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Décès de la sculptrice Awa Seyni Camara : Le ministère de la Culture salue la mémoire d'une artiste "authentique et intègre"

Rédigé par leral.net le Lundi 26 Janvier 2026 à 16:47 | | 1 commentaire(s)|

Décès de la sculptrice Awa Seyni Camara : Le ministère de la Culture salue la mémoire d'une artiste "authentique et intègre"
Le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a rendu hommage à la sculptrice sénégalaise Awa Seyni Camara, décédée dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 janvier 2026, à Ziguinchor (sud), à l’âge de 81 ans, saluant la mémoire d’une artiste “authentique et intègre”.

Le ministère salue la mémoire d’une artiste authentique et intègre, dont le parcours témoigne de la force et de la profondeur de la création sénégalaise. Seyni Awa Camara a incarné un dialogue fécond entre héritages culturels ancestraux et invention contemporaine, enrichissant durablement le patrimoine culturel national”, indique un communiqué de presse reçu à l’APS.

Selon la même source, le ministre de la Culture Amadou Bâ a présenté, au nom du président de la République, du gouvernement et du peuple sénégalais, ses condoléances ”les plus attristées à sa famille, à ses proches, à la communauté artistique et à tous ceux qui ont été touchés par la puissance de son œuvre”.

Le ministère dit avoir engagé, ces derniers mois, “un travail actif” de reconnaissance de Seyni Awa Camara et accompagné la préparation de plusieurs échéances internationales majeures, auxquelles l’artiste devait prendre part.

Figure emblématique de l’art contemporain

Née vers 1945 en Casamance, l’artiste laisse derrière elle un héritage artistique d’une richesse inestimable.

Awa Seyni Camara, l’une des artistes les plus cotés du Sénégal, est exposée partout dans le monde et ses œuvres sont présentes dans les collections les plus prestigieuses.

‎”C’est un don que j’ai eu de Dieu. Je ne l’ai pas appris à l’école des Beaux-Arts”, expliquait la défunte céramiste et potière originaire de Bignona, en revenant sur ses premiers pas, lorsqu’elle modelait l’argile en cachette, à l’insu de sa mère.

Issue d’une lignée de potiers, elle a su transcender la tradition, pour ériger une œuvre sculpturale singulière et universelle que l’on retrouve partout dans le monde.

Ses créations, principalement en terre cuite, sont reconnaissables à leur caractère totémique et mystique.

Le ministère de la Culture rappelle que ”loin d’une lecture réductrice, son œuvre puisait sa force dans la vie quotidienne de la Casamance, explorant des thèmes fondamentaux tels que la maternité, le mariage et une spiritualité profonde, à la croisée des héritages animistes et de sa foi musulmane”.

Le génie artistique de Seyni Camara “a très tôt franchi les frontières du Sénégal”, à partir de sa participation à l’exposition “Les magiciens de la terre”, au Centre Pompidou à Paris (France), en 1989, une étape ayant constitué un jalon important de sa reconnaissance internationale.

Son œuvre a été présentée dans de grands rendez-vous internationaux, dont “Africa Hoy, Africa Now” (1992) et la 49e Biennale de Venise (Plateau dell’Umanità, 2001), mais également dans des contextes muséaux majeurs tels que la Tate (Londres), la Fondation Vuitton (Paris) ou encore à Oslo (Norvège), en plus d’enrichir les plus grandes collections publiques et privées.

Cette trajectoire a aussi été portée par le cinéma, avec par exemple Philip Haas, qui lui consacre, en 1990, un documentaire tourné en Casamance et intitulé “Magicians of the Earth : Seni’s Children”.

En 2015, la réalisatrice et artiste sénégalaise Fatou Kandé Senghor signe “Giving Birth” (Donner Naissance), un portrait de Seyni Awa Camara, présenté dans le cadre de la Biennale de Venise 2015 All the World’s Futures.







Aps