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Comment enregistrer un bon témoignage audio avec un simple téléphone


Un accident, une inondation, une cérémonie, une injustice vécue : de plus en plus de lecteurs envoient à leur radio ou à leur site d'information un témoignage enregistré avec leur téléphone. C'est précieux. Mais bien souvent, le son est inaudible, couvert par le vent ou le bruit de la rue, et le message se perd. Quelques gestes simples suffisent pourtant à obtenir un enregistrement propre, que n'importe quelle rédaction pourra diffuser.

Avant d'appuyer sur « enregistrer »

Le premier choix, c'est le lieu. Cherchez un endroit calme, à l'abri du vent, loin de la route, du ventilateur et du téléviseur. Un vent même léger produit dans le micro un souffle que rien ne peut effacer ensuite. Si vous êtes dehors, tournez le dos au vent et mettez votre main ou votre corps entre le micro et les rafales. À l'intérieur, une pièce avec un lit, des rideaux ou des habits absorbe l'écho bien mieux qu'une salle vide au sol carrelé.

Le deuxième choix, c'est l'application. Tous les téléphones ont un dictaphone ou un enregistreur vocal préinstallé : c'est lui qu'il faut utiliser, plutôt que les messages vocaux de WhatsApp, qui compressent fortement le son. Dans les réglages de l'application, choisissez la meilleure qualité disponible. Fermez les autres applications et passez le téléphone en mode avion pour éviter qu'un appel n'interrompe l'enregistrement.

Pendant l'enregistrement

Repérez le micro de votre téléphone : il se trouve en bas, près du connecteur de charge. C'est ce côté-là qu'il faut orienter vers la bouche de la personne qui parle, à une distance de quinze à vingt centimètres, à peu près la longueur d'une main ouverte. Trop près, le son sature et les « p » claquent ; trop loin, la voix se noie dans le bruit ambiant. Tenez le téléphone fermement, sans bouger les doigts, car chaque frottement sur la coque s'entend.

Avant le témoignage lui-même, faites dire à la personne, ou dites vous-même, la date, le lieu et son nom si elle accepte d'être identifiée. Ces quelques secondes évitent bien des confusions à la rédaction. Laissez ensuite parler sans interrompre, et surtout sans commenter par-dessus : vos « oui », « d'accord » et « hmm » couvrent des mots. Si la personne s'arrête, attendez deux ou trois secondes de silence avant de poser la question suivante ; ce silence facilite le montage.

Un bon témoignage dure entre une et trois minutes. Au-delà, le message se dilue et l'enregistrement devient difficile à exploiter. Si l'histoire est longue, mieux vaut plusieurs enregistrements courts, chacun sur un point précis, qu'un seul fichier de vingt minutes.

Le respect des personnes

Un témoignage n'est pas une captation en cachette. Demandez toujours l'accord de la personne avant d'enregistrer, et dites-lui que le son peut être diffusé. Si elle souhaite rester anonyme, précisez-le à la rédaction, qui pourra modifier sa voix ou ne pas la nommer. N'enregistrez pas des mineurs sans l'accord d'un parent, et évitez de faire parler quelqu'un sous le coup d'une forte émotion sans lui laisser le temps de se reprendre. Ces précautions protègent la personne, et elles protègent aussi la crédibilité de votre témoignage.

L'envoi à la rédaction

Réécoutez le fichier avant de l'envoyer. Si un passage est inaudible, réenregistrez-le plutôt que d'espérer que la rédaction s'en arrangera. Envoyez ensuite le fichier original, sans le convertir, de préférence par courriel ou par un service de partage de fichiers ; si vous passez par WhatsApp, utilisez la fonction « document » plutôt que le message vocal, afin de conserver la qualité d'origine. Accompagnez le son d'un court message écrit : qui parle, où, quand, à propos de quoi, et un numéro où vous joindre pour vérification. Aucune rédaction sérieuse ne diffuse un son dont elle ne peut pas confirmer l'origine.

À retenir

Un lieu calme, le micro à une main de la bouche, une présentation claire au début, entre une et trois minutes, l'accord de la personne et un fichier envoyé sans compression : avec ces six règles, un simple téléphone suffit pour produire un témoignage que l'on entendra à l'antenne. C'est ainsi que l'information de proximité se fabrique aujourd'hui, avec les auditeurs eux-mêmes.

Photo : Johnnybam / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)