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Cheikh Babou Gaye : des planches au Sotigui du meilleur acteur d’Afrique de l’Ouest

Révélé par « C’est la vie ! » et « Maîtresse d’un homme marié », le comédien sénégalais a décroché en 2025 la plus haute distinction ouest-africaine du jeu d’acteur.

Rédigé par leral.net le Jeudi 27 Août 2026 à 09:00 | | 0 commentaire(s)|

Cheikh Babou Gaye a décroché en 2025 le Sotigui du Meilleur Acteur d’Afrique de l’Ouest, lors de la 10e édition des Sotigui Awards. Une consécration continentale pour un comédien révélé par « C’est la vie ! » et « Maîtresse d’un homme marié », qui a construit sa carrière loin des raccourcis, du théâtre universitaire de Dakar aux plateaux de cinéma.


Une vocation née loin des projecteurs

Cheikh Babou Gaye, Sotigui du Meilleur Acteur d'Afrique de l'Ouest 2025.
Cheikh Babou Gaye, Sotigui du Meilleur Acteur d'Afrique de l'Ouest 2025.
Avant les caméras et les tapis rouges, il y avait un enfant partagé entre le sport et la scène. Le football et le karaté ont longtemps rythmé le quotidien de Cheikh Babou Gaye.

Derrière cette passion sportive se dessinait pourtant une autre inclination : celle du spectacle et de la création. Le théâtre entre progressivement dans sa vie et y prend une place singulière.

Fils de militaire, il grandit dans un environnement familial rigoureux. Pour assister aux répétitions, il lui faut contourner quelques obstacles et faire preuve de détermination.

À l’école, son engagement culturel devient vite visible : il est nommé président de la commission culturelle, responsabilité qu’il assume de la sixième à la terminale. Peu à peu, le théâtre cesse d’être un passe-temps. Il devient un langage.

L’université, laboratoire d’un futur comédien

Après le baccalauréat, Cheikh Babou Gaye poursuit ses études à la Faculté des Lettres et Sciences humaines. Il y intègre l’Atelier de recherche et de pratique théâtrale de l’Université.

Il y bénéficie de l’encadrement de figures importantes du théâtre : Jacqueline et Lucien Lemoine, ainsi que Ousmane Diakhaté, ancien directeur du Théâtre national Daniel-Sorano de Dakar.

Il découvre alors que le métier d’acteur ne repose pas seulement sur le talent ou la mémoire d’un texte. Il faut travailler le corps, la voix, les émotions, la présence scénique — et apprendre à observer la société.

2003 : la caméra entre dans son histoire

En 2003, il franchit une étape importante avec « L’Appel des arènes », production dans laquelle il côtoie des figures emblématiques de la lutte sénégalaise comme Tyson et Moustapha Guèye.

Le changement est important. Sur scène, l’acteur compose avec la présence immédiate du public. Face à une caméra, un regard, un silence ou un geste peuvent suffire.

Depuis cette première expérience, une philosophie guide son parcours : chaque personnage est une nouvelle aventure et chaque tournage une nouvelle occasion d’apprendre.

Le goût des personnages que le public déteste

L’une des particularités du comédien réside dans son goût pour les rôles qui ne sont pas faciles à aimer : infidèles, machos, hommes ambigus.

« L’acteur doit être capable de vivre plusieurs vies sans perdre la sienne », résume-t-il. Un comédien peut incarner l’infidélité sans être infidèle, jouer un homme violent sans être violent.

Ses participations à « C’est la vie ! » et « Maîtresse d’un homme marié » installent son visage dans l’imaginaire du public. Certains téléspectateurs finissent par l’associer aux comportements de ses personnages — une confusion qu’il accueille avec recul, voire avec amusement.

Karim dans « Nana », quand l’infidélité devient comédie

Avec « Nana », projet imaginé par une scénariste ivoirienne et d’abord conçu comme une série avant de devenir un long métrage, il incarne Karim, un mari infidèle qui déploie des trésors d’imagination pour préserver la confiance de son épouse.

Le personnage transforme ses mensonges et ses stratagèmes en ressorts comiques. Derrière le rire, une réflexion sur le couple et la confiance : jusqu’où peut-on aller pour sauver une relation ?

2025 : le Sotigui comme consécration

En 2025, Cheikh Babou Gaye décroche le Sotigui du Meilleur Acteur d’Afrique de l’Ouest, lors de la 10e édition des Sotigui Awards. La distinction inscrit son nom dans une reconnaissance qui dépasse le cadre national.

Un scénariste burkinabè lui a par ailleurs confié le rôle d’un policier, ouvrant une nouvelle perspective sur son potentiel d’interprétation.

Pour le cinéma sénégalais, cette distinction témoigne de la capacité de ses talents à s’imposer sur la scène ouest-africaine.

Les Oscars comme horizon

Le comédien n’entend pas s’arrêter là. Son ambition est de devenir un grand acteur de cinéma et, dit-il, de fouler un jour le tapis rouge des Oscars.

Le Sotigui n’est donc pas pour lui une ligne d’arrivée, mais une étape. Le signe que le chemin parcouru depuis les premières planches n’était pas vain.