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Covid-19 / Relâchement à grande échelle après le confinement : Des spécialistes de la santé redoutent une 3e vague

Au moment où des pays comme la France — en plein dans une troisième vague de contamination —, ont transformé certains de leurs stades en « vaccinodromes » pour inoculer des doses à un maximum de citoyens en un temps record, le Sénégal, au lieu de trouver des stratégies de vaccination massive, renoue avec ses vieilles habitudes.


Rédigé par leral.net le Vendredi 9 Avril 2021 à 09:31 | | 0 commentaire(s)|

Covid-19 / Relâchement à grande échelle après le confinement : Des spécialistes de la santé redoutent une 3e vague
Ce en déroulant le tapis rouge au virus avec des rassemblements politiques et sportifs de grande envergure, sans aucun respect des gestes- barrières. Si certaines spécialistes avertissent sur un éventuel retour du bâton à travers une 3e vague malgré la tendance baissière observée ces derniers jours, d’autres demandent de faire dans la proactivité et l’innovation, en organisant des séances de vaccination la nuit pour ne pas couper la couverture vaccinale.

Laquelle est considérée par notre consultant en santé, comme une « fausse protection individuelle » devant l’écrasante majorité des non vaccinés. Autrement dit, le nombre de personnes vaccinées serait « insignifiant » pour constituer une protection collective.

La Covid-19, malgré la tendance baissière des contaminations notée ces jours-ci, poursuit sa randonnée macabre. Hier, on a encore enregistré deux décès liés à cette pandémie. Pendant que la course à la vaccination bat son plein partout ailleurs, avec des records de gens vaccinés dans des pays comme les Etats-Unis ou Israël, voire la Grande-Bretagne et l’Allemagne — en France, on est déjà en plein dans la troisième vague de contamination —, au Sénégal, on déroule le tapis rouge à ce virus pernicieux et très mortel.

Après le combat de lutte organisé le jour de la fête de l’Indépendance par le promoteur de lutte Gaston Mbengue et qui a enregistré un monde fou, l’Arène nationale a de nouveau affiché le plein au lendemain de cet évènement sportif, en accueillant un autre évènement d’envergure. Un événement cette fois-ci politique.

En effet, les femmes du parti présidentiel, l’Alliance Pour la République, avec à leur tête leur présidente nationale, le ministre Mme Ndèye Saly Diop Dieng, avaient sonné la remobilisation des troupes, en organisant un grand meeting politique. Un meeting dans lequel une foule massive a assisté sans aucun respect des gestes et mesures barrières édictés par les autorités sanitaires.

« Ailleurs, on mobilise les troupes pour de vastes campagnes de vaccination pour freiner la pandémie de Covid-19. Au Sénégal, on déroule le tapis rouge au Covid qui poursuit tranquillement sa balade meurtrière », s’indigne Dr. Mamadou Mansour Diouf.

L’anesthésiste-réanimateur n’a cessé, depuis le début de la pandémie, d’alerter sur les risques qu’encourt notre pays dont le système de santé est plus que fragile. Faisant dans l’ironie, il indique que « le Sénégal risque de surpasser tout le monde, en se débarrassant définitivement du Covid par l’immunité naturelle au prix du sang qu’il a déjà payé contre vents et marées ».

Juste pour dire que notre pays semble sonner la fin de la pandémie, au regard de la reprise de toutes les habitudes favorables à la multiplication d’un virus. « Mais attention au retour de bâton ! », prévient notre interlocuteur, tout en indiquant que beaucoup de personnes, qui ont déjà reçu leur dose de vaccin, se croient à l’abri du virus dès la première injection. Raison pour laquelle, dit-il, elles ont repris leurs activités comme en temps normal.

Dr. Mamadou Mansour Diouf informe qu’en ce moment précis, marqué par un relâchement presque général au Sénégal, il continue de recevoir, en réanimation, des personnes régulièrement vaccinées mais qui présentent des formes sévères de la maladie ! Comme quoi, il faut se méfier des fausses idées reçues…

Une troisième vague redoutée

Cela dit, les meetings politiques et autres activités sportives corrélés aux anniversaires des artistes, et aux soirées organisées le dernier week-end avant le Ramadan, ne font-ils pas courir des risques d’apparition de nouveaux clusters, pour ne pas dire une troisième vague de contamination ? Les autorités sanitaires sont-elles conscientes du danger qui guette le pays ?

