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Code du travail et sécurité sociale : le Front syndical exige le respect des droits des travailleurs

Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) alerte sur la situation sociale au Sénégal et exprime ses réserves concernant le réexamen des projets de Code du travail et de Code de la sécurité sociale. Lors d’une conférence de presse, Marie Yvette Keita, membre de l’UNSAS et du FSDT, a appelé les autorités à privilégier le dialogue et la concertation avec les organisations syndicales.


Rédigé par leral.net le Lundi 10 Août 2026 à 15:29 | | 0 commentaire(s)|

Le Front syndical rappelle que les deux projets de loi, précédemment renvoyés en commission pour une seconde lecture, comportent certaines avancées jugées importantes. Il cite notamment les dispositions relatives à la santé et à la sécurité au travail, à la protection des femmes liées à la maternité, à la protection sociale des travailleurs du secteur informel ainsi qu’au télétravail.

Cependant, ces avancées ne suffisent pas à dissiper les inquiétudes des organisations syndicales. Selon Marie Yvette Keita, plusieurs dispositions continuent de susciter des préoccupations, notamment celles qui pourraient, selon le Front, fragiliser la sécurité de l’emploi, la protection sociale des travailleurs et les libertés syndicales.

Le Front demande une nouvelle concertation

Face à ces préoccupations, le FSDT réclame d’abord la suspension de la procédure d’adoption définitive des deux projets de loi. Il demande également que les organisations syndicales puissent disposer des versions actualisées des textes ainsi que des éventuels amendements introduits.

Le Front souhaite surtout l’ouverture d’une véritable concertation permettant d’examiner de manière contradictoire les dispositions contestées.

Pour Marie Yvette Keita, aucune réforme ne devrait conduire à une régression des droits acquis par les travailleurs. Elle estime également que les engagements pris dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale doivent être pleinement respectés.

« La stabilité sociale ne peut être construite sans les travailleurs »

Le FSDT dénonce par ailleurs ce qu’il considère comme des contradictions entre la volonté affichée de promouvoir le dialogue social et certaines mesures susceptibles, selon lui, de réduire l’espace de liberté syndicale ou de remettre en cause des acquis sociaux.

Le Front évoque également les licenciements qu’il qualifie d’abusifs de travailleurs et de responsables syndicaux ainsi que certaines situations conflictuelles persistantes dans le monde professionnel.

« La stabilité sociale ne peut être construite sans les travailleurs », soutient Marie Yvette Keita, qui insiste sur la nécessité de fonder cette stabilité sur la confiance, le respect des engagements, la négociation collective, la justice sociale et la protection des libertés syndicales.

Une mobilisation annoncée en cas de passage en force

Tout en réaffirmant sa disponibilité au dialogue, le Front syndical prévient qu’il ne considère pas cette disposition comme un signe de faiblesse ou de résignation.

Selon Marie Yvette Keita, toute tentative de faire adopter les projets de Code du travail et de Code de la sécurité sociale sans une véritable concertation avec les travailleurs pourrait peser dans la définition du prochain plan d’action du Front.

Ce plan prévoit notamment des tournées dans les départements du pays, des assemblées générales dans les entreprises et les lieux de travail, une marche nationale ainsi qu’une grève générale de 72 heures.

Le FSDT appelle ainsi ses organisations membres, ses délégués et l’ensemble des travailleurs à rester mobilisés et vigilants.

Le Front lance enfin un appel aux pouvoirs publics et aux parlementaires afin de privilégier le dialogue à l’affrontement et la concertation au passage en force. Il réaffirme sa disponibilité à rechercher des solutions consensuelles, tout en assurant qu’il restera déterminé à défendre les droits, les libertés et les intérêts des travailleurs.