du Conseil constitutionnel. Il refuse de voir cette institution comme un instrument au service du président ou comme un adversaire du Parlement.

Il la présente plutôt comme un « gardien juridictionnel de la Constitution », chargé de rappeler que ni la majorité politique ni l’urgence du moment ne peuvent permettre de s'affranchir de la règle de droit.

Pour lui, une décision constitutionnelle peut naturellement déplaire à certains acteurs politiques. Mais cela ne doit pas conduire à remettre en cause le principe même de la soumission de tous à la Constitution.

Une autorité présidentielle « ferme, sans brutalité »

Mary Teuw Niane appelle parallèlement à une conception particulière de l’autorité présidentielle. Le chef de l’État, selon lui, ne doit pas rester passif face aux crises institutionnelles.

Il doit exercer pleinement ses prérogatives, mais dans le cadre constitutionnel. L'ancien ministre défend ainsi une autorité « ferme, sans brutalité », « vigilante, sans fébrilité » et « déterminée, sans dérapage ».

Cette vision repose sur un principe : la force de l’État ne doit jamais se transformer en arbitraire.

« La République ne se conquiert pas »

En conclusion, Mary Teuw Niane appelle les acteurs politiques à prendre de la hauteur et à distinguer clairement parti, majorité, État et Nation.

Il rappelle qu’un parti politique n’est pas l’État, qu’une majorité parlementaire n’est pas la Nation et qu’un mandat électif ne constitue pas une autorisation de s'affranchir des règles institutionnelles.

Sa formule finale résume l’esprit de sa tribune : « La République ne se conquiert pas. Elle ne se possède pas. Elle se sert. »

Pour Mary Teuw Niane, l’élégance républicaine réside ainsi dans une conception du pouvoir fondée sur l’autorité, mais aussi sur ses limites : le pouvoir soumis au droit et la République placée au-dessus de tous.