Cheikh Doudou Mbaye, détenteur d’un Master en santé publique (Mps), avoue que « c’est la question toute légitime à se poser ». Faisant dans la nuance, il explique que « compte tenu des pressions sociales et autres libertés de la population, cela semble être un sentiment de désespoir voire d’impuissance des autorités », et que « si les rassemblements sont propices au développement du virus, on ne pourrait y échapper ».

Il pense que l’objectif devrait être centré aujourd’hui sur la vaccination de masse et éviter la naissance de nouveaux clusters ainsi que le début d’une troisième vague de contamination. Surtout, si l'on sait que notre couverture vaccinale, comme le souligne notre consultant en santé, Dr. El Hadj Ndiaye Diop, « est insignifiante pour constituer une protection collective. C’est plutôt une fausse protection individuelle devant l’écrasante majorité des non vaccinés ».

Ce qui, d’après le diagnostic posé par Dr. Diop, pourrait être une « source possible de variants. D’autant que rien n’a changé par rapport aux risques de contamination », confie le médecin en service à l’hôpital Ndamatou de Touba.

Il est vrai que les chiffres liés à l’infection au Sars-Cov2 ont connu une baisse significative dans notre pays. De trois chiffres, les nouvelles contaminations sont passés à deux chiffres tandis que les décès sont tombés à un chiffre, contre deux chiffres, avec un record de 18 décès enregistrés le 22 février dernier.

Là où on enregistrait 100 à 200 cas positifs par jour, hier le communiqué quotidien du ministère de la Santé et de l’Action sociale n’a fait état que de 34 cas revenus positifs sur les 793 tests réalisés. Et seulement ,deux décès après un week-end de Pâques passé sans aucune perte en vie humaine liée au coronavirus. Les autorités sanitaires poursuivent leur campagne de vaccination.

A la date d’hier, 308 318 personnes avaient reçu leur dose vaccinale dont 2 954 vaccinées le lundi 05 avril.

Par rapport justement à la stratégie vaccinale qui pourrait connaître un déclin à cause du mois de Ramadan, Cheikh Doudou Mbaye, Mph en Politique et gestion des systèmes de santé et de soins en santé, propose la proactivité et l’innovation, qui pourraient permettre de barrer la route à la survenue d’une troisième vague de contamination.

« A l’aube du mois de Ramadan, alors que les chiffres de notre infection au Sars-Covid-19 sont en régression dans une belle tendance baissière, il est important d’être proactif et de court-circuiter une potentielle troisième vague » estime-t-il.

Citant les imams et oulémas, Cheikh Doudou Mbaye rappelle que le mois de Ramadan ne serait pas propice à la vaccination. Mais de son avis, « la dynamique née de cette bonne adhésion vaccinale ne doit pas souffrir de cette pause ».

Il recommande ainsi que la vaccination se poursuive « de nuit » dans les districts sanitaires et partout où le citoyen pourrait se faire piquer. Une disposition qui permettrait donc aux autorités sanitaires, d’aller plus loin dans la recherche de notre immunité collective.

Car, explique M. Mbaye, une semaine perdue serait une semaine de trop. A plus forte raison, un mois perdu, et qui pourrait favoriser de nouvelles contaminations. En proposant de vacciner la nuit pour ceux qui vont observer le jeûne, Cheikh Doudou Mbaye pense que l’occasion ne pourrait être plus belle pour le ministère de la Santé d’envahir les plateaux de télévision avec les médecins-chefs de région médicale, pour donner une bonne communication à la stratégie de la vaccination et éventuellement, faire un diagnostic sans complaisance de la situation, région par région, des succès, échecs, obstacles et potentialités…

Pourquoi pas aussi des équipes mobiles disponibles au niveau des grandes mosquées ou autres endroits de prières, pour faciliter aux Sénégalais la vaccination avant et après les « nafilas », comme le souhaitent des Sénégalais « lambda » ?





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