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COMMENTAIRE : Makhtar Cissé, la nouvelle cible ...

Dans notre si riche tradition orale, on parle bien de la politique et ses effets souvent imprévisibles, en la comparant à une femme qui accouche sans être enceinte. ‘’Dafay weusin te du biir’’ (accoucher sans être enceinte). On pourrait bien convoquer cette image pour qualifier la situation qui se donne à lire, le spectacle grandeur scène Sénégal, le nouveau feuilleton électrique de l’Energie. Tous les ingrédients sont réunis pour faire une belle pièce de théâtre. Le scénario est écrit par des professionnels de la politique, joué par des marionnettes actionnées, avec pour objectif visé, non pas de faire la lumière sur une gestion, mais de susciter un sentiment de rejet sur fond de bave et avec le rictus de la mort.


Rédigé par leral.net le Mardi 17 Décembre 2019 à 20:46 | | 0 commentaire(s)|

Cette pièce dont nous parlons a commencé réellement à être jouée il y a quelques semaines, sur la scène nationale, avec, dans le rôle du méchant, Mouhamadou Makhtar Cissé. Lever de rideau spectaculaire avec la hausse du prix de l’électricité. Qui a donc pu signer ce crime odieux en cette période de vaches maigres ? Mort au coupable ! Tout le monde s’y met, comme sur une scène d’antiquité où l’on a du mal à discriminer entre la fiction et la réalité.

Et, comme de toutes les façons l’objectif visé est de noircir le maximum possible MMC, aucune porte de sortie ne lui est donnée. Une voix s’élève donc du chœur. ‘’Si vous êtes si malheureux, c’est parce qu’il a jonglé avec vos milliards à Senelec. Feu sur lui !’’. Une autre voix, sans aucun visage derrière : ‘’Il vous a aussi menti en vous disant que Senelec se porte bien’’. Et tous les jours, on alimente une opinion assoiffée à juste titre. Le peuple a besoin de pain et de jeu. Et bien souvent de sang frais et chaud ! Servez-le !

Mais en vérité, pour comprendre ce qui se trame, il faut sortir de la scène. Se mettre à l’arrière scène, dans les coulisses du jeu, précisément là on porte les masques. Il ne faut pas suivre le fil de l’énergie, la ronde des milliards pour saisir la quintessence. L’axe du problème n’est curieusement pas Senelec, mais ailleurs. Les prochains mois nous édifieront sur la question. Mais il est évident que le dossier est beaucoup plus politique qu’il n y paraît.

Et puis quoi ? Pourquoi diable ne se pose-t-on pas la question de savoir comment Senelec a fait pour conjuguer les délestages au passé ? Quels sont les efforts consentis pour qu’aujourd’hui le débat se structure différemment ? On ne se pose en effet plus la question : ‘’où est donc le courant’’ ? Mais plutôt : ‘’l’électricité coûte cher’’. Les nostalgiques de la période ‘’takkal’’ oublient que le phénomène des groupes électrogènes est rangé au tiroir des mauvais souvenirs et qu’il y a eu les émeutes de l’électricité qui ont grandement contribué à faire chuter Wade. Les délestages sont aujourd’hui devenus l’exception. Que fait-on de cette performance qui a du reste coûté des ‘’bonbons’’? Qu’on le veuille ou pas, elle est signée Makhtar Cissé.

Qu’est-ce qui dysfonctionne dans le système sunugalien pour que même les succès les plus évidents, les plus fulgurants, soient toujours revisités et déstructurés par les démons ? Qu’est ce qui nous empêche, même lorsque c’est au profit de personnes qu’on n’aime pas, qu’on n’ait pas l’honnêteté et la probité intellectuelle de se dire : ‘’ça va, il a bien travaillé, félicitons-le ?’’. Pourquoi Diable, sommes-nous comme nous sommes ?

Pour parler simplement, Senelec n’est pas une entité hors système et hors du pays. On ne peut y faire des malversations sans que les commissaires aux comptes qui valident les états financiers ne soient au courant. Il est impossible de déclarer des bénéfices de 30 milliards Cfa sur une base fictive. Il faudrait pour cela mettre tous les cabinets qui surveillent les comptes de Senelec, les bailleurs de fonds, les agences de notation, les administrateurs dans sa poche. Ce qui serait une sacrée performance. Et comment donc une boîte qui aurait autant de problèmes comme étalés dans les réseaux sociaux, pourrait bien attirer tous les magna de la Finance sous-régionale, chaque fois que des emprunts sont lancés pour des investissements à faire ? Pourquoi jetteraient-ils leur argent dans une société qui serait mal gérée ?

Fiction, parlons de fiction ! L’ardoise de l’Etat du Sénégal à Senelec est-elle donc fictive ? Le ministre des Finances Abdoulaye Daouda Diallo a lui-même reconnu, à l’Assemblée nationale, que l’Etat doit une enveloppe bien dodue à Senelec... 141 milliards, cumul de plusieurs années. Faut-il le répéter ? ‘’Objectivement, la Senelec n’a pas un problème de fonctionnement ou de gestion. Ce qu’il y a, c’est qu’on lui doit de l’argent et on doit tout faire pour le lui payer. C’est cela la réalité. L’entreprise a bel et bien fait des bénéfices, mais, il se trouve qu’elle a comptabilisé des sommes que l’Etat lui doit, ce qui est à la base de ses problèmes de trésorerie’’, qui précise du reste que la fameuse somme de 125 milliards dénoncée par les députés, n’est nullement une subvention, mais plutôt le versement d’une partie de la dette du gouvernement.

Question : qui a aujourd’hui intérêt à embrouiller le cerveau des Sénégalais et noircir le ‘’cheval blanc’’ ?






Par Felix Nzale



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