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CENTRE OUEST-AFRICAIN DE FORMATION ET D’ETUDES BANCAIRES : 30 banquiers prêts à « oser le changement »


Rédigé par leral.net le Dimanche 26 Juillet 2026 à 14:20 | | 0 commentaire(s)|

Trente auditeurs, issus de toute l'Afrique de l'Ouest, viennent de franchir la première ligne d'une formation exigeante. Samedi 25 juillet 2026 à Dakar, la 48ᵉ promotion du Centre ouest-africain de formation et d'études bancaires (COFEB) a bouclé sa phase théorique. L'événement aurait pu n'être qu'une cérémonie de fin de semestre comme les autres. Rogatien Poda, vice-gouverneur de la BCEAO, en a fait autre chose : un appel au front.
CENTRE OUEST-AFRICAIN DE FORMATION ET D’ETUDES BANCAIRES : 30 banquiers prêts à « oser le changement »
L’enjeu dépasse les salles de classe. Dans quelques semaines, ces trente futurs diplômés plongeront dans le « vrai monde » (stages pratiques, mémoires de fin d'études, puis obtention d'un master en finance et gestion bancaire). Mais au-delà du diplôme, c'est une mission que la Banque centrale leur confie : devenir des « acteurs du changement » capables de « concevoir des solutions adaptées aux besoins de nos États ».

« Les connaissances n'ont de valeur que lorsqu'elles éclairent les décisions », a martelé M. Poda, représentant le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou. Traduction : le COFEB (Centre ouest-africain de formation et d'études bancaires) ne forme pas des exécutants, mais des penseurs. Des professionnels capables d'anticiper « les transformations qui façonneront les économies africaines de demain ». L'ambition est affichée sans détour : l'UEMOA a besoin d'une élite bancaire qui ne se contente pas d'appliquer des modèles importés, mais qui invente des réponses locales aux défis locaux.

L'esprit COFEB : entre exigence et solidarité

Ce qui frappe, en écoutant les différentes prises de parole, c'est l'insistance sur l'humain. Technique, certes (le programme est réputé pour sa rigueur) mais aussi « leadership, humilité, discipline, persévérance, intégrité, solidarité, esprit critique ». La liste des vertus réclamées par le vice-gouverneur ressemble davantage à un code d'honneur qu'à un curriculum. Comme si la BCEAO avait compris qu'en Afrique de l'Ouest, la finance ne se bâtit pas seulement sur des tableurs, mais sur une éthique partagée.

Amina Diouf, diplômée de la 45ᵉ promotion et porte-parole des anciens, a renchéri dans la même veine. « Gardez comme héritage l'esprit du COFEB : la solidarité entre promotions, l'ouverture sur le monde, une vision moderne pour affronter les défis de demain. » Le message est clair : le COFEB n'est pas qu'une école, c'est un réseau, une fraternité transnationale que l'on quitte théoriquement, mais dont on ne se détache jamais vraiment.

De la théorie au terrain

Reste la phase la plus délicate : celle où les certitudes de l'amphithéâtre butent contre la complexité du terrain. Babacar Sène, représentant le personnel enseignant, n'a pas cherché à enduire de miel l'avenir. « Cultivez en permanence le savoir. La formation continue sera votre meilleur allié. Osez l'innovation, ne craignez pas l'échec. » Le conseil sonne comme un avertissement bienveillant : le diplôme n'est qu'un début.

De leur côté, les auditeurs semblent avoir intégré la leçon. Abey Jean Simonet, leur porte-parole, a scellé un engagement solennel : exercer leurs fonctions « avec intégrité, compétence et déontologie », être des « promoteurs d'une croissance économique inclusive et durable ». Des mots forts, qui prendraient une saveur particulière s'ils devenaient, dans les années à venir, la norme plutôt que l'exception dans les banques de la sous-région.

Dans quelques mois, ces trente jeunes professionnels rejoindront les rangs des institutions financières de huit pays. Le pari du COFEB, c'est qu'ils y apporteront autant leur expertise que leur exigence morale. L'Afrique de l'Ouest n'a pas besoin de banquiers supplémentaires. Elle a besoin de banquiers différents.
Malick NDAW
 



Source : https://www.lejecos.com/CENTRE-OUEST-AFRICAIN-DE-F...

La rédaction