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Cheikh Tidiane Bâ, Dg des Impôts et Domaines : «Il faut recentrer le débat sur le bilan du Président Macky Sall»


Rédigé par leral.net le Mercredi 28 Février 2018 à 23:46 | | 0 commentaire(s)|

A cette question qui m’est souvent posée, j’ai l’habitude de répondre par deux ou trois arguments. D’abord, l’engagement des cadres des Impôts et Domaines n’est pas nouveau, contrairement à ce que beaucoup semblent croire. En effet, nous avons connu de grandes personnalités de l’administration fiscale à qui je rends hommage (El Hadji Malick SY « Souris », Modou DIOP, Cheikh GUEYE), et qui ont eu à jouer des rôles de premier plan dans des formations politiques au pouvoir ou dans l’opposition.

Ensuite, j’ajoute que l’engagement dans le champ politique, relève d’un choix strictement personnel, qui ne saurait par conséquent être corrélé à l’appartenance à un corps ou à une qualification spécifiques.

Enfin, je puis vous assurer que l’impression que semble suggérer votre question ne correspond pas à la réalité, en ce sens que l’engagement de cadres des Impôts et des Domaines n’est pas plus marqué que dans les autres secteurs et qu’aujourd’hui, le nombre d’inspecteurs dans le champ politique ne dépasse pas 1% de notre corps.

Cela dit, et à l’image des autres citoyens de Sénégal, chacun est libre de faire des choix et de les assumer.

A titre personnel, qu’est-ce qui motive votre engagement ?

Je rappelle souvent que mon engagement pour ma communauté ne date pas d’aujourd’hui. En vérité, depuis près de deux décennies, je mène sans discontinuité des activités de développement au profit des jeunes, des femmes et des personnes du troisième âge. Par contre, mes fonctions actuelles donnent plus d’écho à cet engagement qui traduit toute l’estime que je nourris pour les Médinois ; estime que je sais réciproque.

Cet engagement auprès du Président de la République est une forme de prolongement de mon engagement citoyen et trouve ses motivations à deux niveaux : d’une part, ma volonté d’amplifier l’impact de mon action sociale au profit de ma ville mais surtout, ma foi en la détermination et la capacité d’un homme à engager les politiques dont notre pays a besoin pour accélérer sa marche vers son développement, vers l’émergence.

Cette détermination du président de la République, Son Excellence Monsieur Macky SALL, est bâtie autour d’une politique et d’un plan cohérents, le PSE. J’ai estimé donc qu’il était de ma responsabilité, dès lors que mon analyse du PSE m’a convaincu de sa portée historique et de sa pertinence à conduire notre pays vers l’émergence, de m’engager aux côtés du Président et de participer à cette exaltante œuvre de développement.

Vous avez dû lire les grandes lignes du PSE. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Bien entendu que j’ai, au-delà d’une simple lecture, procédé à une analyse lucide du PSE aussi bien dans ses grandes orientations et axes stratégiques que les réformes à engager et les projets et programmes devant permettre d’atteindre les changements attendus.

Pour être plus précis, et pour vous prouver la pertinence du PSE, je vous fais noter qu’à ma connaissance, c’est la première fois que dans notre pays, un homme politique propose un projet qui transcende son action individuelle ; je veux dire par là que le Président Macky SALL sait que l’émergence ne peut être réalisée à l’échelle d’un ou deux mandats ; c’est pourquoi, le PSE se projette à l’horizon 2035 et, ce faisant, implique plusieurs générations qui doivent conjuguer leurs efforts pour soutenir le développement à l’image des grandes révolutions que certains pays asiatiques ont su mener. Le PSE fait justement partie de ses grandes révolutions que le Sénégal mérite amplement.

Par ailleurs, en partant d’un diagnostic de notre situation économique et sociale qui n’a épargné aucun secteur, le PSE a retenu trois axes stratégiques (Transformation structurelle de l’économie et Croissance, Capital humain, Protection sociale et Développement durable et Gouvernance, Institutions, Paix et sécurité), à même de porter l’ambition d’émergence.

Enfin, comme autre caractère distinctif par rapport aux programmes qui nous ont été jusque-là proposés, pour garantir une opérationnalité du PSE, il a été délimité en différentes phases auxquelles sont arrimés des PAP (Plan d’actions prioritaires), avec une évaluation précise des besoins de financement et des réformes à opérer.

