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Politique

Commercialisation agricole 2026-2027 : les décisions du Conseil

Le Premier ministre Ahmadou Alhaminou LO a présidé un Conseil interministériel consacré à l'arachide, au coton, au riz et aux autres filières

Rédigé par leral.net le Lundi 26 Octobre 2026 à 15:37 |

Le Premier ministre Ahmadou Alhaminou LO a présidé le jeudi 22 octobre 2026 un Conseil interministériel sur la campagne de commercialisation des produits agricoles 2026-2027. Les décisions portent sur les préalables à l'ouverture, le financement, les filières et la traçabilité, avec des ouvertures annoncées au 15 novembre 2026 pour le coton et à fin novembre 2026 pour l'arachide.


Un Conseil structuré en quatre axes
Selon le site vie-publique.sn (publication du 22 octobre 2026), le Premier ministre Ahmadou Alhaminou LO a présidé ce jeudi, au Building administratif Président Mamadou Dia, un Conseil interministériel sur la campagne de commercialisation des produits agricoles 2026-2027. La source indique que vingt décisions ont été prises, réparties en quatre axes : les prérequis et mesures d'urgence avant l'ouverture, le financement, les mesures propres à chaque filière, et la traçabilité, le contrôle et la synergie pour suivre la mise en œuvre. Le relevé est rédigé à la première personne : le chef du gouvernement y « engage » les ministres concernés à exécuter chaque mesure.

<b>Prérequis : dates d'ouverture, prix et points de collecte</b><br />Faits annoncés : les dates d'ouverture sont fixées au 15 novembre 2026 pour le coton et à fin novembre 2026 pour l'arachide. Le ministre chargé de l'Agriculture, avec ses collègues du Commerce et des Finances, doit définir les conditions opérationnelles par filière avant l'ouverture et finaliser sans délai l'accord-cadre entre l'État et le Comité national interprofessionnel de l'arachide (CNIA). Il doit aussi créer un comité chargé de formuler chaque année une recommandation sur le prix de l'arachide. Ce prix devra garantir un seuil de sauvegarde au producteur tout en préservant la compétitivité à l'export. Les modalités d'exportation de l'arachide (périodes, volumes autorisés, conditions) devront être arrêtées et rendues publiques dès l'ouverture.

Le relevé demande aussi de rendre fonctionnels les points de collecte. Leur nombre sera ajusté à la production attendue et au financement disponible, et l'on passera de l'agrément des opérateurs à celui des points eux-mêmes. Le criblage devient obligatoire aux points de collecte et aux centres de réception dès l'ouverture, et conditionne l'agrément des points ainsi que la réception des graines par les huiliers et les exportateurs. Avant le 15 novembre 2026, un état des lieux des cribles et tarares déjà déployés doit être dressé. Leur maintenance sera confiée à des artisans locaux, dans le cadre d'un contrat d'entretien pris en charge par les opérateurs de collecte.

Le Conseil demande enfin d'accélérer l'opérationnalisation du programme Allo tracteur, de renforcer l'acquisition de matériels de récolte et de triage pour les producteurs, de poursuivre la construction d'infrastructures de stockage froid pour les produits horticoles, et de renforcer les moyens de l'ISRA et de l'Institut national de Pédologie.

<b>Financement : SONACOS, arriérés et garanties</b><br />Le ministre chargé des Finances doit boucler, avant l'ouverture de la collecte, le plan de financement de la SONACOS, avec le Commerce, la Banque Agricole (chef de file du pool bancaire) et l'APBEFS. Il doit aussi sécuriser sa trésorerie de démarrage, de l'ordre d'un milliard de FCFA par jour pendant les trente premiers jours de collecte, en attendant les premiers décaissements des bailleurs.

Le Conseil prévoit par ailleurs le règlement de 44 milliards de FCFA d'arriérés dus aux opérateurs fournisseurs d'intrants, avec la remise à chaque opérateur d'une attestation officielle de créance sur l'État, établie sur la base des factures liquidées.

Un plan de financement opérationnel, par filière et par débouché, doit être adopté avant l'ouverture. Il doit sécuriser en priorité l'achat et le paiement des semences, dont dépend la campagne de production suivante. Il s'appuiera sur quatre outils :
- des lettres de domiciliation de règlement après service fait ;
- le récépissé d'entreposage et la tierce détention, avec des entrepôts agréés par l'ORSRE ;
- une garantie partielle du FONGIP sur les crédits de collecte des opérateurs agréés, à la place de toute avance budgétaire ;
- le paiement par mobile money, pour les producteurs qui le souhaitent, adossé à l'enrôlement sur la plateforme ERP-PAS.

Pour le coton, le ministre des Finances doit délivrer sans délai à la SODEFITEX l'attestation officielle de créance sur ses arriérés et programmer leur apurement. Il doit aussi confirmer, avant le 15 novembre 2026, une enveloppe de soutien à la filière de 5 milliards de FCFA.

