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Centrisme au Sénégal: Une idéologie en quête d’adhésion populaire

Les hommes politiques centristes n’ont pas encore marqué leurs empreintes sur l’histoire politique du Sénégal. Le centrisme demeure une idéologie impopulaire au Sénégal.


Rédigé par leral.net le Jeudi 5 Août 2021 à 18:59 | | 2 commentaire(s)|

Centrisme au Sénégal: Une idéologie en quête d’adhésion populaire
Les partis politiques centristes sont aussi, dynamiques que ceux de gauche ou de droite. En France, Valéry Giscard d’Estaing a été le premier centriste de la cinquième République à accéder au pouvoir. Il a été le Président de la République française de 1974 à 1981. En Allemagne, Angela Merkel, membre du parti centriste Union chrétienne-démocrate (Cdu), est Chancelière fédérale depuis le 22 novembre 2005.

D’après « Le Soleil », au Sénégal, la donne n’est pas la même. Les partis centristes ne sont pas bien connus et sont peu représentatifs sur l’échiquier politique national. Ce sont des formations impopulaires. Le premier parti politique centriste du pays a vu le jour en 1993. Il s’agit du Bloc des centristes gaïndé (Bcg) de Jean Paul Dias. Ce dernier était pourtant un libéral, car ex-membre du Parti démocratique sénégalais (Pds).

« J’ai été exclu de ce parti de façon irrégulière. J’avais alors décidé de tout laisser tomber. Mais, des gens qui ont quitté le Pds en même temps que moi m’ont demandé de créer un parti politique. J’ai longuement réfléchi avant de donner suite à leur requête. C’est sur ces entrefaites que j’ai créé le Bcg », a fait savoir M. Dias.

À la question de savoir pourquoi il a opté pour cette idéologie, il répond : « J’ai toujours cru qu’il y a des valeurs de progrès social dans le libéralisme tout comme dans le socialisme. Et j’ai voulu associer les deux sans être forcément d’un camp ou d’un autre de manière exclusive ».

À l’instar de Jean Paul Dias, l’autre leader politique centriste connu au Sénégal est l’actuel Maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé. Il est le chef de l’Union centriste du Sénégal (Ucs). Un parti politique qu’il a créé en juillet 2012. « Je suis toujours contre les extrêmes. Le centrisme, c’est la pondération, la modération et l’équilibre. Les centristes se basent sur ces éléments pour essayer de bâtir le territoire », indique l’ancien Directeur exécutif de l’Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique sous l’ère Wade pour expliquer ce qui l’a poussé à embrasser cette idéologie.

En effet, le centrisme est une idéologie médiane. Généralement, ceux qui se réclament de ce courant ne sont ni de gauche ni de droite. Ils essayent de mettre l’accent sur l’humain, c’est-à-dire sur la personne qui peut être dotée de compétences variables. Aujourd’hui, les deux leaders centristes sont dans la mouvance présidentielle. « On gagne toujours avec les extrêmes, mais souvent, on gouverne avec les centres », estime Abdoulaye Baldé, une façon de justifier son compagnonnage avec le Chef de l’État.

Enseignant-chercheur en Sciences politiques à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Serigne Thiam donne les raisons pour lesquelles les partis centristes sont peu visibles au Sénégal. « Dans les partis centristes, on peut répertorier des gens qui ont une allure idéologique de droite et d’autres de gauche, mais qui se retrouvent pour prôner la synergie ou la synthèse des deux. Ce sera très difficile pour les partis centristes de percer au Sénégal parce que si on regarde le fonctionnement de la politique du pays, il y a deux idéologies qui sont les plus identifiables, qui débordent d’énergie. Ce sont le socialisme et le libéralisme. On ne peut pointer du doigt un parti qui se réclame purement centriste. Les partis centristes qui existent au Sénégal sont, à la genèse, créés par des libéraux ou des socialistes », a-t-il expliqué.

Le journaliste et analyste politique Serigne Saliou Guèye d’ajouter : « au Sénégal, on ne connaît pas la doctrine de ces partis du centre. Leurs leaders n’ont produit aucun document pour dire leur vision ». D’après lui, les deux partis centristes ont été créés non pas pour conquérir le pouvoir mais plutôt pour marquer une certaine distance par rapport au Pds. « Ce sont des partis qui ont les ¾ de leurs pieds dans le libéralisme. Ils n’ont pas d’ambitions pour conquérir le pouvoir », a-t-il affirmé.

Une thèse battue en brèche par Jean Paul Dias

« Le Bcg s’est toujours présenté aux élections tout seul, quels que soient les résultats. J’ai été deux fois candidat à la Mairie de Dakar. J’ai été Député grâce à mon parti. Quand on crée un parti, c’est pour arriver au pouvoir, mais le chemin qui y mène n’est pas une partie de plaisir. Donc, nous avons des partis qui sont aptes à s’associer avec d’autres pour conquérir le pouvoir.

La preuve, le Bcg est membre fondateur de la mouvance présidentielle. Nous avons été avec le Président de la République depuis 2012. Nous avons porté sa candidature en même temps que l’Apr », a justifié le chef de file du Bcg. À l’en croire, si son parti peine à s’envoler, c’est parce qu’il est confronté à des problèmes financiers.

« Notre faiblesse a toujours été le manque de moyens financiers. On les aurait eus, comme certains, on serait au pouvoir », a-t-il avancé.

Ousmane Wade

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