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Constitution : Mansour Diop met en garde, Fatou Abdou Ndiaye plaide pour l’intérêt général


Rédigé par leral.net le Lundi 22 Juin 2026 à 12:49 | | 0 commentaire(s)|

Le Président de l’Assemblée nationale a informé la Conférence des présidents (CDP) de la réception, le vendredi 19 juin 2026, de l’avis du Président de la République sur la proposition de loi portant révision de la Constitution.

Selon le journaliste Mansour Diop, cette démarche est tout à fait normale : « Il est normal que le Président donne son avis. Cependant, il ne faut pas reproduire les erreurs du passé, notamment celles qui ont provoqué des tensions entre 2022 et 2024. Il ne faudrait pas procéder à des changements constitutionnels, comme cela a été le cas avec certaines réformes ou projets de référendum, dans le but d’en tirer un avantage politique personnel. Cela pourrait engendrer de nouvelles difficultés. »

Il a également estimé qu’il faut mettre fin aux révisions répétitives de la Constitution : « Il faut arrêter de déshabiller et de rhabiller notre Constitution. À chaque changement de régime, on modifie les dispositions qui ne conviennent pas aux nouvelles autorités ou qui peuvent leur permettre de rester plus longtemps au pouvoir. Si l’on veut réellement incarner la rupture, cette pratique doit cesser. »
De son côté, Fatou Badou Ndiaye a rappelé que le président de la République était tenu de donner son avis dans les délais prévus par la loi : « Il a donné son avis, mais jusqu’à présent, nous n’en connaissons pas la teneur. De toute façon, le président de la République ne pouvait pas s’abstenir de répondre, puisqu’il disposait d’un délai de dix jours francs pour le faire. Même en l’absence d’avis présidentiel, l’Assemblée nationale aurait poursuivi son travail dans le cadre de ses prérogatives législatives. »

Elle estime toutefois qu’il reste à connaître le contenu précis de cet avis :« Il faut savoir si le Président est favorable à la proposition qui lui a été soumise, sur quels points il est d’accord et sur quels autres il émet des réserves. »

Poursuivant son analyse, elle a souligné que plusieurs dispositions méritent une attention particulière : « Il y a notamment la question du renforcement des pouvoirs du Premier ministre. Cette proposition de loi pourrait effectivement consolider ses prérogatives. Mais il faut rappeler qu’une loi ne porte pas le nom d’une personne. La loi est générale et impersonnelle. Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’Ousmane Sonko, mais d'Al Amine Lo demain ce sera peut-être quelqu’un d’autre. L’essentiel est de savoir si cette révision constitutionnelle sert l’intérêt du Sénégal. Si tel est le cas, elle est bienvenue. »

Mame Fatou Kebe