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CAN 2025 : "HUMAINEMENT, ON A BESOIN DE LE DIGÉRER", ADIL RAMI PARTAGE SON EXPÉRIENCE SUR LE FAIT DE PERDRE UNE FINALE À DOMICILE

Comme les Lions de l'Atlas, l'ex-défenseur français Adil Rami fait partie des malheureux à avoir perdu dans sa carrière, une finale à domicile avec son pays, celle de l'Euro 2016 en France. Au micro de RMC, le désormais retraité a été interrogé sur son expérience, quelques jours après la défaite du Maroc en finale de la
CAN 2025.


Rédigé par leral.net le Mardi 20 Janvier 2026 à 10:15 | | 0 commentaire(s)|

CAN 2025 : "HUMAINEMENT, ON A BESOIN DE LE DIGÉRER", ADIL RAMI PARTAGE SON EXPÉRIENCE SUR LE FAIT DE PERDRE UNE FINALE À DOMICILE
Qui a oublié le poteau que Gignac avait heurté en finale de l'Euro 2016 ? Peu de Français, même dix ans et une Coupe du monde plus tard. En 2036, il est donc probable que le pénalty manqué de Brahim Diaz provoque encore des cauchemars chez les supporters du Maroc. Dimanche soir, les Lions de l'Atlas ont finalement perdu "leur" CAN à domicile au bout d'un match interminable et marqué par de nombreuses polémiques face au Sénégal (0-1, ap) et vivront désormais avec la triste expérience d'une finale perdue chez eux, devant leur public.

"Accepter qu'il y a un gagnant et un perdant"

Heureusement ou non pour eux, les Marocains ne sont pas les seuls (ni les derniers) à connaître cette sensation. L'ex international français d'origine marocain, Adil Rami le sait aussi bien que certains de ses compères de l'épopée 2016 à l'Euro, en France. D'abord réserviste, le champion du monde 2018 avait finalement été appelé comme joker médical pour pallier la blessure de Raphaël Varane et avait joué les quatre premiers matchs, avant d'être suspendu pour le quart et de rester sur le banc pour la demi-finale et donc, la finale perdue contre le Portugal.

Au micro de RMC, Adil Rami est revenu sur son expérience et la manière de gérer l'après d'une finale perdue à domicile. "Je pense que la première chose à faire qui est très importante, c'est l'acceptation. Accepter que quand tu joues au football, il y a un gagnant et un perdant et parfois, on est du mauvais côté et ce qu'il faut faire, je pense, c'est vraiment prendre du temps pour soi parce que quand on gagne une grosse compétition comme la CAN, l'Euro ou autre ou quand on la perd, ça reste un gros choc émotionnel et ça je pense que humainement, on a besoin de le digérer", a analysé le Français.

"On oublie le joueur de Brahim Diaz est pour un geste"

Passer tout proche d'un sacre peut parfois être encore plus difficile pour celui qui a eu à un moment du match, le ballon de la victoire. Ce fut le cas d'André-Pierre Gignac qui avait confié que sa frappe sur le poteau dans le temps additionnel contre le Portugal en 2016, l'avait "empêché de dormir pendant des mois" et le hanterait toute sa vie. Dimanche soir, c'est Brahim Diaz qui a eu la plus belle opportunité de faire rugir de bonheur les Lions de l'Atlas, en obtenant un pénalty au bout du temps additionnel, mais qui a fait le terrible choix d'une Panenka, manquée et directement dans les gants d'Édouard Mendy.

Interrogé à ce sujet, Adil Rami a tenu à avoir des mots tendres pour le joueur du Real Madrid, même s'il ne comprend pas, lui non plus, sa décision de tenter ce geste dans un moment si important.

"(C'est) une question qui est compliquée pour moi, parce que je n'ai jamais été dans cette situation, mais c'est vrai que depuis hier (dimanche), je pense à lui et ça me fait mal au cœur, parce que je sais que le monde du football est cruel, le monde du football est ingrat et aujourd'hui, on oublie le joueur qu'il est, pour un geste qui est pour moi aussi, mal choisi, en étant totalement honnête avec vous, c'est un geste qui n'était pas le bienvenu à ce moment là pour plusieurs raisons. Après le football nous fait rêver, Zidane nous a fait rêver, on a toujours voulu être un héros, écrire l'histoire, peut-être qu'il a pensé à ça à ce moment là, mais le timing était mauvais", a analysé l'ancien défenseur de l'OM.

Avant le Mondial, "nous on a eu deux ans, ils n'ont pas deux ans..."

"Pour moi, le plus dur (entre la défaite et les critiques), ça restera toujours une défaite, mais c'est vrai que tout ce qui se passe autour de cette défaite, autour du Maroc, ben ça fait très très mal. Moi qui suis Franco-Marocain, je vois tout ce qui se passe autour du Maroc, ça me touche profondément et là, c'est vrai que depuis hier, même moi et pourtant j'ai pas pris part à cette compétition en tant que joueur ou autre, mais j'ai eu du mal à dormir pour être honnête", a-t-il estimé.

Après la défaite en finale de l'Euro, les hommes de Didier Deschamps s'étaient plutôt bien remis, puisqu'ils étaient allés chercher le sacre à la Coupe du monde en Russie, deux ans plus tard. Est-ce de bonne augure pour l'équipe de Walid Regragui pour les prochaines compétitions? Adil Rami n'est pas tout à fait sûr que la comparaison tienne pour une raison précise: la courte durée avant le Mondial aux États-Unis cet été.

"Nous on a eu deux ans, ils n'ont pas deux ans...", rappelle le Français. "Donc j'espère qu'ils vont réussir à lever la tête et être à 100% pour cette Coupe du monde, parce que ce serait dommage. Cette équipe marocaine, j'estime qu'elle à des capacités pour encore une fois nous surprendre pendant cette Coupe du monde. En tout cas, je trouve que c'est un très bon groupe."

Le Maroc débutera très fort avec un choc contre le Brésil dès son entrée en lice en juin prochain, avant deux matchs plus abordables contre l'Écosse puis Haïti.






Rmcsport

Mame Fatou Kebe