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Crise politique au Sénégal : La Commission africaine des droits de l’homme, profondément inquiète


Rédigé par leral.net le Vendredi 9 Juin 2023 à 11:06 | | 0 commentaire(s)|

Crise politique au Sénégal : La Commission africaine des droits de l’homme, profondément inquiète
La crise politique au Sénégal a fait de nombreux morts, des blessés et des prisonniers. Cette situation inquiète toutes les institutions internationales de protection des droits et libertés.

Il en est ainsi de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples qui, dans un communiqué parvenu hier à «L’As», dit suivre avec inquiétude, les violentes échauffourées nées de la condamnation de Ousmane Sonko, à deux ans de prison pour corruption de jeunesse et de l’appel à la « résistance constitutionnelle populaire» du bureau politique des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF).

Elle constate avec tristesse que les différents heurts entre manifestants et forces de l’ordre, dans plusieurs banlieues de la capitale, ont causé la mort de 15 personnes et des dégâts matériels importants, après l’annonce du verdict à l’encontre de M. Sonko. La Commission est préoccupée par la mesure gouvernementale de restriction de l’accès aux réseaux sociaux comme Facebook, WhatsApp ou Twitter, pour faire cesser « la diffusion de messages haineux et subversifs ».

Elle déplore aussi la restriction de mouvement imposée depuis le 28 mai 2023 à Ousmane Sonko, mis de force en résidence surveillée, sans aucun contact avec ses avocats, dans l’attente du verdict de son procès pour viol rendu le jeudi 1er juin 2023. Depuis Banjul, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples n’a pas manqué de condamner fermement les affrontements survenus entre les partisans d’Ousmane Sonko et les forces de l’ordre, les violences envers les forces de l’ordre, les troubles à l’ordre public, ainsi que l’utilisation de la force par les agents chargés du maintien de l’ordre contre des civils.

Elle a rappelé que les droits à la vie, à la liberté d’expression et l’accès à l’information, à la liberté de réunion et de manifestation, ainsi qu’à la liberté de mouvement, sont des droits garantis par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (la Charte africaine), respectivement en ses articles 4, 9, 11 et 12. La Commission appelle dans la foulée, toutes les parties prenantes à faire preuve de retenue et invite les autorités sénégalaises à prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer le calme et la stabilité.

Elle exhorte aussi les forces de sécurité au respect de tous les droits garantis par la Charte africaine et d’autres instruments pertinents et à éviter tout recours à la force létale, dans le cadre du maintien de l’ordre public. A la suite de cela, elle encourage les manifestants à exprimer leur désaccord dans le strict respect des lois et règlements du pays. La Commission demande enfin que l’Etat Sénégalais se conforme aux dispositions de la Charte africaine à laquelle il est partie, ainsi qu’aux Principes directeurs sur le maintien de l’ordre lors des manifestations publiques.






L'As