<b>Filières : tourteaux, coton, maïs, riz, horticulture, mil et sésame</b><br />Arachide et SONACOS : une stratégie d'écoulement doit être arrêtée pour le stock de 70 450 tonnes de tourteaux d'arachide, que les seuls industriels nationaux ne peuvent absorber. Elle combine une vente locale aux provendiers et aux meuniers à un prix révisé, via un avenant au protocole d'accord du 25 décembre 2025, et l'affectation d'une partie du stock à l'assistance pastorale décidée pour la soudure 2026, dont le besoin est de 14 706 tonnes d'aliments de bétail. Elle prévoit aussi le renouvellement du protocole sur l'achat des huiles de la SONACOS par les commerçants. Le protocole entre l'État et les huiliers sur l'accompagnement douanier doit être finalisé avant l'ouverture. La SONACOS doit en outre être incitée à valoriser son patrimoine foncier par le recyclage d'actifs, afin de financer le renouvellement de ses lignes industrielles anciennes et la diversification de ses produits, et elle doit être recapitalisée.

Coton : l'objectif est de 35 000 tonnes cette campagne, avec un paiement des producteurs à trois jours. Le Conseil retient aussi la stratégie d'association d'acheteurs industriels en qualité d'outgrowers, et l'intégration de la graine de coton dans le dispositif, avec une valorisation par les huileries et les provendiers nationaux.

Maïs : la dynamique portée par le programme Grenier du maïs et le protocole avec les provendiers doit se poursuivre. Le protocole État-provendiers doit être renouvelé sans délai sur un objectif de 30 000 tonnes, avec un accompagnement bancaire.

Riz local : le ministre du Commerce doit mettre en place un mécanisme de péréquation, adossé à l'indexation des importations sur les achats de riz local. Il doit payer aux riziers la subvention de 50 FCFA par kilogramme due sur les enlèvements déjà réalisés, faire reconnaître l'interprofession du riz et accompagner la formalisation du CIRIZ. Un atelier CIRIZ-Banque Agricole sur le financement de la campagne 2027 doit se tenir avant l'ouverture. Les stocks des rizeries seront sécurisés par un tiers détenteur, et les emballages, la qualité et la marque du riz local harmonisés avec l'appui de l'ASN. Des mesures de compétitivité face aux importations doivent être proposées avant la fin de l'année.

Produits horticoles : un calendrier de régulation des importations sera arrêté en fonction de la disponibilité de la production nationale, et les autorisations d'importation seront conditionnées à la justification d'achats de produits locaux. Le fonds de commercialisation de l'oignon et de la pomme de terre doit être renforcé.

Mil et sésame : l'approche des protocoles de commercialisation sera étendue à ces filières, avec des objectifs de 150 000 et 50 000 tonnes. Leur besoin de financement doit être estimé, puis ces filières seront inscrites, avec le riz local et l'horticulture, au suivi hebdomadaire du financement.

<b>Traçabilité et contrôle : digitalisation par étapes et surveillance des flux</b><br />Le Conseil prévoit une digitalisation de la commercialisation par étapes. Une phase pilote démarrera dès la campagne 2026-2027, limitée à quelques départements et à des fonctions simples : enregistrement des points de collecte et des opérateurs, suivi des volumes collectés et des paiements aux producteurs. La collecte ne devra pas en dépendre ailleurs. Une évaluation est prévue avant la fin de la campagne, puis une extension progressive selon les résultats, avec l'introduction de récépissés d'entreposage électroniques et l'interconnexion avec la plateforme de suivi des flux de collecte proposée par le ministère du Commerce.

Le relevé demande aussi de généraliser la lettre de voiture pour tout transport d'arachide, comme pièce de traçabilité entre points de collecte, huileries et exportateurs. Il prévoit de renforcer, avec les moyens existants des forces de défense et de sécurité, la surveillance des zones de production et des axes menant aux frontières, et d'engager avec les pays limitrophes une coordination sur le contrôle des flux transfrontaliers. Les services régionaux du commerce devront veiller à ce que le prix plancher soit effectivement perçu par le producteur. Le texte transmis s'interrompt en plein milieu de cette dernière mesure, sur la prévention des conflits d'intérêts : la suite n'est pas connue.

<b>Ce que l'on peut retenir</b><br />Analyse, limitée à ce qui ressort du relevé : le Conseil insiste sur la sécurisation du financement avant l'ouverture de la collecte (trésorerie de la SONACOS, arriérés, garanties) et sur le contrôle des flux, avec le criblage obligatoire, la lettre de voiture et la surveillance des frontières. Pour la plupart des mesures, le relevé ne donne pas d'échéance précise. Seules figurent les dates du 15 novembre 2026 pour le coton et de fin novembre 2026 pour l'arachide, l'état des lieux des cribles et tarares et la confirmation de l'enveloppe de 5 milliards de FCFA avant le 15 novembre, ainsi que les mesures de compétitivité du riz avant la fin de l'année. Source : vie-publique.sn, 22 octobre 2026.

<em>Source : Vie-Publique.sn (Actualité officielle), 2026-10-22T12:00:00.000Z — https://www.vie-publique.sn/actualites/427/campagne-de-commercialisation-des-produits-agricoles-2026-2027</em><br /><em>Information issue de sources officielles publiques. Leral.net n'est pas responsable des erreurs présentes dans la source.</em>




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