Un dernier argument qui est sans doute l’un des plus importants, c’est la volonté du président de la République de veiller personnellement à la mise en œuvre et l’engagement des segments les plus importants de la nation à l’accompagner dans cette œuvre.

A quelques mois de la présidentielle, pensez-vous que le bilan du Chef de l’Etat pourrait lui valoir un second mandat ?

Absolument, si sa réélection se mesure à l’aune de son bilan, un seul tour suffira. Je n’ai aucun doute là-dessus. D’ailleurs, ses détracteurs l’ont tellement bien compris, qu’il n’abordent jamais la question sous ce rapport, préférant se positionner sur des problématiques véritablement politiciennes, sans rapport avec les aspirations légitimes de nos concitoyens à un avenir meilleur.

C’est pourquoi, je répète souvent lors des échanges entre responsables dans les partis politiques et autres leaders qui soutiennent l’action du Président, que nous devons recentrer le débat sur son bilan. Et dans cet exercice, présentons de façon méthodique, pour chaque secteur, la situation de référence qui permet de mettre en relief les progrès enregistrés en matière d’infrastructures, de gouvernance, de modernisation de villes, d’énergie, de réduction des inégalités sociales, d’éducation, de santé, de réformes pour soutenir la croissance et permettre une amélioration de notre cadre des affaires et de la sécurité juridique, …

Pour vous donner un exemple dans un domaine que je connais bien, la politique fiscale sénégalaise a été repensée avec une réforme mise en œuvre à partir du 1er janvier 2013, à travers laquelle la fiscalité des ménages a été particulièrement allégée avec des renoncements de recettes de plus de 50 milliards par an, qui se traduisent par une augmentation du pouvoir d’achat des Sénégalais, une série de mesures pour soutenir le développement du tourisme en Casamance, la promotion de l’investissement et de l’industrialisation à travers une fiscalité propre aux zones économiques spéciales, la promotion du partenariat public-privé,…

Dans le domaine foncier, d’importantes réformes visent à promouvoir l’habitat social avec une baisse très importante de la fiscalité, la facilitation de l’accès à la terre et la promotion de la sécurité des titres d’occupation. A ce propos, je rappelle la mesure historique de transformer les titres précaires et autres droits d’usage à temps en titres fonciers, cela de façon totalement gratuite, …

En ma qualité d’inspecteur des Impôts et des Domaines et d’habitant de la Médina, je suis bien placé pour apprécier la portée de la décision du Président Macky SALL, d’offrir la chance au Sénégalais moyen d’accéder à la pleine propriété, c’est-à-dire avoir un titre foncier, de façon gratuite parce qu’il a pris la décision de renoncer aux droits d’enregistrement, au prix de cession et autres frais qui étaient réclamés à l’occasion de la transformation des baux et permis d’occuper en titres fonciers.

Sur le plan économique, c’est la première fois que notre pays enregistre une croissance du PIB aussi élevée (+6%) de façon soutenue, alors qu’il se situait à moins de 2% en 2011.

Même si nous devons encore faire des progrès, nous pouvons au moins nous accorder, quels que soient nos choix politiques, sur le fait que le bilan est absolument positif.

Notre défi réside dans notre capacité à éviter le piège de l’opposition consistant à nous entraîner dans le terrain des débats sans relief et des polémiques subjectives. Nous devons mettre le focus sur ce bilan, le présenter et le défendre, donc expliquer aux populations les progrès importants déjà réalisés et les impacts encore plus significatifs que les investissements déjà réalisés ou en cours, auront sur leur niveau de vie.

Dans ce cadre, notre mouvement travaille à des méthodes novatrices que nous proposerons le moment venu.

La dette semble être le cheval de bataille de l’opposition. Votre vision recoupe-t-elle celle du Gouvernement ?

Tout à fait, je partage cette position parce qu’elle correspond à la réalité. Mais avant d’y revenir, je me réjouis qu’on se décide enfin au Sénégal à poser le débat sur les vraies questions, même s’il faut s’en désoler, ceux qui en parlent le plus, n’en saisissent vraiment pas la portée réelle.

Cela dit, la politique d’endettement du Sénégal reste parfaitement maîtrisée et le Ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, M. Amadou BA, l’a réaffirmé à plusieurs occasions : il n’y a aucun risque d’insolvabilité, notre pays respectant toutes ses échéances de paiement de la dette.

Au-delà de ces considérations qui peuvent paraître assez exotériques pour ceux qui ne sont pas spécialistes des finances publiques, le plus important est d’expliquer aux Sénégalais, que tous les pays, même les plus développés, s’endettent car l’endettement n’est pas une mauvaise chose.

Le débat qui doit être posé, c’est la finalité de cet endettement, c’est-à-dire à quoi il est destiné, sa qualité, c’est-à-dire les conditions de la dette et notre capacité de remboursement.

Et sur ces trois conditions, le Gouvernent du Président Macky SALL est tout à fait à l’aise. Aujourd’hui, notre endettement est vertueux car orienté vers les grands projets d’infrastructures (autoroutes, routes, train express régional, aéroport, développements d’infrastructures en matière d’énergie, universités, …). On se s’endette plus pour organiser un festival, comme ce fut le cas il y a quelques années, mais pour réaliser des investissements structurants. Le Sénégal a besoin de rattraper son retard dans certains domaines et nous devons nous réjouir d’avoir un Président de la République qui a la confiance absolue des partenaires bilatéraux et multilatéraux

Sur la qualité de la dette, depuis 2012, le Sénégal s’endette à des conditions favorables car ayant retrouvé toute la confiance des partenaires financiers et le niveau de maturité est parfaitement maîtrisé. Le temps où l’on était obligé de contracter des dettes à échéance courte à des taux élevés, est loin derrière nous.

Sur notre capacité de remboursement, je l’ai évoqué plus haut, vous n’avez jamais entendu parler d’une échéance de paiement de la dette qui n’a pas été respectée parce que notre cadre macro-économique est assaini et notre dynamique de croissance robuste.

Comment se porte la Direction des Impôts et domaines au moment où vos détracteurs parlent de baisse de recettes ?

C’est méconnaître les performances de l’administration fiscale que de parler de baisse de recettes.

En termes de ressources intérieures, la DGID, grâce à l’engament de ses personnels et aux réformes apportées à notre organisation et au système fiscal, a fait des progrès importants en matière de mobilisation de recettes intérieures, où notre contribution dépasse les 60%.

Pour vous en convaincre, en 2013, on faisait moins de 820 milliards, en 2015, nous avons atteint pour la première fois la barre de 1.000 milliards et en 2017, nous avons dépassé 1.200 milliards. Appréciez vous-même.

Vos actions sont particulièrement visibles à la Médina. Quelles sont vos ambitions ?

Il est vrai que comme je l’ai rappelé plus tôt, à travers notre association et le club que nous avons mis en place avec des fils de la Médina, nous y menons beaucoup d’actions dans le domaine de l’éducation, de la formation des jeunes et des femmes à l’auto-emploi, leur insertion dans le milieu professionnel et l’accès aux sources de financement ainsi que dans d’autres actions de solidarité que ne nous révélons pas au grand public parce que c’est ça que nous dicte nos valeurs sociales.

Mon ambition pour la Médina n’a pas changé fondamentalement ; c’est juste me mettre au service de ma communauté et de mon pays. Dans cette entreprise, ma volonté est de contribuer à toutes les initiatives, en synergie avec les responsables politiques de l’APR et des partis et mouvements qui soutiennent l’action du Président Macky SALL, tendant à mettre en œuvre les actions et les mécanismes de nature à garantir une large appropriation de sa politique et une bonne perception de son bilan.

Revenant à notre cité, je rappelle souvent que la Médina, eu égard à sa trajectoire historique et à la valeur des hommes et des femmes qu’elle a vu naître et grandir à l’échelle de plusieurs générations, doit changer de visage et offrir l’image d’une ville résolument tournée vers la modernité, par un cadre de vie rénové et des infrastructures de qualité.

Pour réaliser cette ambition, notre association Proxim’Jeunes et le Club CATB (Cellule d’Appui pour le Triomphe du Benno), ont adopté une démarche novatrice. Dans ce cadre, nous comptons nous baser sur des ressources propres générées par les actions de l’association, par notamment la tenue d’un grand gala de charité prévu le 03 mars 2018, et ainsi trouver les moyens d’organiser un grand forum consacré au développement de la Médina.

Nous avons déjà mis en place des comités scientifiques qui sont en train de réfléchir sur des thématiques précises qui serviront d’input aux travaux du forum.

Le document programmatique qui sera issu de cet exercice de planification inclusive, pourra servir de feuille de route à nos interventions, celles des acteurs institutionnels (Collectivités territoriales, Etat, partenaires financiers) et privés (entreprise en RSE) ainsi qu’aux fils de la Médina d’ici et d’ailleurs.

Recueillis par M. Dieng (Icône Magazine)

 



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